Protocole n" 25, H avril
2. Le 1" février 1831, M. Sebastiani écrivait k M. Bres- EOD la lettre suivrnte :
■ Monsieur, si, comme je reajiérc, vous n'avez pas sdc. corB comrauoiquB au gouvernement belge le protocole ■ du S7 du mois de janvier, tous tous opposerei t cetls u corn muni catioo, parce que le gouvernement du roi n'a « point adhéré à ses disposîtiona. Dans la quettion des n datte», comme dans celle de U flution de l'itendMt tt V dea limites des territoires belge et hollandais, nous Il .avons entendu que le concours et le consentement libra Il des deux Etats étaient Décessaires. La GonfêreiiM de
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Ainsi humiliée, robutée et trompée, la. Belgique avait fini par se détacher de ]a France, pour se rapprocher de l'Angleterre. Etalera, gr&ce au victorieux ascendant des Anglais sur la Conférence, la Belgique n'avait trouvé que des soutiens dans ses ennemis de la veille.
Le triomphe de l'inâuence anglaise fut tel qu'on en vint bientôt à regarder un prince anglais, Léopold de Saxe-Gobourg, cooune le seul souverain possible de la Belgique. Et, pour précipiter son élection, la Conférence rédigea le fameux protocole connu sous lo nom de Traité des 18 articles.
Ce protocole était aussi favorable & la Belgique que ceux des 20 et 27 janvier lui étaient funestes. Les cinq Puissances décidaient, cette fois, que la question du Luxembourg était distincte de la question bollandobelge, et que, durant le litige, les Belges garderaient le Grand-Duché qu'ils occupaient. Les cinq Cours assuraient en outre à la Belgique toutes les garanties qui lui faisaient désirer la possession de la rive gauche de l'Escaut. Il était spécifié que la Belgique aurait droit, dans la ville de Maëstricht, à la part de souveraineté qui, en 1790, n'appartenait pas à la Hollande. Enfin, le principe du partage des dettes, d'après leur origine, était formellement adopté.
La Conférence ne pouvait pas renier plus
u Londres est xxae in^diali • qu'elle n'en perde jamais Il Agréez, etc.
: Horace Skhastiini. •
Celle lettre, communiquée au Congrès pendant qu'il discutait les deux candidatures rivales du dnc de Nemoura et du [lue (le Leuclitemberg, coatribua ï faire tomber la seconde.
Le danger dynastique passé, Toici «d quels terme* le goureraerneal, dans le protocole du i~i avril, u* 31, adhéra au protocole du 26 Janvier, doni celui du TI n'éiait que le complément Bnancier :
" Le pléniiiotentiaire français déclare offidellenieDl, « d'ordre exprès du roi son majlre :
> Que la France adhère au protocole du SOjauTier 1631;
• qu'elle approuTO entièremeot les limites indiqitéei ' dans cet acte pour la Belgique ; qu'elle ne reconnaîtra > le sonTeraÎD de U Bdgique qu'autant qu'il aura pleiue-
• ment accédé k toutes les eouditious et claoaes du proto- ■ cole fondamental du !D janvier 1831. »
Cela s'appelle de l'habileté I
complètement son' œuvre; elle ne pouvait pas renverser d'une manière plus brulale les bases posées par elle même dans les protocoles des 20 et 27 janvier, et par elles déclarées deux fois irrévocables.
Mais la Conférence mettait une condition & ses largesses : l'élection du prince Léopold. La volonté de l'Angleterre fut faite : le 4 juin, Léopold était proclamé roi des Belges. Parmi ceux qui votèrent contre )t>
candidat de la Conférence, nous devons citer M. Frison, qui motiva son vote en ces termes : a Je refuse mon vote au prince de « Saxe-Cobourg,,,,. parce que ce prince ne A peut accepter qu'aux conditions imposées « par les protocoles ; parce qu'il est hostile. Il je ne dis pas au gouvernement français, i( mais & la France, et que je regarde toute « combinaison an ti -française , comme un K malheurpour mon pays. » Le traité des 18 articles n'avait pas, du reste, trouvé k Bruxelles un accueil favorable, et avait fourni matière, dans le Congrès, à une discussion très brillante et très animée.
