‹ Révolution française (1830) (volume 2)Chapitre 14 sur 87 · Voir aox docnmeDU historiques · texte numérisé non relu

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un « revenu convenable à leur naissance et à leur rang V » Il n'y avait rien là, on le voit, qui ressemblât à une alliance expresse des monarchies constitutionnelles contre les monarchies absolues. L'idée fondamentale du traité de la triple alliance était, — on ne saurait trop le faire remarquer, — de régulariser Feutrée des Espagnols dans le Portugal; et elle n'était que cela!

Il est vrai que, pour éviter des complications faciles à prévoir, on n'avait pas jugé à propos de prévenir du traité l'Autriche, la Russie, la Prusse; mais il est à noter qu'on n'en avait pas non plus prévenu la France. M. de Talleyraud n'avait été ni appelé, ni consulté, ni sondé, ni averti ! Ce fut par hasard quil fut instruit de la négociation presqu'au moment où elle allait être ébruitée. Il lit alors des démarches pour y entrer, craignant, d'une part, que l'absence de sa signature dans un traité où figuraient trois Puissances constitutionnelles, ne trahit aux yeux de l'Europe le secret du rôle subalterne qu'il jouait à Londres, et ravi, diantre part, de Toccasion qui s'offrait à lui de faire cause commune avec la Grande-Bretagne. Lord Palmerston, le marquis de Miraflores et M. de Moraes Sarmento avaient cru pouvoir se passer de M. de Talleyraud; mais dès qu^il s'empressait auprès d'eux, ils n'avaient aucune raison sérieuse pour le repousser, d'autant que l'adhésion de la France fortifiait la cause d'Isabelle et celle de dona Maria.

Us accordèrent donc à M. de Talleyraud la faveur qu'il demandait. Sa signature qu'il offrait, fut acceptée ; le traité de la triple alliance prit le nom de traité de la quadruple alliance (22 avril 1834); et l'on y inséra un quatrième article conçu en ces termes :

<« Dans le cas où la coopération de la <c France serait jugée nécessaire par les « hautes parties contractantes pour atteindre « complètement le but du traité, sa majesté « le roi des Français s'engage à faire, à cet « égard, ce qui serait arrêté de commun

j 1. Voir aux documdnls hûto.'iques.

HISTOIRE DE DIX ANS

Entrevue de M. Dapiu «t de U. Penil. (Page 145, col. 1.) (MiniiUre des Trois jouri.)

« accord, entre elle et ses trois augustes al- « liés. »

Ainsi, la coopération de la France n'était envisagée que comme une éventualité lointaine, subordonnée à des circonstances variables et à des décisions ultérieures qu'il faudrait prendre en commun. Un engagement semblable avait te tort d'être très vague, et, comme la suite le prouvera, très compromettant; mais, en revanche, le nom de M. Talleyrand avait la gloire de figurer k c6té de lord Palmerston, au bas d'un traité décoré d'un titre pompeux.

Cependant, Rodil était entré en Portugal vers le milieu du mois d'avril (1834). Le 16 mai, il remporta la victoire d'Asseicerra, que la capitulation d'Ëvora suivit de près et qui eut pour conséquence dernière l'embarquement de don Miguel et de don Curlos. Ce

dernier serait tombé aux mains des Espagnols, sans la protection des Anglais, qui le sauvèrent. Réfugié à Londres où il trouva dans le parti aristocratique des encouragements et des secours, il ne tarda pas à en sortir furtivement, traversa incognito toute la France,' passa les Pyrénées, et, se montraàl tout à coup à ses partisans étonnés, leur rendit la confiance et l'espoir. Plus menacé que jamais, le gouvernement espagnol dut songer à étendre à l'Espagne le bénéfice du traité de la quadruple alliance . Mais, cette fois, l'Angleterre se montra extrêmement froide et réservée, car il ne s'agissait plus pour elle de protéger un royaume soumis à son influence immédiate. De son côté, le cabinet des Tuileries tremblait de s'engager dans une politique trop aventureuse. Ce ne fut doue pas sans difficulté que M. Marlinez

LOUIS BLANC

de la Rosa oblint de ces deux Puissances des articles additionnels portant : Que la première fournirait à FEspagne des secours en armes et en munitions ; et que la seconde veillerait à ce que des secours semblables ne fussent pas envoyés du territoire français , aux insurgés espagnols ^

Telle est la véritable histoire du fameux traité de la quadruple alliance. Des hommes qui n'en connaissaient même pas les clauses se prirent à en exagérer l'importance j usqu'au ridicule. A les entendre, ce n'était pas moins qu'une vaste et durable confédération des monarchies constitutionnelles dans un but vraiment européen; un contrepoids venait d'être trouvé à la sainte-alliance, à la vieille politique du Continent ; T^re de la diplomatie moderne venait de s'ouvrir. Si bien que, grâce aux commentaires de plu* sieurs gaze tiers mal informés, grâce aux hâbleries de quelques diplomates à la suite, des proportions imposantes furent données à un traité de circonstance, qui ne réglait que des intérêts passagers, et qui n avait

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