‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 26 sur 117 · CHAPITRE VU · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU

en grande quantité ; alors beaucoup de prêtres et autres allèrent demander des passe-ports. On leur oppose d'abord quelques difficultés , et ils croient les lever avec de l'argent; enfin M.%...., pour remplir le but du complot , leur fait payer chèrement ces passe-ports , et soit pour éviter la preuve de cette infidélité y soit pour se soustraire aux suites de leur délivrance à des gens suspects ou désignés leis, il leur en donna de faux; alors les menaces d^arrestation redoublèrent. Les fugitifs s'étaient munis de ce qu'ils avaient de plus précieux et de tout ce qui était portatif, ils n'oublièrent point leurs bijoux ^ l'or ^ l'argent ^ les assignats. Or, la distribution des passe - ports était mystérieusement indiquée pour le même moment et dans un même lieu; et pendant que M.^.. déli*vrait ces passe-ports, il fit demander et expédier un ordre pour arrêter aux barrières beaucoup de personnes qui , disait-il , devaient soriîr avec de faux passe- ports : ainsi par leur arrestation effectuée, on s'assura des bijoux , de l'or et de l'argent qu'ils emportaient. Cependant on affecta de les leur laisser , c'était une ruse pour exécuter le reste du complot; le projet n'éta^it pas rempli, il fallait trouver un moyen pour augmenter encore les dépouilles et se les assurer sans que les victimes s'en^ dessaisissent. On employa donc une autre perfidie, et Ton fut dire, comme officiellement, dans les maisons d'arrêt, que l'on allait transférer tous les

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prisoifiniers de Paris, sans leur dire ni en qael ei>droit^ ni comment. Chacun s étant muni d'or et de bijoux , y tenait encore davantage y et ceux qui craignaient d'en laisser derrière eux , firent apporter tout ce qu'ils purent pour obvier aux suites de la prétendue translation. Alors les bouchers avaient fait engraisser leurs victimes; elles étaient bonnes à tuer, ils les tuèrent.

L'instant du massacre arriva^ les chefs étaient* assurés du pillage, et ce fut aussi dans cette certi-^ tude qu'ils commencèrent à égorger et à voler. Laissons, disaient les chefs du complot, nos égorgeurs prendre çà et là quelques boucles d'oreilles, quelques bagues qu'ils arrachent, quelques * oreilles , quelques doigts qu'ils coupent , quelques mouchoirs, quelques tabatières, il faut, leur laisser ces petits objets-là pour encouragement ; mais ne perdons point de vue les fonds dont se sont pourvus les prisonniers , soignons les autres bijoux, les porte- feuilles, l'or et l'argent, en- ' voyons des commissaires qui s'en emparent ou les surveillent , sous le prétexte de conserver les propriétés. Ces commissaires furent plus ou moinâ ' 'exacts, mais sans doute ils n'oublièrent pas leur intérêt particulier , sans préjudice du partage général. Les uns. firent des états de ce qu'ils apportèrent à la municipalité , les autres n'en firent pas \ du tout. Alors quelle carrière pour la cupidité î j L'inexactitude de ces étals ou leur absence totale

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