CHAPITRE XV
Suite-
l8oO,
3o4, Premier consul à temps 9 premier consul a vie , empereur, protecteur de la confédération du Rhin, roi d'Italie, médiateur de la confédération helvétique : tels furent les degrés qui élevèrent Euona parte au plus haut point de prospérité.
3g5. Tout k tour vainqueur à Marengo , à Jéna, à Austerlitz, à Friedland , à Essling, à Ratisbonne et à la Moskowa 5 il crut un moment à
la possibilité de dominer le monde. Tyran soupçonneux et cruel, il souilla ses mains du sang
du fils de nos Rois. Habile dans l'art de feindre, il se servait du levier de La liberté pour ébranler la fidélité des peuples, et précipiter les princes légitimes des trônes où ils étaient assis*
306. Ôn le vit distribuer avec profusion des couronnes à ses généraux et a ses frères , et placer même dans sa couche la fille auguste des Césars*
307. Long-temps FEurope toute entière gémit sous le poids de sa tyrannie, long-temps la France épuisa ses trésors pour nourrir son insatiable avidité r rien ne pouvait mî sufîfiré;il buvait dans des coupes d'or les larmes du malheur,
308. Les JNiveleurs de la révolution avaient égalisé tous les rangs par leurs crimes : ils voulurent, et Ruonaparte leur donna des titres et des distinctions. C’est ainsi que les clubistes , les jacobins, les septembriseurs , les montagnards, les terroristes, qui avaient survécu à la tourmente révolutionnaire , prirent la place de leurs victimes, et se parèrent sans rougir de ces mêmes signes honorifiques qui avaient été si long-temps de funestes motifs de proscription*
3oq* Pendant le cours de ces triomphes et de ces égaremens, pendant que s’accroissait l'étonnante fortune de Ruoitaparte, le peuple français
était soumis à la décimation : chaque année dérobait à nos villes et à nos champs devenus infertiles , trois cents mille combattans destinés à périr sous le ciel brûlant de FE&pagne ou sur les bords glacés de la Newa; un sénat avili livrait ces nobles victimes au Mmotaure , et le monstre les sacrifiait à sa rage inhumaine.
3 10, Il tomba, ce fléau du monde * ; il tomba du trône qu il s’était acquis par son audace. Mais, plus terrible dans sa chute qu’il ne l’avait été dans tout Féclat de son pouvoir, il voulut jeter un dernier regard sur la France, et ce fut pour elle, hélas! le signal des plus désastreux revers.