CHAPITRE XVII
blanc que la neige , que Von appelait le pain des représentons -
Celait à côte des morts et meme sur leurs cadavres ainsi que sur les corps des barrîmes souffrant et expirant de besoin , que roulait le char de Tallinn , dans lequel la Cabarus , appelée Doua Theresia , se faisait traîner avec son amant dans un pompeux étalage , Courrier devant, courrier derrière : la Cabarus était affublée d'un bonnet rouge sur la tète* Souvent il allait en voiture découverte , et !a Cabarus , connue pour prostituée , était promenée en déesse , tenant une pique d’une main , et mettant Vautre sur l'épaule du représente c rate Tallieii* Ce despote avait levé une armée révolutionnaire de quinze mille hommes pris hors des murs de Bordeaux , et qui formait sa garde prétorienne* Il remployait à protéger, a maintenir et même à augmenter les travaux de la guillotine , et par opposition il faisait désarmer Bordeaux* On ignore ce que sont devenues les armes en cpxantitéj et dune valeur immense, auxquelles il faut joindre des uniformes, des manteaux , des boites et hamois dont ü avait également ordonné le séquestre*
On ignore de même Remploi des millions de taxe sur les détenus ; des amendes multipliées , excessives, prononcées par la commission milita ire; 1 emploi des deux millions en numéraire que Des- < ombelles , de Toulouse , lui avait cherchés et en-
vojrcs, d après I "arrêté de Tallinn, lequel portail peine de mort en cas de retard ou d'inexécution , même contre celui qui garderait du numéraire : moyens aussi employés par ce peprésen toc rate tant h Bordeaux que dans d’autres dé parlera eos. On ignore encore ce que sont devenues d'autres sommes énormes, el le comité de sûreté générale lui en a vainement demandé l'emploi. ïallien écrivait aux deux comités de salut public et de sûreté générale et aux jacobins , que la gu il loti ne produirait, en peu de temps, quarante millions. Les lettres de Talîien que j'ai extraites des cartons du comité de sûreté générale , et analysées , non pas pour avoir raison de ce fait , mais bien d'un autre , contiennent les expressions rapportées ci-dessus; je 1rs ai lues. 11 marquait qu'il en faisait également part aux jacobins et au comité de salut public : j ai eu occasion de les lire tout entières. Les faits que |ai analysés avaient rapport a ses recherches contre les individus mis hors de ta loi, et aux sommes qu'il dépensait pour les faire prendre. Les espions qu'il employait et que je me rappelle , se nommerii : Maraudon, Luverne, Chaperon de Cussy , qu'il dit ensuite avoir fait guillotiner par des raisons de suspicion, en avouant que Maraudon lui avait fait prendre Biroteau embarqué sur un vaisseau et déguisé en matelot.
Os lettres contiennent des expressions bien singulières; il disait : Je fie regrette que de ne pou-
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voiries tuer de ma propre main, je trouverais dit plaisir à frapper un girondin moi-même. Il disait en outre : Le père Guadet me trompe, il veut me persuader qu'il déteste son fils; je le tourne dans tous les sens, pour avoir son secret : je le ferai guillotiner. Hé! voilà cet homme qui assure qu’il ne fut pas un fourbe ; ii ne pourra résister à cette accusation. Quant à l'intention du comité de sûreté générale, elle n’était pas de blâmer la haine de Tallien contre les girondins; mais bien d’activer les recherches, et de s’assurer de leur morr.
La Cabarus avait chez elle un bureau dans lequel on vendait les grâces et les libertés, et où ion traitait à des prix excessifs ; pour racheter leur lêle, les riches payaient avec empressement des cent mille livres; l'un deux ayant eu la faiblesse de s’en vanter, fut repris le lendemain et guillotiné tout de suite.
Tallien avait défendu de s’intéresser à aucun détenu , sous peine d’arrestation , mais il paraît que cette peine netail exécutée qu’à l’égard de ceux qui ne pouvaient payer ; car une femme et ses enfarts étant venus demander justice pour un père et un époux : de quel étal est-il, dit Tallien ? On lui répondit : homme de loi : c'est bon pour la guillotine, repartit lallien. Il entra ensuite en fureur, lit chasser cette malheureuse famille , et vomit contre elle des mena ces qui furent bientôt exécutées. La mère et les enfans furent révolutionnai remeut
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atteints, et le père de famille , parce qn il était
iionime de loi, fut guillotiné le lendemain.
Nul potentat n’était plus despote que lui dans ses assises. Il écrivait uti jour au comité de sûreté générale, que lorsque Biroteau lui fut amené, U le reçut en souverain, le traita de meme, et qui! nîoruit rien pour lui faire sentir ses expressions patriotiques en l'envoyant à la mort,
Taliien, par un genre de tyrannie qui lui était particulier, avait fait placer la guillotine en face de ses croisées : il y vit Inexécution de Biroleau; de là il comptait les individus mis à mort, ceux a guillotiner, et indiquait même ceux qu’on devait juger.
Pendant le règne de Taliien a Bordeaux , sous les yeux de ce souverain , et meme de sa part, les mal* heureux détenus éprouvaien t les pl us grandes cruautés au donjon de Blaye* Ils étaient entassés dans des lieux malsains, les uns sur de la paille ou du fumier, les autres sur la terre, les autres dans des cachots remplis de houe. À Bordeaux ils étaient jetés dans des lieux infects, sans aucun secours, frustrés de la quantité nécessaire dVlimeus, sans qu Us pussent s'eu procurer j on leur ôtait même les ressources nécessaires pour obtenir ou réunir des pièces justificatives ; et Taliien répondait aux réclamalions : De quoi ont^ils besoin la veille de leur mûrt / Pour juger ces malheureux., exécuter les arrêts de mort', mm rachetés et qu'il protiüTteaÎL , Taliien avait organisé mie commission militaire de fripons
CHAPITIVK XVIï.