LA RÉVISION DE LA MÉDECINE
Ainsi il y a telle maladie aiguë — les fièvres éruptives par exemple, rougeole, variole, scarlatine — qui évoluent en quelques heures : vingt-quatre ou quarante-huit au plus tard. Tout retard ou empêchement à i'éruption peut présenter du danger et même être mortel, puisque le principe virulent se porte alors sur les organes nobles : le cerveau, le cœur, les poumons, etc. Il faut donc que les granules soient donnés coup sur coup ou à des intervalles très rapprochés : de dix en dix minutes, de quart d’heure en quart d’heure, sauf à retardera mesure que l’éruption se fait, et même à suspendre l’administration des granules.
D'autres fièvres ont une période d’incubation beaucoup plus longue : dix jours, quinze jours, vingt jours, même un mois. Telle est la fièvre typhoïde. On-comprend qu’il faut alors calculer l’administration des granules d’après les effets qu’ils produisent. Cet effet est l’abaissement de la température morbide (40°, 39° 38°), la chute du pouls (110, 100, 90 pulsations par minute) et le rétablissement des fonctions exsudatives : rénales, cutanées. C’est là-dessus que le médecin dosimètre se fonde, et il persévère tant que l’effet thérapeutique n’est pas produit, n’importe le nombre des granules administrés.
LA RÉVISION DE LA MÉDECINE
Quant à leur accumulation dans l’estomac, elle n’est pas à craindre, puisqu’ils sont absorbés dans le même espace de temps qu’ils sont administrés : dis à quinze minutes.
Une fois introduit dans le torrent circulatoire, 1 alcaloïde produit son effet sur l’économie entière, ou sur l’organe particulièrement atteint.
C’est ce que nous avons nommé catalyse physiologique, terme emprunté à la chimie, c’est-à-dire que l’alcaloïde produit son effet sans changer en rien la constitution du corps, et par ce fait a disparu. 11 faudrait des quantités relativement énormes d’alcaloïde — la strychnine par exemple — pour produire un empoisonnement.
11 n’en est pas ainsi quand on donne le médicament brut : en poudre, en extraits, et surtout en infusion. Ainsi l’aconit est un poison violent sous ces diverses formes quand on ne prend pas toutes les précautions voulues. Et encore ne connaît-on pas les dispositions individuelles ou idiosyncrasies.