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Du rapide exposé que nous venons de faire , résultent les deux grands faits que voici :
Tant que Tinfluence française se maintient à Bruxelles, la Conférence se montre systématiquement hostile à la Belgique et travaille à la rendre petite et faible. .
Le jour où Tinfluence anglaise prévaut à Bruxelles, la Conférence change brusquement de politique, n'hésite pas à donner à ses propres affirmations un démenti éclatant, et ne songe plus qu'à fortifier la Belgique, en haine de la France.
Le rôle de M. de Talleyrand à Londres fut donc d'une msignifianco parfaite. II signa des protocoles qui aiïaiblissaient la Belgique quand elle nous tendait les bras, et il en signa d'autres qui la rendaient forte au moment même où elle se séparait de nous.
Et quel motif forçait si impérieusement l'ambassadeur français à cet inconcevable abandon de tous les intérêts de son pays? Lorsqu'il fut question de fortifier la Belgique contre nous, ne pouvait-il pas dire :
En repoussant la Belgique qui s'offrait, et en refusant la couronne votée pour le fils de Louis-Philippe, le gouvernement français a donné une preuve incontestable de modération. Nous demandons que l'Europe en convienne. Dans les protocoles du 20 et du 27 janvier, la Conférence a voulu rendre la Belgique petite et faible. Elle l'a voulu à tort ou à raison ; mais enfin elle a. sur ce point, déclaré sa volonté immuable. Elle ne saurait aujourd'hui revenir sur cette déclaration sans mentir à l'Europe dont elle a la prétention de fixer les destins. Que s'estil donc passé, depuis le 20 janvier, qui ait pu rendre subitement inégal et funeste ce qui alors était reconnu juste et utile? Si vous ne vous êtes rapprochés de la Belgique que parce que la Belgique s^est éloignée de nous, vous voilà forcés de reconnaître que le lien qui vous rassemble ici est dans votre commune haine pour la France ; que le respect des droits acquis, que la foi des traités, sont des prétextes dont se couvrent la terreur qui vous arme contre nous et les longs
ressentiments que nous vous avons inspirés. Eh bien, s'il en est ainsi, souffrez que nous ne vous aidions pas dans l'isuvre de notre propre ruine. Au sein du Congrès de Vienne, la France, vaincue, avait peut-être à subir la loi du plus fort. Dans la ConférenM de Londres, la France ne vient pas figurer, Dieu merci, en expiation de ses revers, et elle tient dans sa main, ne l'oubliez pas, cette clef de l'outre des tempêtes dont parlait Canning.
A un pareil discours qu'auraient pu répondre les diplomates étrangers ? Il fallait que les directeurs de la politique française fussent des hommes bien médiocres pour ne pas comprendre que si la dynastie de Louis- Philippe avait des raisons pour craindre la guerre, les Puissances étrangères en avaient de bien plus pressantes encore pour la craindre et pour l'éviter. Les représentants du Palais-Royal, s'ils eussent été doués de quelque intelligence, n'auraient-ils pu tirer parti de la frayeur de nos ennemis, comme nos ennemis surent tirer parti de la frayeur qu* éprouvaient les Français partisans de la dynastie nouvelle ?
Renoncer à cette haute et généreuse politique qui aurait pour jamais cimenté l'union de la France et de la Belgique, était assurément quelque chose de misérable ; mais la politique de l'égoïsme dynastique une fois adoptée, il eût été facile de la rendre moins ruineuse.
En effet, après l'élection du duc de Nemours, annulée par le refus du roi des Français, la Belgique n'avait pas cessé d'être un grand embarras européen. Il fut sérieusement question, alors, de la partager.
D'après le plan proposé, la France aurait obtenu la partie méridionale de ce pays, dont la partie septentrionale aurait été rendue à la Hollande ; la Prusse aurait pris pied sur les deux rives de la Meuse et de la Moselle, et Anvers aurait été livré à l'Angleterre. L'empereur de Russie, nous sommes en droit de l'affirmer, se prêtait volontiers à la réalisation de ce plan, auquel applaudissait le duc de Mortemart. Nicolas était bien
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aise de détoarner, du côté des Pays-Bas, Tambition de la Francei qui. dans cette hypothèse, n'aurait plus menacé que les Anglais. Quant à TAutriche, dont la haine des révolutions absorbait toutes les pensées, elle aurait vu sans déplaisir les Belges châtiés de leur récente insurrection.
