CHAPITRE IX
Serment du Cadran-Bleu. — Anecdotes particulières sur la mort et l'exécution de Louis XVI. — Cruautés et propositions atroces faites en séance publique aux Jacobins.
D'Orueaws n'avait encore pu réussir dans ses projets; îr n'était parvenu qu'à exciter du trouble, et il lui fallait toujours la tête de Capet. Son expulsion du trône ne lui suffisait pas, encore bien que la proclamation de la république eût dû lui ôter tout espoir de la couronne. Mais alors la constitution n'était pas encore fondée , ni même pour ainsi dire comprise, et il espérait une régence stathoudérale , ou la dignité de doge. Il prévoit que Capet va être condamné a mort, mais il craint qu'il ne parle au peuple, il craint que le peuplé ne le délivre ; car il lui fallait, à quelque prix que ce fût, *la tête de Capet. Il y avait divers rendez-vous pour la faction d'Orléans. Ce fut à un de ces rendez-vous que Santerre jura à d'Orléans , le verre à la main , qu'il emploierait un moyen sûr pour empêcher Capet de parler ; ainsi se forma le complot du fameux roulement des tambours , effectué lors de la nîort de Capet. Le^projet fut conçu , adopté , le ser-
yi mÉMOTRES Dt ^ENART.
ment réitéré, le verre à la main, dans un endroit particulier, au Cadran-BÏeu sur les Boulevards. Ce fut là que le général Mousseux (i) promit à d'Orléans cette grande action pâf faquelle il usurpa, la confiance. Ces renseignemens sont précisément ceuit doirnés par les observateurs dans Paris y àohï le portetfr fut guillotiné; ce qu'indique le mot mis en marge de la feuille, ainsi conçu : « Uobsers^ateur a dû être tompris dans les conspi-- » rations de prison, a Ils existent dans les cartons de la surveillance de rarîs. |
Santerre , éîait-ce le patriotisitie qui t'àvàîf conduit? Etais-lu sincère? Non; tu as usurpé une réputation , mais il faut t'arracher le masque ! Santerre n'était qu'un faux patriote , telleraenf complice du rappel de la royauté ou du réliablissemeni d'un trône sous une autre forme, et d'âîlïeurs il y avait un complot si réel , la factîdn d'O^rïéans lui avait assuré un tel avantage pour le rétablissement de cet autre trône, qu'il s'en expliqua par un écrit qu'on lui représenterait s'il niait le fait. Cet écrit {ut déposé , et différentes copies en ont été délivrées par line autorité constituée, sur l'original, à des gens purs qui avaient intérêt d'en assurer Fexisterice. Cet écrit, signé de lui , pièce matérielle de cônvic-
(i) Santerre était brasseur, et c'est en faisant allusion à son premier état que Senart Tappelle le général Mousseux. On a dit aussi de lui : 11 n'a de Mars que la èière.