CHAPITRE XIII
HlStOIRE CONTEMPORAINE*
297* Utf homme avait parti dans les rangs de l'armée : despote par caractère , démagogue par calcul , et dissimulé par habitude, il cachait avec art l’ardente ambition qui brûlait son âme* Jeune encore , U avait la prudence de l'âge mur* Orgueilleux et superbe , il se montrait modeste ; pressé de sortir de son obscurité, il appelait par ses vœux un grand événement,
298. Le moment arriva où il devait s’élancer dans la carrière des troubles politiques : le i3 vendémiaire éclaire ses premiers succès; ce jour vit des Français dont il guidait la main parricide, déchirer le scia de leurs frères*
299* Napoléon lîuon aparté avait servi la cause desNiveleurs qui opprimaient la France : il demanda et obtînt du ljirectoire le prix de ses criminels efforts; il partit investi du titre de génë-
ral; il s’offrit comme un père à l’armée d’Italie, et développa bientôt les talens d’un capitaine expérimenté.
300. Les soldais français entendirent la voix de napoléon B non aparté : ils partagèrent son* noble enthousiasme , et la victoire suivit partout leurs pas, L’Italie fut conquise : les ennemis de la France consternés, furent réduits à demander la paix , et ce fut le vainqueur qui en dicta les conditions.
301. Un tel guerrier était devenu redoutable pour le Directoire qui l’avait commis. On pouvait pénétrer déjà ses sentimens secrets : on savait que son âme impétueuse s’indignait de n’avoir plus d’ennemis à vaincre; tout était à craindre s il restait inoccupé. L’expédition d’Égypte fut résolue , et son résultat funeste lit périr au milieu des déserts ou sont ensevelies les ruines de Thèbes, de Memphis et de Tadmor, les plus braves soldats d’Arcole et de Lodi.
302. La France était en proie aux déchiremeûs et aux discordes, au moment où reparut au milieu d elle celui que ses rivaux croyaient avoir banni pour toujours, Buonaparte avait déserté l’Égypte dont d avait désespéré de faire la conquête ; il avait abandonné ses soldats, et il accourait en fugitif disputer à mille tyrans un pouvoir usurpé.
5o3. La force et la violence placèrent Buonaparte au timon des affaires publiques : ce fut au nom de la liberté qu'il renversa la constitution qu'il avait jurée ; ce fut au nom de la liberté qu'il proscrivit tous ceux dont 11 craignait fop position; ce fut au nom de la liberté qu'il créa pour lui seul la puissance suprême, et qu'au mépris des droits les plus inviolables il osa s asseoir au rang des souverains.