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HISTOIRE DE DIX ANS
quiétude, interrogeant d'un œil avide chaque bulletin venu de Blaye, attentif à écarter de la prisonnière toute contrariété inutile, soigneux enfin d'une santé que Tégoïsme de sa politique lui faisait paraître doublement précieuse. Mais plus sa sollicitude était active, plus les légitimistes redoublaient contre lui de violence^ affirmant que la citadelle de Blaye avait été donnée à la mère de Henri Y pour prison tout à la fois et pour tombeau. Il fallait répondre à ces accusations sans cesse renouvelées; le ministère obtint de MM. Orfila et Auvity un nouveau rapport qui, bien différent du premier, tendait à prouver la salubrité de la forteresse de Blaye^ Le premier rapport avait été signé par MM. Orfila, Auvity, Gintrac, Barthez; le second ne portait que les signatures de MM. Orfila et Auvity. Le premier avait été tenu dans Tombre; le second fut publié avec beaucoup d'empressement et d'éclat !
Mais le succès ne couronna point ces tristes supercheries d'un pouvoir qui, attaqué sans bonne foi, se défendait sans loyauté. Fier delapuissancequeleur avaient supposée, dans la séance aux aveiix^ les déclarations insensées de MM. de Broglie et Thiers, les royalistes se montraient le front haut, plus menaçants dans leur attitude, plus arrogants par leur langage qtie lorsque la duchesse de Berri conduisait au combat les bandes soulevées de l'Ouest. Le Corsaire^ feuille satirique appartenant à l'opinion républicaine, ayant fait un jour allusion aux doutes que caressait la malignité publique, le rédacteur, M. Eugène BrifTault, fut appelé en duel par un royaliste et blessé. Une nouvelle attaque fut suivie, de la part des rédacteurs du Revenant^ d'une nouvelle provocation à laquelle le Corsaire répondit, cette fois, par une énergique invocation de respect dû à la liberté d'écrire. Mais recourir contre le parti républicain à des voies d'intimidation, c'était montrer qu'on le connaissait bien peu. Composé d'hommes pleins de bravoure, de fougue et d'audace, la force