‹ Révélations puisées dans les cartons des comités de salut public et de sûreté générale, ou, Mémoires (inédits) de Sénart, agent du gouvernement révolutionnaireChapitre 95 sur 117 · CHAPITRE XYIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XYIII

nie; cest aiosi que j'ai vu et connu ses travaux. L'éloge de ses fonctions sera complet si je dis qu*il ne s'est présenté personne pour se plaindre de d'Ossonville. Sans doute , on n'opposera pas à b vérité de ce que j'écris une dénonciation du nom* mé Annand , impliqué comme conspirateur dans l'affaire de Batz sur la faction de l'étranger ^ lequel devait commander un détachement de con-* jurés et ne doit sa conservation qua d'Ossonville, qui proposa au comité de ne pas le comprendre dans Ti^ffaire pour avoir de lui d'autres renseignemens.

Cet Armand , impliqué dans la poursuite con-» tre la fabrique de faux assignats découverte par d'Ossonville, en 1795, à Gbampigny près Vincennes, apprit par Dumonceau que d'Ossonville avait fait observer au comité que lui Armand , soupçonné d'avoir tué un homme dans le bois de Boulogne, et de lui avoir volé un porte-feuille de soixante mille livres, était un escroc connu. Armand en voulait d'autant plus à d'Ossonville , que ce fut par l'effet des recherches de ce dernier que l'on avait poursuivi l'affairé d'Hoffmann , dans laquelle ce même Armand , agent de Poupart et de Burlandeux , officiers de paix , complices de la faction de l'étranger, fut condamné, sur une procédure particulière au tribunal criminel du département deParis,^ ^iog^ années de fers.Ge fut après cette con^ damnation, que Dumonceau vint le trouver dans sa prison et qu'îk rédigèrent une dénonciation contoe

IZSO MÉMOIRES DE SfiN.4RT.

lui, d^Ossonville, en l'accusant d'être le persécuteur d'Armand , et d'avoir , par injustice, empêché sa délivrance. D'Ossonville, à qui cette dénonciation fait honneur parce qu'il est beau d'être l'ennemi des scélérats, n'a pas du s'attendre à ce que la délation d'Armand pût lui nuire; mais Dumonceau n'avait agi ainsi que pour préjudicier à d'Ossonville. Ce Dumonceau , qui prend mal à propos le nom de Bruce , celui d'une famille anglaisai était au contraire fils d'un palefrenier chez le ci-devant duc de Penthièvre, aux dépens de qui ce Dumonceau fils fut placé au collège Louis-le-Grand où il étudia avec Robespierre jeune, son contemporain. Ce Dumonceau était un prêtre qui avait a bjuré. D'Ossonville le ramassa sur le pavé, pourri d'une gale vénérienne et couvert de haillons , le fit entrer chez un fripier, lui acheta tous les vétemens, depuis le chapeau jusqu'aux souliers , et fit jeter ses haillons au coin d'une borne , hors la-chemise, car il n'en avait pas; etDumonceau, ainsi reparé, fut employécomme observateur par d'Ossonville d'après l'axionie connu : Ç^ix au jnétier de surveillant on n'emploie que le plus rusé fripon. D'Ossonville le fit traiter et guérir de sa maladie honteuse; mais Dumonceau ne put conserver, plus long-temps son poste , soit qu'il fût trop connu de réputation , ou soit encore que des torts graves , dont plusieurs se sont plaints , l'aient fait renvoyer , ce que je croirais facilement, d'après un écrit d'excuse que lui Dumonceau adressa à d'Os-

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