‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sureté générale, ou, Mémoires (inédits) de Senart, agent du gouvernement révolutionnaire (volume 2)Chapitre 46 sur 190 · II · texte numérisé non relu

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la trace île leurs forfaits pouvait les perdre; alors ils m’ont plongé dans la tombe des martyrs vivans. Ils ont été culbutés ; des factieux d’une autre secte , et leurs complices craignent aussi l’explication ; mais j’attends l’aurore du jour de la vérité ! Hélas! je m’égare , je 11e voulais point parler de moi ; je ne sais ce qui dirige nia plume. Continuons, lecteur , à suivre le détail des abominations qui ont allligé la France et efl’rayé tous les peuples.

C’était bien inutile de chercher dans les papiers de Robespierre la preuve de ce grand système de dévastation et de dépopulation. Croyait-on que ce qu i! avait de secret n’avait pas été enfoui ou éloigné ? Dans l'intervalle qui a précédé sa mort, 11’at-il pas pris des précautions? Et ses complices, ses affidés, n’ont-ils pas eu des délais? Héron , qui , dans la chute des membres du comité de sûreté générale, a dû prévoir la sienne, n’a-t-il pas eu le temps de tout soustraire ? Je me doutais d’un séquestre de ces papiers, je soupçonnais des propos que j’avais à demi entendus de Mallet , domestique de Héron au Luxembourg; j’écrivis, de cette maison d’arrêt du Luxembourg, une lettre à la commission , du 22 vendémiaire, pour lui indiquer mes doutes : je n’obtins pas de réponse. Je récidivai , je pris le prétexte de demander à faire reconnaître les papiers sur mes travaux; point de réponse. Je fis une pétition pour cette commission , et je n’obtins encore aucune réponse. Ainsi je n’ai pu procu-

rer alors ce renseignement ; mais aujourd'hui je Je publie. Robespierre a bien fait , disait Héron à Mallet, Moidlins était secret , ses papiers étaient en Heu sûr, — Je ré ai pas la même opinion sur les vôtres 7 reprit Mallet , Lesueur est trop négligent ; et puis aujourd'hui il est encore attaché au comité . Cela m?a semblé indiquer les dépôts des papiers secrets.

Voici maintenant comment U exerçait ses brigandages. De quelque coté qu’un ordre lui parvînt, soit du comité de sûreté générale, soit du comité de salut public, ou y joignait uu mandat quelconque payable au porteur, pour dépenses d'exécution d’ordre du comité. 11 recevait ces mandats, en gardait partie ou totalité, et remettait ensuite les ordres aux gens de sa troupe. On mettait des voitures en réquisition , on courait dans les départemeos : ces gens-là s’appelaient porteurs d'ordres* Aussitôt qu’ils s étaient emparés de quelqu’un, ils avaient soin de ne lui laisser aucun argent^ ils confisquaient comme de contrebande, toute sorte de numéraire, et encore, autant qu’ils le pouvaient, les bijoux. Ils laissaient les assignats, parce qu’ils n avaient aucun prétexte pour les enlever \ mais ils spéculaient sur ce qu'ils pouvaient faire payer aux prisonniers pour les frais de route, ainsi que pour les autres dépenses dans lesquelles ils ne se refusaient rien. Ils avaient soin d’ailleurs d’affecter quelques égards, de promettre des ressources, et

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