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Quds sentimans inspire- 1* elle à Louis «Shilippet Vayons :
• U uy anra plus de dilits dé la presie, » diit le dm d'Orléars, le 54 juiUet, à rHôiel-de-ViUe.
S'il Y en a^ dit la charte du 7 août , ils auront la (ph ranti^ du jury.
Les poursuites seront bien rares.^ dit le nouveau pn^ enreur du roi Barthe , dans son discours d'installation da 42 août : nous n'intenterons de proeès que quand l'M* àmce du délit en imposera la ikéeeesiiè.
La presse , à qui Louis-Philippe doit en partie sa eo«« ronne, et qui, pendant long-temps, trop coimante comiDi la nation , appuie le gouvememekt nainant, mérite qu'os soit fidèle à ces promesses.
Mais la presse ourre enfin les yeux et apençoit le danger : elle cesse d'approuver et de louer ; eue arertît , elfe critique , attaque ; on VappeUe alors la maweeàse preesex on la hait , on voudrait Tanéantir, et les persëeutions de la restauration recommencent contre elle. Que di»jef jamais la restauration n'a montré tant d'aehamemeiiÉ contre les écrivains indcpendans, et tant de partialité pour les soudoyés de la police^
Non seulement les journaux sont saisis presque cbaipv jour , mais les écrivains sont arrêtés , jetés dans les m^ chots, mêlés à des voleurs , traduits devant les conseikdi guerre , menacés de. la mort ; les imprimeurs sont poei^ suivis , les presses sont confisquées ou brisées; la Tii^wm est saisie soixante fois en deux ans. A-t-elle le courage dt défendre le trésor public et l'industrie française en dénonçant les scandaleux achats de fusils anglais , oa'bisa de citer l'histoire en réponse à d'impnidentas flatteries ; on s'efPorce de la ruiner par d'excessives amsudes , dont l'une s'élève jusqu'à "1 3,000 francs; et cependant, sur soixante saisies de la police , cette justice , si rigoureuse, jreconnali que cinquante n'avaient aucun motif. Et es n'est pas la plus odieuse vexation ! ce n'est pas le plus gcandaleux abus du pouvoir 1 £t vous oses voos tanterds Tetre rospsttt p^Mir la loi , pour la liberté de \k pissiS'i pour le droit sacré de propriété !
Mais pourquoi done oet aefaâmeflMnt'tout partiealîer contre la Trùmne? Est-ce parce cpie , dès le 30 et le ^ juillet , tandis que presque tous les journaux baissaient pavillon devant le duc d- Oriéans , 2a Tribune seule eut 1» pensée de lui faire opposition en demandant, non pas qu'il^ fût exclu , mais que la nation fût consultée pour le choisir?'^ Sa prévoyance , son courage et sa constance , qui d<nv^it être un titre à Festime des patriotes , sont-ils des orimor aux yeux du juste-milieu?
Du reste, c'est la presse que le despotisme redoute le plus ; c'est elle que les despotes veulent étouifer en Allemagne; et, si Ion en croît certaine révélation, Louis- Philippe aurait secrètement excité Tattaque dirigée main* tenant contre elle par ses alliés : c'est la presse de Francr surtout qu'on veut empêcher de crier gitrde à vous!
§ 34. — Faits particuliers caractérisant la marche contre-révolutionnaire du gouvernement.
T^ous avons déjà vu la conférence entre cinq députés et les pairs , le 30 juillet , la prière adressée au duc d'Orléans, son arrivée dans la nuit, sa confiance en Talleyrand le 34, sa proclamation , sa visite à l'Hôtel-de-Ville, sesL discours, son empressement à arrêter l'organisation do* 20 bataillons de la garde nationale mobile ordonnée par. la commission municipale, sa nomination comme lientenant-général, du royaume par Gharies X \e\^ août,, l'abdication du 2, le dépôt de cette abdication, l'ouverture de la session du 3 août , la qomination du président de la chambre des députés par le lieutenant-générai du royaume , le . choix fait par lui de Casimir Périer pour président, le projet de baser l'élection sur l'acte d'abdication et d'appeler le nouveau roi Philippe Y, la conservation de la charte de 4844, sa-réirision en quelcpiM* Ifenres, etc.
fions avons vu les- amis de la restauration et de In. légitimité , c'est-à-dire les ennemis de la révolution , constamment ii(^éa au ministère et dans- les fonctions publiques^ landuque Wsjpatrietea) d'^ebord ménagés , sont ensuite repoussa et proscrits.
