CHAPITRE Xiy
vait parvenir. Ainsi Héron soustrayait les uns aux comités, et frappait de mort les autres. Voilà ce que vous ne saviez pas, malheureuses familles, qui pleuriez si long-temps sans pouvoir connaître le sort des victimes que l’on vous arrachait !
Que de réflexions fout naître ces horribles détails! Mais que penser surtout des odieux attentats de ces tyrans , dont les sbires ont, nombre de fois, jete vivans , dans ces tombeaux , des malheureux contre lesquels il n’y avait même pas de mandats d arrêt . J en a. vu qui , après vingt mois d'arrestation , n étaient pas encore enregistrés, et qui étaient détenus sans ordre; et d’après un relevé, pour la commission populaire, des tableaux de ces mail sons, et sur des vérifications faites par des commissaires ad hoc, il s’eti trouva beaucoup de cette espèce à la Conciergerie, à Bicêlre et à la Salpétrière : j’en fis un tableau.
On peut, sur la quantité immense de morts tant à la Conciergerie, qu’à Bicêtre et à la Salpétrière, consulter les procès-verbaux de l’oflicier public sur le relevé desquels j’ai établi le nombre infini de ces victimes mortes sans qu’elles fussent ecrouees ni enregistrées. Combien d’autres ont per. sous le glaive du tribunal sanguinaire ! Ainsi les victimes furent entassées, et périrent! Quel attentat à l’humanité! que d’outrages à la nature’ D’après le travail dont je viens de rendre compte J avais proposé à l’égard de ceux qui , vivant encore ’
paraissait*» L ne pas être écroués ni enregistrés, de leur demander où ils avaient été arrêtés , et par qui , 3Êq de prendre une détermination- Mais cette proposition fut ridiculisée par Louis, du Bas-Bliin , qui me dit : Ces gens de Palais veulent des formes ; nom n'en voulons pas. Vadier reprit : C'est une proposition de contre-révolutionnaire ! Amar ensuite m accusa d’avilir la révolution, et je fus réduit au silence. Mais dois-je le garder maintenant ? Non , non, je ressens au fond de mon cœur 1 indignation que partagent mes lecteurs ! Mânes de ces victimes qui ont péri depuis mes travaux et mes recherches , ne m’accusez pas ! j’ai, pour vous défendre , bravé la mort eL lecbafaud. Lecteurs sensibles, j’ai versé bien des pleurs , et j’en verse encore de souvenir ! J étais le témoin forcé de tant de barbaries, et je ne pouvais élever la voix sans perdre inutilement la vie. Monstres cruels , je vous accuse ! El si vous déniez vos crimes, je les prouverai par les pièces sur lesquelles j'ai fait mon travail. Venez! entrons en lice! L’humanité et la vérité nous jugeront. Héron et ses sbires vivent encore! Et des membres du comité , auxquels j ai prouvé ces faits , d’après lesquels ils sont pour le moins coupables de la plus grande négligence, ne sont pas consumés de remords ! Non , ils existent ! Dans les derniers instans de leur tyrannie , ils ne se croyaient pas encore si près de la chute : ils se rappelèrent que j’existais , et que le souvenir , ou