‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 71 sur 117 · CHAPITRE XIV. ï · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV. ï

àu tribunal révoluiionDaire Tavait justifié de l'autre ioculpatioo. Fouquier me menaça du comité de salut public : je lui répondis que la réserve de la* loi du 22 prairial n'était pas applicable, et je le lui démontrai; il retint néanmoins Mossion, et me le refusa. Je m'en plaignisau comité de sûreté générale, et Môssion sortit bientôt après malgré Fouquier.

La sixième et dernière partie de ma déposition fut, que j'étais allé au tribunal . révolutionnaire pout» retirer un reçu des pièces que je devais porter au comité. J'avais profité de la voiture ducomité dans laquelle Amar, membre du comité, s'y rendait. J'y allai avec Amar, et, lorsque j'eus rempli l'objet de ma démarche , j'attendis Amar qui était allé dans la chambre du conseil. Je restai à l'attendre dans une antichambre où se tient un gendarme et par laquelle on passait pour aller au cabinet de Fouquier. Un des employés de l'exécuteur des jugemens criminels vint , et alors parut Fouquier, auquel il dit : Je suis venu, citojreriy vous demander combien il faut de voitures. Fouquier calcula sur ses doigts , en disant : huit , dixy douze jdix-'huit , vingt^quatre, trente; il y a trente têtes pour aujourdhui. L'employé le salua et lui dit : Cela suffit. Je dis à Fouquier : Quoi! l'audience n'est pas commencée, et tu sais d'avance le nombre des têtes ! Bah ! bah ! me répondit Fouquier , je sais à quoi m'en tenir : au surplus, cela ne vous» regarde pas. Monsieur; je saurai faire taire les mo-^

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dér^fi. Il s en alla dans son cabinet, en me disaàt ; Avi revoir, mon beaa monsieur. Fouquier balbutia danil sa dénégation , et dit : Le témoin ne mérke pas la confiance ; il a voulu faire une conspiration contre Tallieci. Je lui répondis : J ai dit , j^ai écrit et je répète que Tallien est un voleur, un assassin^ un conspirateur, et, pour le prouver, j'ai demandé , et je demande d'être traduit au tribunal révolutionnaire; jy ferai voir qu'en dénonçant Tallien , j'ai voulu sauver le peuple; Le journalisto n'a pas rendu ainsi ma déposition. Or je crois devoir éclairer le peuple sur ce qu'on a mal écrit, ou transmis en mon nom : voiià ce que je persiste à soutenir et à répéter. Lecteur , vous n'aviez pas besoin de ma déposition pour juger Fouquier ; mais si elle a produit quelque effet sur votre con-- Tictioil , elle a dÀ aussi manifester mon opinion..

Je ne dois pas terminer cet article sans rappeler un autre fait. Fouquier, dans les débats, me reprocha d'avoir été l'agent du comité de tyrannie. Je lui répondis que j'avaiçi, par obéissance , rempli des missions; que mon eiçactitudé et ma sincérité n'avaient point été équivoques. 11 me reprocha encore d'avoir travaillé dans l'affaire de l'étranger Batz. Je lui dis : J'ai fait quelques procès-verbaux ; dites-^moi si, sur leur contenu qui justifiait quelques accusés, vous n'avez pas été dW avis plus cruel que le mien , puisque vous ave2 fait mourir ceux dont j^attestais l'innocence et que j'ai défendus.

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