Nous avons vu les systèmes d'impopularité , d'ingratitude j d'aristocratie, de division , de corruption , de dissimulation, de tromperie, de mensonges et calomnies, de police, de violences, d'illégalités, de persécutions contre la presse, etc., appuyant le système de quasi-restauration et de quasi-légitimité.
Pour compléter le tableau, revenons au l*' août, et réunissons d'autres faits qui caractérisent la marche contre-révolutionnaire du gouvernement.
Le Temps du ^1 " août dit, et le Moniimr du 2 répète :
« Un pouvoir rigoureux et ingrat vient de succomber.
» L'autorité qui lui succédera prouvera sa clémence » pour les vaincus , sa reconnaissance pour les vain- M queurs.
» Occupons-nous des veuves et des enfans : Pensions » viagères , souscriptions , places réservées dans les écoles » d'industrie, tout cela leur appartient.
» Aux morts, des honneurs, des souvenirs, des noms » gravés sur le bronze, des anniversaires.
)) Aux vainqueurs qui survivent à leur triomphe , des » récompenses publiques, une fête esmuneratoire. »
» Que tout Paris , sauvé par eux du despotisme et du » massacre , se porte au devant de leurs pas , s'associe à » la justice du gouvernement , et joigne à des offrandes » d'honneur l'hommage inappréciable d'une grande po- » pulation qui salue ses sauveurs !
I) Effaçons , sous les trophées de la gratitude publique , » les vestiges d'un désastre heureusement limité !
» Honorons les tombes !
» Adoptons les berceaux !
» Récompensons les braves !
» Nous ne doutons pas que l'autorité ne donne bien- » tût des ordres pour que ces vœux soient accomplis , » pour qu'une grande fête nationale rassemble tous » les Français. C'est l'expression d'un sentiment nna- » nime. Nous ne faisons sans doute que devancer les in- » tentions du pouvoir. »
Oui, des honneurs , un triomphe , une féto nationale , de Fenthousiasme pour la révolution, pour la liberté ^^ pour la patrie!....
Non, non, dit le d.?c d'Orléans; il n'y a pas 'e révolution, mais seulement une résistance, une défense^ un événement, même une déplorable catastrophe , coroiiie il récrit à Nicolas.
Il veut bien rendre une ordonnance dès le \ *'' août , pour permettre à la nation de reprendre ses couleurs ^ comme si elle ne les avait pas déjà reprises elle-même! Guizot voudrait même que la commission municipale demandât officiellement cette permission , comme si le lieutenant-g[énéral était souverain ; et le peuple sujet!
Le duc daigne aussi s'occuper d'abord de nommer ses jeunes fils , les ducs de Chartres et do Nemours , grandscroix de la lé(jion-d' honneur , et d'autoriser leurs altesses roycAes à prendre , à la chambre des pairs , pendant la session, le rang et les places qui leur appartiennent (par droit de naissance).
Il daigne aussi nommer Pasquier , un des auteurs de la restauration , présiiient de la chambre des pairs , avec 400,000 fr. de traitement.
Mais point de fêtes
On s'empresse au contraire de faire disparaître les mots égalité , 27, 28 et 29 juillet inscrits par Lafayette sur le drapeau de la garde nationale.
On s'empresse d'effacer l'empreinte des halles et des boulets qui décoraient l'Hôtel-de- Ville , le Louvre , l'Institut, les Tuileries, le Palais-Royal, etc.
Mais les monumens funéraires (que la commission municipale a ordonné d'élever sur tous les lieux où reposent les dépouilles des citoyens morts pour la patrie , et dont elle a chargé l'Académie des Beaux- Arts de proposer les plans), où sont-ils?
Où est la narration officielU des traits d'héroïsme et d'humanité qui ont illustré la grande semaine , narration que la commission a décrétée , et dont Plougoulm a sol-* licite et obtenu l'honneur d'être chargé? Où donc est cette histoire si intéressante pour la gloire nationale? Est-ce pour ne pas la faire que l'historien a reçu la croir d'bonneur?
Ou est iie^ monument voté par les députés le 6 août^ arec cette inscription :
: A la ville de Paris, la France recwwaissanU?
