‹ Rêves et penséesChapitre 23 sur 78 · SATIETE · texte numérisé non relu

SATIETE

Mais l'été, blanchissant l'azur brûlé des deux, Rendant l'aride sol aussi dur que la pierre, Contre son vif éclat fait clore ma paupière, Et je rêve à présent quelque chose de mieux.

Pour la douceur de l'âme et le charme des yeux, J'appelle, d'une soif qui dément la première, L'automne aux voiles gris où s'endort la lumière Et dont la °;aze étouffe un nid silencieux.

Oh ! si j'étais de même aux abords de la tombe ! Si la mort qui s'approche et si le soir qui tombe Me trouvaient repu, las et pour la fin dispos!

Si je pouvais laisser de mon plein gré la table Et, d'un esprit conforme au sort inévitable, Demander le seul bien qu'il m'offre, le repos !

Les Rêves 59

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