‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 19 sur 190 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Si 5 dans le dessein de se préparer un bouclier défensif, la conjuration a mis quelqu'un en avant pour disposer les palliatifs, aurait-elle envoyé un autre qu'un conjuré/ et pouvait-elle employer un autre agent qu’un complice? Le titre de secrétaire de la commune n était pas exclusif de la complicité , au contraire c'était une cause de présomption. Si Tallîen, secrétaire j n’eût pas clé reconnu l'orateur nécessaire, eût-il été employé? Enfin s'il n’eût été dévoué à ce crime, il n’eût cherché ni h le défendre, ni à le cacher- Eh bien ï il en résulte que Tallicn était de cette faction libertidde , cl qu'il en était l’agent et le secrétaire. Celte faction pouvait-elle donc employer quelqu’un qui ne fût pas dans le secret ? Se serait-elle exposée à rencontrer une opposition? Ainsi Tallicn n’a perdu aucune occasion pour servir les ennemis de la France et de rhumanité ; les pièces matérielles ne l’ont que trop prouvé.

Pourquoi ceux qui ont écrit sur les massacres de septembre ont-ils omis un fait essentiel : qu’un attroupement dirigé et formé par un nommé Gardembas, dit Casque , a voulu égorger la famille de Bourbon, détenue au Temple? Pourquoi n’avoir pas dit que Gardembas, dît Casque, ayant reçu une mission particulière pour assassiner toute celle famille, la meme mission fut encore donnée par une autre section delà faction d'Orléans; quü savait la complicité de la municipalité de Paris, et.

MÉMOIRES DE SRNART.

sition. Roland se sauva par une issue secrète. Ils prirent en ùlage un citoyen de sa maison, nomme Charetîer, et exigèrent qu’il les conduisit où était Roland. CeL homme ge'nëreux se dévoua pour Roland; il sortit au milieu d’eux et les promena pendant neuf heures. Le digue cortège parcourut les rues; Charetîer leur lit iaire des pauses dans les cabarets; et , à force de brocs de vin des denx couleurs, il s en débarrassa. Les uns restèrent dormant dans les cabarets, les autres tombèrent aux coins des rues et des bornes; ceux-ci vomissaient, ceuxlà ne pouvaient plus marcher; et à la faveur des ombres de la nuit, Ch arêtier s’enfuît. La troupe meurtrière se sépara , et Roland leur échappa ainsi que lotage qu’ils avaient pris.

Ces faits essentiels n’ont pas été transmis par tous ceux qui ont écrit sur le massacre; tout noirs et atroces qu’ils sont, je les ferai connaître, en bravant le crédit et la toute-puissance des complices de la conjuration d Orléans. 11 eu est encore un que je ne puis omettre; c’est qu’à cette époque San terre, complice delà faction d’Orléans, Sanlerre, participant au complot homicide, Sanlerre, beau-frère du traître et meurtrier Panis, le directeur de toutes les Opérations des massacres, ne pouvait lien ignorer; et sans doute, s il u’eùt pas été complice , il aurait déployé la force de la garde nationale qu’il commandait. Les bons citoyens n’alteudaient que 1 autorisation pour marcher connue

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