T. I. Il
On détruit autant que possible Pinscription Pont d'Ar^ cote que.dès le 29 juillet , le peuple a écrite a^nec un pin* oeau sur le pont qui conduit à l'Hôtel-de-Ville , pont sur lequel un jeune enfant brava la mort et pérît en y plantant un drapeau tricoloi^e : car pourquoi celte inscription du peuple? C'est un souvenir du fameux pont d' Aréole en Italie sur lequel Bonaparte ou plutôt Augerean planta le drapeau français au milieu de la mitraille autrichienne; mais le juste-milieu , qu'effraie la mémoire de Bonaparte ou de Napoléon , publie que Tinsoription vient unique* ment de ce que cet enfant s'appelait Arcole.— <• Gepenaint Louis-Philippe a commandé quatre tableaux pour rfiélel* de- Ville, et un d'eux aura pour sujet leponi d'AreoU: Que représentera-t-il ? L'héroïque enfant plantant son drapeta le 28 juillet, et tombant sous les balles des Suisses et delà garde de Charles X? Non, le peintre fera entrevoir à tnn vers les ténèbres de la nuit , de» jeunes gens chantant la Marseillaise le 29 juillet ^832, assassinés.... par qui?
Si Ton supprime les monumens en Thonneor de Ul révolution , en revanche , on conserve le monument espiatoire élevé dans la rue d'Anjou à la mémoire du dme d'Enghein.
On conserve celui de la place Louis XV eoaistniit ptor hmorer Louis XVI et pour outrager la nation. — Peur le soustraire à la justice populaire, le prudent architecte ee hAte d'y faire graver ces mots : Monument à te ekmrte ; et le juste-milieu, assez rusé pour faire comme on dit, d'une pierre deux coups , se hâte de publier que cette inscription est l'ouvrage du peuple lui-môme et la preuve qu'il veut conserver le monument et la charte. Mais pae quel étrange motif ce monument n'eil^il pas achevé avec aa destination nouvelle, quand il gAteet obstrae la pàaee qu'il devrait décorer? Veut-on rétabbr le inonomeHt expiatoire , comme on maintient ie deuil du 24 janvUrt
On s'obstine à conserver 'les trophées da' Treeaàéir^ qui ne disparaissent que devant la colère de l'émeute.
La volonté populaire qu'on in vaque hypocritement' en faveur de la charte a vainement, dans We^trais m'aaéfli journées, condamné et brisé les fUwn de^Hs, les «rmoi-
fiê$éi\» imeripHmsri^yaies: on rqiousM toutes Ism observations , on brave tous les dangers pour les conser^ yer ; on les verrait .encore sur les drapeaux , sur ie sceaa de Tétat , sur les monnaies , sur les croix de mission , et partout, si la redoutable voix de Témeute ne les avait de aouvean fait disparaître.
Mais Veffigie d'Henri IV est formellement conservée par une ordonnance sur la croix d^honneur , qui continue d'avoir pour rivales les croix de Saint-Louts , dit Saini-^ Esprit , etc.
On accorde quelques indemnités , quelques pensions , quelques médailles et quelques croix aux héros de juillet*
On accorde douxe croix d^honneur à Técole Polytecli» nique, quatre à Técole de Droit et quatre à Técole de Médecine, inflniment mwns qu^à la garde nationale, à la Ugne et à la police , quand elles auront combattu ces niémos jeunes gens , ces mêmes hommes de juillet.
Mais tandis que les émigrés et les chouans regorgent encore d'indemnités et de pensions , on ne veut accorda aucune ou presque aucune réparation pour les coltdam^ nations politiques subies sous la restauration et pour les spoliations commises contre les officiers des CenUJours^
Bourmont figurera long-temps sur la liste des roaré* chaux de France ,* Marmont y restera ; mais la famille de Ney ne peut obtenir la révision de son jugement ou plutdt de son assassinat. On refase même de rétablir son porhait dans le salon des maréchaux, et ce refus est roe-^ tivé sur le (je ne sais quelle épithète employer) prétexte qu'on veut jfaire exécuter on portrait plus ressemblsnt»
'Qttand Lafayette pai4e de la famille Napoléon , on iik« Toque les traités de 4845 imposés par l'étranger; et œlte Ismille est proscrite par Louis - Philippe comme par liOnis X¥IH et Charles X. On promet bien de rétablir sur la colonne la statue renvenée par l'invasion étraa* gère ; mais ce n>st plus aujourd'hui qse la pan^e des reis est Sacrée , et les cendres du héros sont refosées per '«m français à la France.
