HÉLÈNE, MADAME DE VOVES
Uadame de Voyes est entrée et arriye jusque sur Hélène sans être entendue. A. ce moment, Hélène se retourne et, d'un mouyement rapide, glisse la lettre sous le buvard.
MADAME DE VOVES, à part, en voyant le mouvement d'Hélèna.
Ah ! mon Dieu ! (a Hélène.) Bonjour, mignonne. Avezvous bien dormi ?
HÉLÈNE
Parfaitement.
MADAME DE YOVES.
Hum! on ne dirait pas. Les yeux battus... la mine pâlote...Et votre mari va bien?
HÉLÈNE
Très bien. Voulez-vous le voir?
MADAME DE VOVES.
Non, je le dérangerais... Alors vous n*avez rien? Bien sûr? Pardonnez-moi de vous faire cette question ; mais vous savez que j'ai pour vous une atieclion... toute maternelle. Il ne s'est rien passé de fâcheux entre vous et M. Rousseau?
HÉLÈNE
Non. Pourquoi?
MADAME DE VOVES.
J'avais cru... Je craignais... Yous ne vous fâcherez pas? Vous me permettez de parler?
HELENE
Si je ne permettais pas, vous parleriez tout de même.
Eh bien, ma chère enfant, laissez-moi vous dire que VOUS avez un peu trop dansé hier avec M. de Bretigny, et qu'on l'a remarqué.
HELENE, à part, rageusement.
Encore ?
MADAME DE VOVES.
Vous n'ignorez pas sa mauvaise réputation. Vous êtes très regardée et très jalousée. Vous devez observer d'autant plus soigneusement certaines règles, certaines convenances...
HÉLÈNE
Oti ! chère madame, les convenances et moi, nous serons longtemps brouillées, j'en ai peur. L'esprit de M. de Bretigny m'amuse; je crois que le mien ne lui déplaît pas. Nous causons volontiers ensemble, et nous nous soucions peu des malveillants. Vous savez aussi bien que moi qu'il y avait à ce bal une bonne demidouzaine de couples... illégitimes, qui ne se sont rejoints qu'avec une grande discrétion et qui ont été en effet fort convenables. Ces convenances que vous m'opposez ne sont donc qu'hypocrisie.