LAISSE PAR UN MODERNE EUMOLPIDE
Que fais-je des heures qui me sont accordées? Le jourque j'attends sera semblable a tant de jours dont rien ne subsiste! Le passé fut stérile; le présent m'échappe. Ce que je me promettais devient impossible y et je néglige ce qui semble être en mon pouvoir. Ainsi périssent toutes mes espérances sous le joug des err^rs que cependant je ne partage pas.
' De quelle autre infortune me plaindrais-je? £st4i
nécessaire que nous trouvions de vraies jouissances? Nos songes actuels ne sont rien s'ils doivait se perdre dans le néant y et ils sont peu de chose y si h vie sans terme doit les remplacer. Aspirons à ce qui est durable ou sublime, s^ns prétendre le connaître aujourd'hui. Entrevoyons un espace infini derrière une profondeur maintenant inaccessible.
Les mouvemens des cieux ne sont point suspendus. Cherchons dans les forces permanentes les desseins de la sagesse : cela seul est grand. Fidèle ou contraint, tout être borné restera sous la loi universelle. Une ame libre se soumet avec persévérance y elle veut la vérité, le repos, la droiture, et, en s'occupant des hommes livrés aux difficultés présentes, elle invoque l'infaillible justice.
Dans la paix d'une Vie indépendante, on soulage des infortunes aftières, on ^outiient.dê timides Yerius. Vaudrait-il mieux s^élever parmi les hommes ? De tant dç choses qui divisent les esprits, iihe seule est heureuse et louAble sut la terre : que la raison s'affermisse, et que la douleur soit diminuée. ObteA^yhs ce qui {ijeut-étre ne périt point; la pensée n'a pas de limites connues.
Si je contribuais a l'ordre, }' aurais assez de boi»heuf . Que inanqtie-t-il à celui qui ranplit sa desti-
nation? Mais de lâches sollicitudes m'afTaiblissent ou m'égarent. A^rais-je besoin de ce qui me retient , de ce qui m'inquiète sans cesse? Pourquoi dépendre de ce que je ne désire point? N'aurai-je pas une heure avant que tout s'accomplisse , n'aurai-je pas un moment, de force et de simplicité?