Maniid et BenjuBoan Constant ont eontribaé à pvëpiirer
la révolution , et le peuple reconnaissant veut porter leurs bustes au Panthéon: on fait espérer, on promet pour ainsi dire ; mais Manuel est un révolutionnaire qui a parlé de répugnance pour les Bourbons ; la branche aînée Ta fait exclure de la représentation nationale , et la branche cadette ne peut le reconnaître digne de la reconnaissance de la patrie.
Mais tandis qu'on repousse les hommes delà révolution, on fait tout pour les hommes de la légitimité.
Vouloir sauver Polignac, c'est tout risquer, son trône, sa tête et sa famille. N'importe, on brave tout, et ce n'est certainement pas par affection pour Polignac , Peyronnet et autres. — Quel est donc le puissant motif? Estce un engagement envers Holy-Rood ou l'étranger ?
Non-seulement on a fait donner plus de 600 mille francs en or à Charles X, on l'a fait accompagner par trois commissaires ; on a consenti qu'il mît douze jours pour se rendre à Cherbourg; mais on fait avorter la proposition Baude en iS5\ et la proposition Briqueviile 60^832.
On repousse l'expression V ex-roi Charles X, et Ton veut l'appeler encore le roi Charles X.
On veut faire acheter ses biens par l'état et les conserver , comme si l'on voulait qu'il pût les retrouver un jour.
On ne veut pas bannir la branche aînée , mais seulement lui interdire le territoire sans prononcer de peine contre sa réapparition , et l'on semble même ne pouvoir ne décider à promulguer la loi.
On déclare même que si l'on saisit la duchesse de Berri , on la reconduira tout simplement à Holy-Rood , comme si l'on voulait Fencou rager à revenir.
Quand on a souffert qu^elle débarquât dans le Midi , qu'elle tentât d^y allumer la guerre civile, quelle traversât paisiblement la France entière , qu^elle s'établit longtemps dans la Vendée , et qu'elle vînt même , dit-on , jug- Wà Paris; on déclare, le 6 juin 4852, qu'on ne coasentira jamais à terminer ses courses et ses complots par un drame sanglant , comme si ce n'était pas l'encourager A faire couler le sang des gardes nationaux et des soldats^
comme si l'on craignait soi-même de fusilier le peuple , de mitrailler la jeunesse , de verser des flots de sang dans les rues de Paris !
Les carlistes sont ménagés , acquittés partout ; les com" pli ces de la duchesse sont remis en liberté par la cour royale d'Aix , tandis que les patriotes sont poursuivis avec fureur, condamnés, écrascs^d'amendes.
L'école Polytechnique, dissoute par la dernière ordonnance qu'a rendue Charles X , est également dissoute par Louj^-Philippe , qui prive impitoyablement de leur état de jeunes patriotes, successeurs de ceux qui ont mérité tant d'éloges, et qui, comme eux, pourraient rendre tant de services à la patrie.
On voudrait pouvoir annuler le peu d'améliorations faites à la charte le 7 août , notamment celles concernant Yinitiative accordée aux chambres comme au gouvernement, le principe électif dans la garde nationale et dans les administrations municipales et départementales.
Les lois promises , ordonnées même par la charte sur l'organisation départementale , sur l'administration des communes et des départemens , sur l'instruction primaire et publique , et sur la responsabilité des ministres et de leurs agens, sont ajournées avec affectation.
Le divorce est repoussé par Louis-Philippe comme par Louis XVill.
Le deuxième anniversaire de juillet passe sans fête , ni au Panthéon , ni à la Bastille , sans qu'on entende ni la Marseillaise, ni la Parisienne, sans que le mot révolution soit prononcé, ni dans le programme , ni ailleurs.
Mais on y marie des filles de blessés de juin avec des hlessés de juillet , et peut-être bientôt l'anniversaire de juin aura la préleTence.
Comme Charles X , Louis-Philippe se fait appeler le roi très chrétien , et essaie de se faire appeler roi de France ayant des sujets.
Il s'intitule lui-même très haut , très puissant et très excellent prince ou seigneur, et fait inscrire, dit-on, le contrat de mariage de sa fille à la suite de celui de la duchesse de Berri.
Il rétablit partout les inscriptions royales effacées en
îiiillet : Bihliathéque du roi. Jardin du roi On dira
Mentôt sans doute : V armée du roi.
