SAISONS
Les dîffereaQi^ moiaks qtie nous remarquoïis entre les peuples , résultent surtout ^ dans le pria'* cipe, de ce ^*ils n'éprouvent pas au même d^ré les vicissitudes de Tatmo^hère. Que la laison soit la même ^ s'il se peut ^ daps tous les pays; ipais> en simplifiant la règle pour la fortifier ^ ne|irétendQns< rendre uniformes ni les coutumes, ni même Uidée de qudques vertus qui dépendent en grande partie' de Fopinion y puisqu'elles ne se bornent pas a FaccompUssemenl du devoir^
Lé dimat inooxistanf de quelques régiûos occideplries feut siiflciter uu besoin d'activité plus vif, ou plus kiquîet. Chez I^ aatioos du nord, un froid de sept mois cootiibue vraisemblablement a entretenir une humeur trop^belliqueuse. Quant aux hommes des plaines brûlante ^ s'iks sont très-irascibles , c'est peut-;ê«ye patce qu'ils n'o^t pas d'automae-
Dans la plus ^wnde partie de la teri^e, les phénomènes annuels ne forment que deux saisons dis^ tinctes (H). Quand le sokii approche y tout s'augmente, se développe, tse recompose. Et ensuite tout s'arcête çt s'affaiblit : le soleil se retire. •
Ainsi quej'année, ainsi que la vie même, chaque jodlr^ée a son print^ps , son aurore^ sou heure de reiMmveUement. Nos fatigues sont suspendues par la fnilcheur du matin qui semble ramener l'inexprimable bien-êure de nos preibières aanées. Les jours sombres , ou les maladies n'interrompent pas entièr^Dfent cette sorte de réparatiou journalière. Tant que ooiis l'éprouvons, nous restons jeunes. Mais» lorsqu'elle deviei^l trop imparfaite , c'est un affai-
.blissement irréparable , et '\\ faudra mourir quand le auate retour 4e la lumièi'e ne nous fera plus aucune
^impresçion.
Nous devons trouver beaucoup de charme dans le réveil à^^ forces que ralentissait l'hiver des zones
lempérées* Soutenil^ nlors par Fespoir universd ^ nous crQyond notVe destinée plus facile, plus douoe;. plus abondante p6ti^«tre en résultats favorables. Quand la nature est jeune avec plus d'évidence, des idées de perpétuité reculent le terme de nos heures, comme si le printemps même ne les consumait pas y ou comme s'il nous était donné de revivre chaque fois avec ce qui jouit de son moment.
Les longs jours du solstice ont tn^ de beauté; les ehi^es naturelles se montrent alor$ avec trop de pilisinmce. La salubrité de Tair, une riche V3%étàtion , le calme des nuits; tout rappelle ce que nous ne trouverons plus , tout commandé ce qu'on ne peut accomplir. Dans cet.ordre si animé, quel vide pour rhomme assujéù k de nombreux et de froids besoins ! Des souffrances amères nous irriferaient, mais nous résisterions ,, ou certains même de succomber , nousvoudrions pétir avec courage. Si • noès sommes abattus , c'est quand nous voyous que les biens resteront inudles, et qi»'il n est plus d'eàpér ; rance dps nos coeurs. Les atteintes, du mal nous im- portunaient sans nous, accabler,^ sanj^ nous affaiblir. Une tristesse plus profonde naîtra ^ la vanité de nos joies , une tristesse irremédiaUe.
Niles frimas dans les champs dépouillés de verdure, ni les nuits brumeuses des contrées polaires, ou le vent
dés montagnes, on la tempête sur un rivage de granit ébranléparlechocderOcean , île nous fieront dire : Malheur a nous qui tardons a mourir ! Mais si vous voyez, vers le soir , de paisibles collines où s*arréte le soleil; si la fleur du citronnier répand danales air&, ces parfums qui enivrent d'un désir vague des esprits trop eonfiaïis; si ie prestige s'étend de toute part, vous environne, vous atteint, vous qui savez à quoi se déduira-, parmi les hommes de nos jouçs, rintivoie allégresse d'un homme juste ; si , retenant même un soupir, sans indignation, sans abattement, vous portez le poids de ce bonheur , et visible et chimérique, sages mortels , que pourrez- vous de plus ? Laissez passer les heures ; qu'il vous suffise quelquefois d'exprimer votre pensée dans sa mystérieuse énerve, afin d'avancer la pensée générale, et tl'abréger peut-être les siècliis de l'homme sur une tèrrede doute et d'initiation.
Nous aussi, nous aimions lés beaux jours. Mais ia vue de<;e qui esty-remplace enfin l'idée de ce qui pourrait être. Ces pertes sont l'ouvrage des honunes. Unç législation circonspecte, et néanmoins téméraire, entvepr^pd peu de chose contre les écarts, et légitime ce qui les fevorise sourdement. Le plaisir devait durer autant que la vie. Le plaisir serait de tous les âges -, Içs viieillards même verraient avec
émotion les journéôs brillantes qui mûrissent les premiers fruits y ou les nuits courtes que semblei^t attendre les fleurs les plus oliorantes» Mais actuellement des teintes faibles conviendront davantage a nos affections trbmpees. Nous avons renoncé, a vivre satisfaits, et quand Taurore s^avancera d'un pas douteux , a travers les brouillards portés sur les prairies, quand Tété ne sera plus, nos jours abrégés ,. sembleront diminuer nos peines.
