‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 65 sur 117 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

écrivait sur papier libre,* les envoyait au secrétariat où ils étaient expédiés; il revenait ensuite à la signature, mais il savait s'en dispenser. J'ai souvent fait ces remarques.

Les deux tiers des arrêtés tyranniques étaient présentés par Louis du Bas^Rbin , Amar et Jagot ; et certes les reproches que mérita ce comité appartenaient bien à ces trois despotes. Ils présentaient isolément, à chaque membre qui survenait, leurs arrêtés discutés ou non. Il ne fallait que trois signatures pour faire arrêter et renvoyer au tribunal révolutionnaire; Héron, Jagot, Amar et Louis avaient, beau jeu. Héron surprenait aisément, et les autres, comme membres du comité, n'éprouvaient pas de difficultés. Chacun prononçait arbitrairement l'arrestation ou la traduction de celui qu'il voulait, sans discussion ni délibération ; chacun s'entre-signait sans lecture , sans explication , les mandats qu'on lui présentait. Que de réflexions j ai eu l'occasion de faire à ce sujet I II n'y avait de discussion que sur des mesures locales , ou sur des affaires majeures, lorsqu'elles concernaient plusieurs individus; alors les arrêtés étaient projetés, et on les rédigeait au secrétariat. C'est là le signe auquel, en examinant les traductions au tribunal, on peut reconnaître ce qui a été discuté; c'est alors que l'on pourra distinguer ce qui était sorti du cabinet de Héron , et indiquer ses victimes. ^ On y trouvera surtout le mandât du malheureux

l46 MEMOIRES DE SEVART.

Foloppe, propriétaire de la kpaison où demeurait Héron ^ à qui ce dernier n'a jaoiats pârdonlie dé lui avoir demande son loyer ^ et d avoir osé déclarer que lès meubles et leJoyer de Héron étaient SOU6 le nom de Taburet : celui de la mafbeureusc Crpssol y sa vdisiné | qui ti'aTait d'autres torts que de se promenerqiielquefois sur une terrassa élevée qoi donnait vue sur la ûoor par laquelle on passait pour aller cbes Hérou : celui de ce malheureux banquier^ qui n'avait commis il'autre crime que de lui refuser de largent, et d'avoir^ il y a quinae ans, épousé une j^pagnolej enfin celui d'un malheiireûx tabletier dont l'épouse et la fille allèrent jeter des cris de douleur chess Héron« Ce monstre dégoûtant entraîna la fille dans uùe chambre à côté, sous prétexte de lui faire vpir la chambre de Marat. La mère, suffoquée dé larmes, entendit sa fille crier au secours ; elle enfonça, une porte vitrée ^ couverte d'un rideau, et aperçut le mpnstre prêt • k consommer un viol. Sa fille se débattait et lut^ tait contre ce brigands Elle 1 arracha de ses. bras, «Ue sauva sa fille,, et couvrit celte bêle féroce d'imprécations. Mais le scélérat, vêtu d'une robéj dé chambre d'indiennl5 pour tout vétentedt, reparut, ayant lair de vouloir les )iifettre dehors. Il { leur répondait } Vous êtes venues pour me tendre un jnége de la pan des aristocrates y fe vous irai' ieraicofnme telles. On* leur conseilla dé se cacher; elles fuirent heureusement , mais le malheureux

GïtAPÎTRÉ ilV. 1^7

père fût gùîUoliilë lé lénâèrriàib. Par ceiie ë^pëtU^ tidtt Oh pbiit àvôit une fu^te idée des fetatifC^df^ de , Hérôtt âVet FôtiquIer-TittvîHe.

' Je ddls raipt)oHei^ ètit'ôre iin trait tjttî àf^tiflfétftf à * l'opprobfè dont Hérdh tàl fctfùtert ; d tàïit éSt «(if6 Tori puisse ëtictore f ajbâtèr. Un trbtvftné LôHtfyit avait été èhargé y par \k cdrnîlé dé dûrttë gé^ï^rrfè; ', d'uAè itiissioQ pôUr Ro^ëfi j hiàià T^n epiit y à RoiiéA \ que é'ë'fàit une dë^ éfreûrs dix sàrpri^i^s de Hdf(tti^ LôrnSiir ftit détenu a Roberi pendant dft-Sépt fÔÙr^ , et lè Comité nié chargea d'drièfljrifer diflétmi l'énôëfgnéhaeos et de prépsirer un rip^oH. Lèià dé^ tâils dé èes reti^eîgbeiiiêb§ ne me ptfhJfiFêià^ éti« qfrï» des técrlminaiion^ dé plUéiefa^ir hàf>ltfifii^ de Roi^éii entré edx ^ ^ut des t(tierèllé$ qii^lfe vdtiltirefnt Vgffgëf au nom de la chose jjtiblîcjtié. Cfejïeriddnt Lbf^mîet' n ëtaîï pk^ èoùpdblé : Tàgéfit nâlibfadl âë RbUéff întrîgiiâ; il craignît là stiîte de rarrèsiàtio'n dé LàfthiùVy il Voulut se fâîré uni rtieYile de ék itâëê ^M Hbèrtë ] et là lùî procura. liïal^cét infëmé^ViHtS Paris, il se décora diï âom d'àgëiit iïàtibiiàl âié Roiièrt, èl s'âppioèha de Héh)n. Ce M avec Wf qu'il forrna le projet dé faire ë^ofgef sîi cëntt' pèrsbtfHës à Rouen; Je frérhis'âli seîil soûv^hit' dé' fcè hoîi^ CÔrti'plOt. Il rèprfHil,ét fètàer les barrières de Rouen, et, kH un seul joùï', six èéHfé* pérsbAnè's furent arrêtées dan^ éèfdè éôfntiîutië' comrrie étrangères, quoique àyaVit leur dbrifficilè

> dans lès autres dépàrtéHfiens dé là Fràricé. lis

l4S MÉMOIRES DE SENÂRT.

étaient. ^ ea ouire, arrêtés comme prêtres, comme nobles y comme gens du barreau :.le prétexte était que ceux qui auraient^ été prêtres, nobles, ou foactioDoaires publics, devaient se retirer des^ places maritimes, quoique des arrêtés des représeutans du peuple , sur. les lieux , eussent déclaré^ , que Rouen n était point, place maritime, ni en état de guerre; ce qui avait déterminé et autorisé légalement la résidence d'un grand nombre de familles et de leur suite dans*cette ville. Ils prétendaient donc qu'aux termes de la loi, ils de-^ * vaipnt être tous mis hors la loi ; et , comme ils étaient beaucoup, on avait décidé demies faire, fusiller. Déjà Héron.semblait au besoin diriger sa troupe. L'agent national revint, et présenta la chose sous des rapports astucieux et perfides. On me demanda pourquoi le travail sur l'affaire de Bouen n'était pas terminé? Je le présentai alors * avec toutes les observations. Je combattis le complot, de Héron et de l'agent national; j'opposai l'existence des arrêtés des représentans du peuple sur la situation politique de la place de Rouen, ainsi que la confiance publique due aux arrêtés des représentans qui avaient approuvé cette résidence. J'alléguai l'incapacité du comité de sù-^ reté générale , et je fis valoir que , dans tous les cas , il fallait un décret. Mes observations furent saisies; je relevai les abominables surprises que l'on avait employées à Roueu, pour faire ces ar-

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