Déjà Ton dit la cour a pris le deuil.
Déjà Ton commence à publier officiellement que le roi et la reine ont entendu la messe dans leur appartement, et bientôt peut-être le Moniteur annoncera chaque jour cette importante nouToUe à la France.
Où veut-on donc nous conduire?
§58. — Àhus de confiance, — Trahison envers iSTré-
volution.
Dans la chambre des représentans , à la séance du ^
£* in 4845 , lorsqu41 s'agissait de donner un successeur à apoléon^ Boulay de la Meurthe disait :
« Je vois que nous sommes entourés d'intrigans,
I» de factieux, qui voudraient faire déclarer le trône va-
» cant, afin de réussir à y placer les Bourbons Rien
TU ne pourra me détourner de dire la vérité ; je veux
» mettre le doigt sur la plaie! Il existe une faction
y d'Orléans; oui , d'après des renscignemens certains D (fournis par Foucbé) , je sais que cette faction est jm- « rement royaliste. Je sais que son but secret est d'en- » tretenir des intelligences , même parmi les patriote». » Au reste , il est douteux que le duc d'Orléans voulût » accepter la couronne, ou, s'il l'acceptait, ce ne serait » qu£ pour la restituer à Louis XVIII, »
« Je puis l'assurer positivement, » dit un autre membre.
Lors de son passage à Nancy, en juin 4854 , le maire l'ayant reçu à la porte de la ville, Louis-Philippe lui répondit :
« J'ai toujours été , comme vous le dites , dévoué
» franchement à la cause de la liberté , à tous les inté- » rets nationaux, et au maintien de nos institutions ( la « charte de 4844). Quand elles ont été violées, j'ai cru
• que mon pays avait besoin de moi, et, fidèle à sa voil, » je suis accouru pour l'empêcher de devenir la proie de
• l'anarchie. »
Le maire loi ayant dit :
« Sire , la France n a point d^arrière-pensée dans set » opini<Mi8 en faveur de la monarchie constitutionnelle « rendue à la pureté de ses principes ; et Totre coour est » trop généreux, trop français pouf accueillir des insi- » nwations dont le déplorable résultat serait de séparer m encore les intérêts du prince et ceux de la nation. »
Louis-Philippe répondit :
• Les iusinwUions que vous redoutez ne peuvent se » faire auprès de moi. Je suis trop connu pour que per- » sonne, et surtout ceux qui m'entoureut, osassent ja- » mais tenter de me séparer de ma nation , de me per- » suader qull existe pour moi d^autres intérêts que ceux j> de son bonheur, de sa liberté et de sa grandeur. On » sait que cette doctrine est contraire à celle que j'ai sou- » tenue toute ma vie ; j^ai toujours pensé qu'il n'y a de » gouvernemens solidement établis que ceux qui s'ideii^ » tifient avec les intérêts nationaux , avec la gloire et les » libertés de la nation. Lorsqu'un gouvernement s'aperw çoit qu'il ne peut plus agir conformément à ces intérêts,
» IL DEVRAIT ABDIQUER DE LUI-MEME. Voilà quels SOnt
]» mes sentimeus... Vous pouvez compter sur ma loyauté, » sur ma franchise , et sur mon entier dévouement à la » patrie. »
La Gazette et ses filles soutiennent publiquement, ei répètent tous les jours , que Louis-Philippe n'est que Ueutenant- général du royaume pendant la minorité d'Henri F» et que bientôt il descendra du trône pour laire place à son neveu , son souverain et son maître.
Défendant un journal légitimiste devant la cour d'assises de Paris, à la séance du 'l'I août, Hennequin vient de dire :
« Et ne craignez pas , Messieurs , que l'absolution que » nous sollicitons de vous inquiète le pouvoir ; notre mise » en jugement lui suffit Croyez-le bien , messieurs , si le » pouvoir nous accuse , nous qui professons des principes » dont il se rapproche chaque jour ^ c'est qu'il veut cacher j» l'amour qu'il ressent pour nos doctrines. S'il appelle » sur nous aveo assiduité des condamnations rigoureuses, » c'est qu'à ceux qui vont chercher sa pensée au fond de
» ses actes, il veut être en possibilité de répondre : « Eh! » cummont peut-on me supposer des souvenirs et des pré- » dilections de légitimité, lorsque les organes de la légi- » timité, lorsque les instrumens de la légitimité sont mis • en prison par mes soins ? »
« Telle est, Messieurs, la vérité. Oui, le pouvoir )» n attend que le moment de dire avec Sixte-Quint : Je » tiens en'ùi les clefs de saint Pierre 5 je n'ai pltis besoin » de dissimulation : qve ceux qui m'ont cru faible et ti- >» mide se détrompent, »
*^* Ce serait la plus infâme trahison!