L'automne est le soir de Tannée. Dans nMre las-> situde nous préférons ces derniers momens aux proméioses du matin , a la splendeur de midL Le cie^^ pur des jours ardens , cette profusion de lumière ,. cette magnificencerne nous intéresse pas comme la simplicité automnale, comme le doux accord du silence dans le ciel , de la maturité des plantes et du repos de la terre. Palsibfe après les orages, mais voisine des frimas, et fugitive comme nos sensatioirs , comme nos pensées même, l'automne nourrit' Kn sous le renoncement a- ce que deiongues eiTeurs ont dénaturé. Elle indique des vérités plus fixes p et- en Caftant les iïiutiles soUicifu'des de la pasiûoh , elle donne à l'esprit un cahne qui seira le fondement de toute justice 7 de toute conciliation. * *
Ces. ombres (fui seprolongent, cesclaftés âflaibliffs derrière flès vapeure qui ne^se /]issip(nt plus , cçs
feuiltesqûi, sans être frappées de Forage, se détachent et s'àbândonneot au mouvement deTair, tout eet aspect lamionieus: et funèbre s'accorde avec le souvenir de tant d'heures écoulées , avec le vague regret 4fi celles qui auraient dû 'fifire heureuses. Emus ^ attristés peut-être , nous aimons ce charme un peu sombré, dernière nuance des illusions lointainesy consolation de Toeil fatigué d'une imprudente lumière. Aisément on êtSasent a ne rien pouvoir qtiand ht fécondité manque k tant de choses. Cette trace générale d'affaiblisse^nent , cette sorte de rési- # t ghation empreinte dans l'aspect du monde y adoucissent, le sentiment triste et prédetiK de nos pertes» Les matifiées d'automne^ plus trmquilleis, plus voilées, un peu nébuleuses y suscitent ça nous le désir patient qui sera «otre refuge, le projet hardi toutefois, (k ne tomber qu'avec lenteur, sans amertume, sans résistance. *
Un infortuné pour qui le printemps n'a plus de * prestige, se platt à errer . dans les champs dont lesv tctfvaux ont cessée ou dans les vergerç dépouilla de leurs fruits. Il voh que la végéftition s'arrête , ^l comnfe si le vieûir mouvement des choses finissait , il esp?re à l'anxiété humaine Uniterme devenu désirable. AfialgréJe progrès de nos siècles , jamais vous ue connaîtrez de Jeuissances moins passagères que
d- entreteivi'ren vous uu vagiie s^tiimni de.di||uleiiry ou àe, chercher des idéçs de ruine dans Tépaisseur des bois jauni»/ au milieu des branches rompues <| oubliées sur la mousse humide. ' ».
Durant les hivers > la nalurQ semble justifier nos. arts. Dès long- temps a0KiUis{»ar. notre mapièrede vivre, nous suppeifterioBs difficilement le^ frimas : il faut qiip nous nous renfermions dani» nos retrait^ arides. Mais lorsque la température chango, lorsque là liberté nqus semble offerte, cpiçme elle peut l'être en de cevtwnes régions équalori^eSy vjmîes demeures, de lliommé y avons-ïfiMis besoin d;une in>dusGBÎe qui ' éloigffe de > no^ les jiremlers ^.dons? Rourquoi rester dans . Tobscurité é^ nos prisons bruyantes? Un long tf^vail sjk mmmiiié c^ plàtrç^ (le fer, ces briques ou<«es^inarhi*es : un travail pént'- Ide aosinge dognoxnes réAfeks dirrière dea portiques soigneusem^ o^és^
D«ins les (laines mên>e ,^upiès de l^ose des. buissons, vous écoujMiez des chants que }e mouvjgment de l^ir interrompra de temps à auQ^: «mis y^uv«re» de& indiees (le tspi de biens qui n ont jan\^is existé.pour voi^i^, if^s que d'autres é^qtioiis vous ont faitaussiprefisentir. Ëtqufidkqaefois encpre, vainemetittourmentés de ces généreux aieii^veiuens de Famé ^ qui ébr^pl^onl à'^peine^la pesanteur dies^-cj^oses^
vous waâfez une expression plus naturelle de la tieaute possible. Vous demanderez du moins les ac~ cens d'une mélodie plus austère. AvSnt les derniers beaux jours y durant rété incertain des hautes valléeSy, vers les scrnimci^duTitlis ou du Grimsel^ daos quelle asifèy auprès des neiges, vous entendrez la voix fbrte des pasteurs, et les sons qui animent dan$ U^v marche hçs troupeaux de rÉinenl;ha]l.