‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 72 sur 117 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

dans mes extraits. J'ai même reproché au comité leur mise en jugement. Il ne se borna pas là. Nau)«lin^ son substitut , était sur les gradins. Le président me demanda si je connaissais quelqu'un des accusés. Je dis ce que je savais à l'avantage de Naullin , et je sortis. Fouquier souffla k NauUin de m'altaquer. Naullin , en mon absence, dit que j'avais rempli plusieurs postes dans la révolution; que j 'étais un homme variant. On me rappela , Naullin recommença ; je voulus répondre , et j'avais déjà dit que j'avais honoré mes places au lieu d'en être honoré ; que mon cœur ne me reprochait rien. J'allais continuer , lorsque le président dit à Naullin z.Yous voulez parler contre le témoin , tandis qu'il a fait votre élpge, c'est une ingratitude; ce que vous dites est insignifiant; passons à une autre chose plijis utile. Je me retirai. Dans ma déposition, j'avais été obligé de dire que Héron était tellement d'accord avec Fouquier, qu'il me proposa de comprendre sa femme dont il voulait la mort, dans un rapport; que, quand un nom était enmanché dans une grande affaire^ il s'arrangeait avec Fouquier, et puis, me dit-il , les têtes tombent , pouf^ poufj ça va. Celte déposition a pensé me coûter la vie, au 12 germinal et au i^' prairial. Dans ces momeas j'étais détenu^ pour la révolution , d'abord à Port-Libre, ensuite au Plessis. J'ai failli d'être égorgé par les hommes ultra-révolutionnaires, à qui mes principes ne

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plaisaient pas. Le nommé Cronier, fameux sep* tembriseur, était celui qui, à Port-Libre, s'était chargé de m'expédier ; et les célèbres Blondeau et Legros, de la section des Gravillîers, s'étaient promis mon expédition y au Plessis; mais j'existe encore, et je dirai la vérité au péril de mes jours.

Ce chapitre étant destiné a contenir les abus et tyrannies des anciens comités de gouvernement , je dois rapporter ici l'histoire de Dabigen qui mérite d'y trouver place, parce qu'il s'agit de numéraire . Un nommé Dabigen fît verbalement et déposa dans un écrit, encore existant dans les cartons du comité de sûreté générale, la proposition de découvrir au comité les personnes et les députés qui faisaient rechercher le numéraire, et le faisaient passer dans la Vendée ; il offrait de les prendre sur le fait avec conviction réelle, et tijoutait que c'étaient les députés de la Vendée et environs qui se disaient montagnards. Le jour était pris, le rendez-vous indiqué pour le lieu et l'heure. Mais, par l'effet de la tyrannie la plus révoltante, et de la manœuvre la plus coupable,' le comité ne laissa pas* accomplir la proposition ; et la veille du jour du rendez- vous, Dabigen fut arrêté sous d'autres prétextes; il a payé sa confidence. On ne peut nier que le fait était important et d'un intérêt assez majeur pour faire renoncer à une arrestation pour laquelle, d ailleurs, il était possible de prendre des précautions qui étaient toutes au pouvoir du co-*-

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