M.iis , quand on examine tous les faits , n'est-on pas tenté de croire que Louis-Philippe ne se considère réellement que comme lieutenant-général ou régent -, qu'il n'agit' que dans rin*érêt d'Henri V, et que, après avoir volontairement suscité mille embarras, son intention est a'abdiquer, comme il l'annonçait à Nancy ?
Car si le 30 juillet , il se fût concerté avec Charles X j si, nouveau Zopire, il eût voulu se dévouer pour conser- Tcr le trône à Henri V , en empêchant la proclamation de la république , et surtout de Napoléon, aurait-il pu faire autre chose que ce qu'il a fait?
Aussi quelle confiance, quelle joie ne manifestent-ils pas , les partisans d'Henri V !
Et quand les prêtres, les carlistes , {lennequin et les Gazettes disent que Louis Philippe est d'accord avec Holy-Rood^ quand ils citent tous les faits qui l'indiquent, que de crédulités ne rencontrent-ils pas dans le pays! Que d'incertitudes au moins ne jettent-ils pas dans les esprits!
Et que de mal ne produisent pas ces apparences, ces bruits, cette crédulité et cette incertitude elle-même!
Cependant je l'admets, Louis-Philippe désire conserver le trùne pour ses enfans et pour lui, et c'est là le but de tous ses efforts.
Mais dans ce cas là même , ne veut-il pas tout simplement prendre la place de Charles X et d'Henri V , et se considérer comme roi légitime? Si ceux-ci mouraient subitement , comme vient de mourir Napoléon II , n'invoeait-il pas la légitimité ? Si , dès aujourd'hui , les car-
^l^ait
listes voulaient l'adopter , ne s'appuierait-il pas sur eux et sur tous les principes de la restauration «t de la légitimité pure? S'il était définitivement admis et appuyé par l'étranger , ou s'il par\^enait à transformer les soldats en séides, ne traiterait-il pas la liberté, la nation, les républicains , les patriotes , en un mot , le parti du mouvement , tout comme et mieux encore que pourrait le faire Charles X?
Et tout cela u' est-il pas une trahison envers la révolution de juillet ?
Si les députés , les pairs , le duc d'Orléans et le duc de Chartres , avec son régiment , s'étaient unis à Charles X et à sa garde royale, ils auraient été vaincus ou vain-' queurs : vaincus , ils auraient eu le sort de Charles X , et le peuple aurait choisi Napoléon II ou la république; vainqueurs , le peuple n'aurait eu de reproches à faire qu'à la fortune.
Mais, députés , pairs, duc d'Orléans, tous ont fini par faire cause commune avec l'insurrection : c'est au nom et sous la protection des insurgés qu'ils ont agi ; ce sont leurs intérêts qu'ils ont promis de garantir ; c'est l'ouvrage du peuple vainqueur qu'ils devaient consolider.
En éludant la souveraineté nationale , en lui substituant la restauration et la légitimité, ils ont abusé delà confiance des insurgés , filouté la victoire , escamoté la révolution et trahi celle-ci.
Car , je le demande , si les vainqueurs avaient pu deviner l'avenir, n'auraicnt-iLs pas expulsé les députés, les {)airs et le duc d'Orléans , comme ils ont expulsé ChàresX?
Us ont donc été trompés !
Oui , dans mon opinion , il y a irtûiison envers la révo^ lution , envers les combattans et les vainqueurs !
La flatterie peut le nier; mais c'est le sentiment universel.
Et l'on s'étopne de l'irritation populaire ! :.;. -. Gomme si ,. en France surtout , la déloyauté n'irritait pas plus que la violence !
wt
ri V; si les carlistes et les meneurs du juste-milieu trahissent Dour faciliter Pinvasion et la restauration, que fera Louis-Philippe? résistera-t-il à Fétanger? Ou bien, pour laisser la place à Henri V , abdiquera-t-il sous prétexte d'éviter la guerre et l'invasion?
Cette abdication ne serait-elle pas encore une horrible