‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 142 sur 190 · IJ · texte numérisé non relu

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iSg. Instruit de ce tumulte, le Roi ordonna d'ouvrir toutes les portes du château, et, pressé par cinq ou six gardes nationales qui 1 entouraient, il s'écria : vive la nation ! en brandissant en l'air son chapeau. Dans un clin d'œil la salle des Maréchaux fut remplie, et les coupe-têtes, en présentant au monarque la pointe de leurs piques, s'écriaient: Sanctionnez les décrets ; rappelez les ministres patriotes ; chassez vos prêtres; choisissez entre Coblentz et Paris*

160. Louis XYI, d'un ton doux et affable, leur tendait la main, en les appelant ses enfans ; il s'efforçait de les calmer, et se sentait de plus en plus pressé par la foule, « Qu'on m'apporte, dit-il , un verre d'eau. — Tiens, Capet, lui dit un monstre aux bras nus et aux yeux sanguinolens; bois à la santé des sans-culoteS; » et il présenta en même temps au malheureux Prince un bidon rempli de liqueur. Sur un signe d'hésitation de la part du Roi , le barbare s'écria avec un jurement horrible, et en frappant fortement de sa pique sur le parquet: durais -tu peur , Capet? A ces mots, Louis XVI saisissant la main d'un grenadier de la garde nationale*, s'écria : Mets la main sur mon cœury et tu jugeras s'il

* Ce grenadier êult M, Adoque, père de M. Adoque de Saint- André, l’un des colonels de la garde nationale de Paris,

bat plus vite. Alors ce prince magnanime reçut la bouteille, et but à la santé des sans-culottes ; et, comme s’il avait manqué quelque chose à tant d’outrages, ou s’empara du chapeau du Roi, et on contraignit cette auguste victime à placer sur sa tète vénérable un buunet rouge , qu’on appelait à cette époque le bonnet de la liberté. Ce fut dans ce moment terrible que plusieurs députations de l’assemblée législative vinrent arracher le Roi au péril qui le menaçait.

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