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et d égorgé urs, Le président était un nommé Lacombe > de Bordeaux j déjà banni de la ville , par jugement, pour crime de voL Ses fonctions révoltaient tout eLre pensant ; Tallien fit afficher une lettre pour le soutenir; et ne pouvant justifier le crime de La combe , il le palliait , et osait écrire que celait un homme nécessaire à la révolution, et que les vertus républicaines étaient étrangères aux vertus de l'humanité* Les autres individus qu'il avait employés n’étaient qu'un ramas de valets , de banqueroutiers, de filoux. Lors de la condamnation à mort de La Saîge, maire, hautement improuvée , il commença à taire payer des spectateurs pour applaudir et crier, a raison de quarante sous par jour.
Tallien fermait les clubs qui ne faisaient pas des adresses à sa guise ; et les citoyens qui émettaient des opinions en faveur de l'humanité, étaient incarcérés, gui Ilot mes comme modérés nuisibles*
11 s'est permis de dire dans certaines sociétés populaires à Bordeaux : Il 11e suffit pas de planter des arbres de la liberté ; il faut, pour qu’ils reprennent et qu'ils vivent , les arroser de sang.
D'autres fois il prêchait les maximes de la loi agraire; allons, soutenons-nous, exterminons, disait-il , c'est la guerre du pauvre contre le riche.
La favorite dona Theresia se plaignit amèrement que ses ordres étaien t quelquefois méprisés ; elle trouvait des entraves pour vendre les mises en li-
ylO MÉMOIRES DE SEN ART .
herté. Tallien enjoignit aux tribunaux cl au comité révolutionnaire de ne rien faire sans son adhesion. Le comité se roidit contre cet ordre. Tallien le supprima et destitua les membres; mais il était trop tard , les crimes de Tallien étaient dénoncés par eux , et prouvés matériellement aux jacobins, et aux comités de salut public et de sûreté générale. Dès-lors Tallien fut rappelé , et de-Ià l’origine de la querelle au sujet de Tallien entre les jacobins et Robespierre s non pas pour punir ses atrocités, j mais pour se venger de ce que Tallien vendait les : libertés; car celait là le seul fait qui pût leur déplaire.
Tallien s’érigeait aussi en tribunal de cassation : non-seulement il annulait les condamnations pour fait de commerce, il cassait même et révoquait les jugemèns en dernier ressort en matière civile; il a rendu, à cet égard, nombre d’arrêtés bien payés sans doute, sans quoi ils n’eussent pas été rendus, Par l'une de ces décisions, il porta la cruauté et poussa l’immoralité jusqu’à faire enlever à la tutelle paternelle et maternelle une Jeune fille qu’il confia ensuite à des mains étrangères et peu délicates.
Tel est le tableau fidèle que j’ai vu , lu et tenu i du dépouillement des’carlons du comité de sûreté générale. Vbilà cet homme qui affecte aujourd’hui de se dire l’ami des Bordelais, et qui en fut le tyran; cet homme qui, après le 9 thermidor, écrivait en faveurdu commerce, et qui l’avait frappé, anéauti.