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» retir plane sur tout le territoire de la liberté !
» J’applaudis à ces mâles accens, dit le sangui- » riaire Danton; et pour premier acte de noire » administration républicaine, je propose qu’il ». soit arreté que le tribunal révolutionnaire sera » délivré de toutes les entraves de la t lucane.
» Jusqu’à ce moment il n’a pu faire usage de ses » pouvoirs, par le motif que la Convention 11e » l’a saisi d’aucun décret d’accusation. Anéantis- » sons cette formalité. La niasse des coupables » est telle, que la Convention n'aurait plus bien- » tôt que des décrets d accusation a rendre. Lais- » sons au tribunal révolutionnaire le soin de dé*
» signer, d’appeler et de frapper les tètes obs- » cures, et pour notre propre sûreté, déclarons » qu’à l’égard des députés, des ministres et des » généraux, le décret d’accusation émané delà » Convention pourra seul saisir le tribunal ré- ■ » volutionnaire. »
a36. Un décret vient de sanctionner ces propositions démagogiques, et la bacbe des licteurs est mise en permanence aux portes du temple de la justice. En effet, le tribunal révolutionnaire exerça dès lors ses ravages sur toutes les classes de la société. Hommes, femmes, vieillards, enfans , tout succombait sous le glaive exterminaleur des bourreaux. La calomnie , la haine , b cupidité désignaient chaque jour de nouvelles
victimes. La mort planait sur toutes les tètes vertueuses. Il fallait du sang au* licteurs de Roberspierre; encore du sang, toujours du sang!
237. Déjà le sort des augustes prisonniers du Temple était fixé. La Heine, l’auguste Marie-Antoinette, était décrétée d’accusation. Le fils du Roi-Martyr était destiné à souffrir une mort lente et cruelle. La noble Princesse, premier gage d’un auguste hymen, devait supporter une longue captivité. Le reste de la Famille Royale devait èLre banni du sol de la patrie , et les dépouilles mortelles de soixante-six Rois qui reposaient en paix dans les caveaux de Saint-Denis devaient elle violées et foulees aux pieds par mie populace effrénée.
2.38. L horrible loi des suspects venait d’être promulguée. Dix mille victimes avaient déjà perdu leur liberté; un plus grand nombre avait succombé sous le glaive révolutionnaire, lorsque Roberspierre voulut bâter l’assassinat de la Fille des Césars. Un décret du 1 *r août ordonna qu’elle serait traduite devant le sanglant tribunal où siégeaient des bourreaux. Un décret du 5 septembre leur enjoignit de la frapper.
a3g. Conduite à la Conciergerie, la veuve infortunée de Louis XVI se vit traitée avec une inhumanité difficile à décrire : elle fut abandon- ' née sans défense à toute la férocité de ses gav-
[liens, qui se montrèrent sans respect pour son sexe, pour son maUieur,pour son ancienne dignité.
î4o. La mort de la Reine de France était résolue; mais il fallait remplir la formalité de lacté d accusation, et Fouquier-Thinville se chargea de le rédiger. La victime, traînée à 1 audience le iti octobre, répondit avec noblesse à toutes les questions qui lui furent adressées. Elle entendit la déposition d'un grand nombre de témoins qui avaient été assignés à sa charge * ; elle souri L de pitié lorsque ses défenseurs sollicitèrent pour elle la clémence du tribunal, et elle ne laissa paraître aucune marque d’altération Lorsqu on prononça l’arrêl qui la condamnait à la mort.
3,4.1 . De retour à la Conciergerie , elle voulut écrire : le concierge lui en procura les moyens; et, dans un court espace d’heures, elle traça son testament de mort. Le bourreau Sainson parut bientôt dans la chambre de la Reine. « V ous venez de bonne heure, Monsieur, lui dit-elle; ue pourriez-vous retarder? — Non, Madame; j ai ordre de venir, répondit l’exécuteur des arrête du tribunal révolutionnaire. — En ce cas, je suis prête à vous suivre.
* Ot! doit rappeler ici cette .sublime réponse de la à la plus odieuse des accusations : J’en appelle h toutes les mères*
%/fa. La Fille des Césars, en effet, avait ellemême coupe ses cheveux : elle s'était revêtue d un habit blanc, symbole de son innocence, et elle manifestait le désir d’aller à la mort sans bonnet sur sa tête ; mais un commissaire lui refusa cette faveur, en lui annonçant un curé de Paris , qui demandait si elle voulait sc confesser . « Un curé de Paris ? dit-elle à voix basse .
i 1 ny en , a guère, »
240. Le commissaire, prenant son silence pour un consentement, fit avancer le prêtre constitution ncl* « Voulez- vous , Madame , que je vous accompagne ? lui dit l'ecclésiastique en FabordaiU. — Comme vous voudrez, Monsieur « ,, répondit-elle. Pendant ce discours, on lui lia les mains derrière le dos, et on la conduisit k la porte de la Conciergerie \
ü44* En apercevant la charrette , elle lit un mouvement de Surprise et d’indignation; mais elle se résigna bientôt , et prit avec dignité Hierrible place qui lui avait été assignée à côté du prêtre constitutionnel et des valets du bourreau. Pendant le trajet, elle garda le plus profond silence : on la vil jeter des regards de pitié sur les sicaires qui suivaient ses pas en répétant les
* Tout Porte » croire que la veuve infortunée do Louis XVI protesjta quelle ne voulait point de prêtre constitutionnel.
cris de Vive lu république ! mais, en général, sa contenance fut fière et majestueuse.
9.45. En montant à l’échafaud , elle mil par mégarde le pied sur celui de Samson , qui parut en ressentir une vive douleur ■ la fille des Césars, en présence déjà de l’Éternel qui I a jugée, et de son auguste époux qui l’attend dans le séjour des béatitudes , se retourne , et lui dit : « Monsieur, je vous demande excuse; je 11e i ai
pas fait exprès . » 1 irons le rideau sur cetle
scène sanglante : la Reine de France n’est plus; la sœur d’un puissant Empereur, lanière des malheureux s’est assise sur le banc des coupables; elle a langui dans l’horreur des cachots; elle a été accusée d’adultère el d’inceste ; elle a porté la tête sur un échafaud.