‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 63 sur 117 · CHAPITRE XIV. l5S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. l5S

fexposaî les difterens motifs de ces libertés que j'obtins, d'après l'examen des pièces justificatives, et des particularités concernant Héron^ur les arrestations qu'il avait fait faire. Il fut traité de la manière la plus dure, la plus humiliante.

Héron tenait encore dans ses griffes un brave citoyen , nommé Duclos, homme de loi de Rouen. Le comité avait ordonné son élargissement , et l'avait mandé à Paris. Héron s'empara de lui , et retarda la décision sur sa liberté. 11 voulait se le réserver, mais il n'obtint pas sa confiance. Un certain jotir Héron , dont les intrigues inquiétaient un peu le comité , fut pressé de remettre des pièces, et on me chargea de faire dégager cet encombrement de papiers qu'il conservait. Duclôs s'occupait à ce travail avec moi. Héron voulait que bous décachetassions les paquets : qous refusâmes ; et Dûclos y auquel il voulait faire voir des délits et des crimes que les pièces n'indiquaient pas, lui répondit : Croyez-vous me faire suer le crime ? non : l'homme coupable prête toujours aux autres de mauvais desseins; l'homme pur n'écoute que sa conviction morale. Nous tînmes ferme , nous ne laissâmes^écachet€r aucun paquet depapiers.

Avant de terminer sur le détail des crimes de Héron, je dois dire qu'une veste de Magon (de Port-Malo), doublée eri louis d'or, me parut avoir été entamée. Ces louis étaient cousus dans des espèces de côtes y dont les unes étaient vides et le3

iSÔ MÉMOIRES DE SBNART.

]es of'dres de MM* Héron et Mariiin. Je les interrogeai tous I et je nen retins qu'un qUe j'envoyai aiiGomhé réyolotionnaire, plirce qu'il n'avait point de pasee-port | )e osis tout le reste en liberté. On ne se fait pas d'idée de la fureur de Héron et de sa rage : ëdHn il |)roposa mon arrestation; mais je iti'expliquai, et je fus approuvé.

Parmi les membres du cotiiité de sûreté générale , j'ai singulièrement distingué^ pour avoir moins de torl^i les représéntans Moîse-Bayle y Élie Lacoste, La Viconterie> Dùbarraâ; leur parti n'était pas le plus norabrëtix. A ma connaissance ^ ils donnaient avec trop de confiance leur signature.

Nul homme n'était plus dur y plus arrogant et plus l'êbûtàBt q!ae Jagot; c'était un fagot d'épines qui se déliait, et qu'on ne pouvait approcher d'aucun coté : il était d!ttne brutalité effroyable. Si quelqu'un Venait parler pour un détenu , il le mena^ çaitaussilôtd'àrrestation. Iltraitait tout le monde de contre'^révolutionnaire ; il fit arrêter et guillotiner dans le même jour, un secrétaire du comité, accusé par Héron d'un délit dont Héron était soupçonné lui*'mème. A peine il avait entendu une dénoncia^ tion ou une réclamation : C'est asSez , disait-il , c'est pour la gkiilotinef ôu bien : C'est une pièce de reseive ! Son mot était : JBn prison ! à la guillotine! au réservoir 1 II avait adopté cette plaisanterie cruelle : Habit de pierres de taille , paremens d'ar^ doises y doublure de briques; ce qui signifiait pri-

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