‹ Révolution de 1830 et situation présente (nov. 1833): expliquées et éclairées par lesChapitre 4 sur 18 · LETTRE DE LOUIS XVI AU ROI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

LETTRE DE LOUIS XVI AU ROI DE PRUSSE

5 décembre 'l 790.

« Je Tiens de m'adresser directement à Vimpiratrice de Russie, aux rois d'Espagne et de Suède, et je leur présente Tidée d^un congrès des principales puissances de l^urope, appuyé d'une force armée, comme la meilleure mesure pour arrêter ici les factieux, donner les moyens d'établir un ordre de choses plus désirable , et empêcher que le mal qui nous travaille ne puisse gagner les autres états de l'Europe. — J'espère que votre majesté approuvera mes idées , et qu'elle me gardera le secret le plus absolu sur la démarche que je fais auprès d'elle. Elle sentira aisément que les cu'constances où je me trouve m'obligent à la plus grande circonspection. C'est ce qui fait qu'il n'y a que le baron de Breteuil qui soit instruit de mon secret. »

La reine écrit à l'empereur d'Autriche, son frère, pour le presser d'intervenir.

Celui-ci signe, à Mantoue , le 20 mai 4791, avec le comte d'Artois et le comte de Durfort , porteur des pouvoirs de Louis XVI, la promesse secrèic de faire entrer en France, sur la fin de juillet, plus de cent mille hommes , fourniB^ar tous les rois coalisés.

Le 27 juillet suivant , sur la demande de Monsieur et du comte d'Artois , l'empereur et le roi de Prusse signent ensemble le fameux traité de Pilmitz, par lequel, au nom de toutes les puissances qui ont garanti la monarchve française , ils déclarent qu'ils regardent la cause de Louis XVI comme étant leur propre cause , et menacent de faire la guerre à la France si l'assemblée ne se dissoik pas, si le roi n'est pas rétabli dans son autorité telle qu'elle était au 25 juin 4789, et s'il n'est pas libre de se rendre au milieu de ses alliés.

« Le comte d'Artois » (écrit Marie Christine,, archiduchesse d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas, à Marie-Antoinette, sa sœur) , « a fait merveilles à Pilnitz ; le roi de t Prusse s'y est montré en roi: nul doute qu) notre frère,

I» (Fempereur d'Autriche) , ne sente enfin la nécessite de » courir aui armes , et de veiûr étouffev dans son sein » cette révolte de trois ans appelée révolution. Continues » de votre côté à agir avec énergie sur votre faiblb

Page 1