LETTRE DE LOUIS XVI AU ROI DE PRUSSE
5 décembre 4 790.
<( Je viens de m'adrcsser directement à l'impératrice » de Russie, aux rois d'Espagne et de Suède, et je leur » présente l'idée d'un congres des principales puissances » de l'Europe , appuyé d'une force armée, comme la meil- » leure mesure pour arrêter ici les factieux , donner les M moyens d'établir un ordre de cboses plus désirable, et » empêcher que le mal qui nous travaille ne puisse gagner » les autres états de l'Europe. — J'espère que votre ma- » jesté approuvera mes idées, et qu'elle me gardera le n secret le plus absolu sur la démarche que je lais auprès » d'elle. Elle sentira aisément que les circonstances où jo » me trouve m'obligent à la plus grande circonspection. M C'est ce qui fait qu'il n'y a que le baron de Breteuil qui » soit instruit de mon secret. »
La reine écrit à l'empereur d'Autriche , son frère , pour le presser d'intervenir.
Celui-ci signe, àMantoue, le 20 mai 4791 , avec le comte d'Artois et le comte de Durfort , porteur des pouvoirs de Louis XT'I, la promesse secrète de faire entrer en France, sur la fin de juillet, plus de cent mille hommes , fournis par tous les rois coalisés.
Le 27 juillet suivant , sur la demande de Monsieur et du comte d'Artois , l'empereur et le roi de Prusse signent ensemble le fameux traité de Pilnitz, par lequel, au nom de toutes les puissances qui ont garanti la monarchie française , ils déclarent qu'ils regardent la cause de Louis XVI comme étant leur propre cause , et menacent de faire la guerre à la France si l'assemblée ne se dissout pas, si le roi n'est pas rétabli dans son autorité telle qu'elle était au 23 juin 4789, et s'il n'est pas libre de se rendre au milieu de ses alliés.
« Le comte d'Artois » (écrit Marie Christine, archiduchesse d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas, à Marie-Antoinette, sa sœur) , (i a fait merveilles à Pilnitz ; le roi de » Prusse s'y est montré eu roi: nul doute que notre frère,
M ( l'empereur d'Autriche ) , ne sente enfin la nécessité de » courir aux armes , et de venir étouffer dans son sein » cette révolte de trois ans appelée révolution. Continuez » de votre côté à agir avec énergie sur votre faible