CHAPITRE Vil
force aràiée ; mais Santerre n'arrêta point ces horreurs , il choisit au contraire ceux par la présence desquels il voulait tromper le peuple, et il favorisa des atrocités que jamais pays n'a vu commettre , que les Tar lares et les Sauvages eux-mêmes se reprocheraient. 11 seconda des abominations qui surpassent la fureur des bêtes féroces. Toute réflexion deviendrait inutile; chaque fait produit k la lecture frisson , effroi et saisissement 1 Hommes sensibles, en quelques lieux que vous me lisiez, je vous devais ces détails que I inexactitude , la honte, la crainte ou le défaut de connaissance, vous ont ravis. Je vais vous faire passer de ces réflexions douloureuses à de nouveaux détails , non moins curieux , sur la suire et les effets de ces massacres.
Pourquoi encore les diffère ns écrivains ont- ils gardé le silence sur les vols et les pillages qui ont
suivi ces massacres? Pourquoi le faux F . , ,
qui était M rédacteur de l'ouvrage.,- Ké-
rilé7 etc., n’a-t-il pas voulu parler de ces vols et de ces pillages? Pourquoi a-t-il omis les faits essentiels? c’est qu’il était complice, et je vais le prouver.
M . , expert dans la délivrance des faux
passe-ports, en vendait â celte époque, et en a procuré même depuis : ce fait a été dénoncé par Richer Serisy, ce qui résulte de déclarations adressées au comité de sûreté générale. C'est le même Ri-
cher Serisy, auteur de l'écrit intitulé V Accusateur
public y qui avait fait connaître que M . et
un nommé Beson lui avaient vendu deux faux passe-ports, qu’il avait payés douze cents livres que la femme ïontenelle avait remises; qu’il y avait eu différend entre eux parce que ce passe-port vendu
par M . , portait en tête ces mots : La loi et k
roi , sorte de passe-ports usités en septembre 1792
lorsque M . était commis à la police et les
avait à sa disposition ; la querelle s’engagea sur ce que les passe-ports que M . vendait coû¬
taient quatre cents livres. Si Ri cher Serisy niait cet aveu , il en serait convaincu par les pièces matérielles remises au comité de sûreté générale par deux agens difierens du comité , et sur les lettres desquelles sont les apostilles de deux membres du comité. Ces pièces seraient- elles détournées, les agens du comité qui ont remis ces pièces existent encore , et j’aurai d’ailleurs occasion de présenter Richer dans la faction de l’étranger. Le fait des faux passe-ports délivrés par M . . n’est indi¬
qué que pour prouver à ce dernier que sa conduite est connue.
M . . délivrant de faux passe - ports , joua
dans les horreurs de septembre un rôle particulier en fait de pillage. Les complices se distribuèrent les rôles et préparèrent les opérations. Quelquesuns répandirent le bruit que l'on allait faire des arrestations de prêtres , de nobles et d’aristocrates