Chapitre xi
travail par nous- mêmes. A mai- lui répondit : La crainte , ou l’effet de la guillotine le feront bien taire ; en tous cas il faut que ces pièces -là soient, dans la boite noire. Celait le nom que l'on donnait à une caisse qui servait de dépôt hors du comité , mais j’ignore où. Non , dit Louis du Bas -Rhin,* il faut les consen>cr pour maintenir les uns et en imposer aux autres , et pour faire un triage de pièces et un travail qui puisse nous tenir en sauvegarde. Il fut donc convenu que Louis du Bas-Rhin les emporterait chez lui et serait chargé de celte opération , ainsi que de la conservation du tout. J étais dans le cabinet à côté du comité, où l'on prenait quelques rafraichisscmens , et j'y mangeais un morceau de fromage. Je prêtai l’oreille h cet entretien, la porte était entrouverte. Malgré ce projet de séquestre, ils n’ont pu faire disparaître l’enregistrement des pièces, et je leur en prouverai toujours l'existence.
Quelles réflexions sur le 5i mai! Je les laisse au lecteur ennemi de la perfidie et de la scélératesse; le tableau des faits parle de lui-même ! Ce fut ainsi quau nom de la liberté on asservissait le peuple, et cette époque, sans doute, est une des plus malheureuses de la révolution ; alors les principes furent violés, 1 anarchie bouleversa tout ! Tels furent les premiers moinens et les projets des triumvirs, dictateurs, décemvirs, montagnards, jacobins, Cordeliers et électeurs.
MÉMOIRES I>K SENÀRT.