Encore une fois, il eût été peu digne du génie de la nation française d'accepter une part dans les bénéfices d'une spoliation semblable. Mais, au point de vue égoïste de ceux qui nous gouvernaient, cette politique aurait eu, du moins, les apparences de l'habileté, car on offrait par là un aliment à l'humeur inquiète du peuple français ; on consolait la France de ses revers de 1818, en modifiant, à son profit, les traités de Vienne, et l'on déconcertait l'enthousiasme belliqueux de l'Opposition.
Rien de tout cela ne fut compris par le Cabinet du Palais-Royal. Sa politique, dénuée de courage et de générosité, le fut encore plus d'intelligence. Elle laissa lord Ponsomby machiner tout à son aise en Belgique
des conspirations orangistes, sans autre but que de pousser la Belgique aux bras des Anglais; elle le laissa flatter et menacer le Congrès tour à tour pour le détacher de nous, mission dont le succès devait nous couvrir de confusion; enfin, après avoir forcé Louis-Philippe à refuser, pour son fils, une couronne qu'il désirait cependant avec ardeur, elle dépouilla la dynastie qu'une révolution immortelle venait de créer, nonseulement de toute popularité en France mais encore de toute autorité morale en Europe.
Pour ce qui est de M. de Tallejrrand, là vérité est qu'il fut insuffisant et subalterne ; que ses collègues de la Conférence se servirent de sa réputation contre lui-même, le soumirent à leurs dessins en paraissant charmés de ses bons mots, et se jouèrent de lui comme d'un enfant. Enseignement grave, et qui montre qu'une politique manque toujours d'habileté, qui manque d'élévation et de droiture !
LOUIS BLANC
Attente générale, — Discours da la courooae. — Lutte derniire entre U, Larflite et M. Casimir rèrier. — Les a!»ertiona dn discours de la couronne (tëmenties dam le Parlement anglais. — Mensonge ds l'alliance anglaJM : outmgei k 1« France. — Nota du 19 avril 1831 publiée : eenGation dan* le public. — Scina préparée à la Chambre des Pain. — Aaniversaire delà révolution; fausse nouvelle répandue; explosion da eeutimeut national. - lalerveulion d'nna armée française en Belgique: caractère de cette inlervenlion ; ea moralité; ses résultats.— Courageuse attitude dq roi de Hollande via-k-vis des cinq grandes Coure; il maiolient U paix à son profit en n'ajant pas peur de la guerre. — Évacuation de la Belgique par l'armée française tur l'ordre d« la Conférence; le lion de Waterloo louioure debont. — Scandales financiers, marchés fameux.
Oq touchait en France à uo moment solennel. Un débat d'une portée immense allait s'ouvrir, peul-élre. La Pologne aux abois et menaçant d'entraîner dans sa chute
M. de Xesselrode. (nSC-lSeS.)
la vieille prépondérance de l'Occident; la papaulé .'omise violemment en possesion de sa souveraineté temporelle (it redevenue par là complice de toules les tyrauulcs terrestres; quatre Puissances s'ingéniant pour refaire, au déli'imeut d'une seule, l'équilibre eu-
ropéen dérangé par la Belgique affranchie ; la Francti enfin laissant flotter aux mains de quelques hommes orgueilleux et impuissants ta tutelle du monde agité : voiI& quels intérêts se trouvaient en jeu et sur quelles questions îl s'agissait de prononcer.
Aubsi jamais assemblée nouvelle ne parut sur la scène au milieu d'une attente pins formidable et de pareils soucis. Il ne fallait pas de médiocres passions pour une aussi grande querelle.
A la préoccupation des choses du dehors se joignait, d'ailleurs, dans tous les esprits, l'impatience de voir résoudre ce périlleux problème posé devant la nation : l'hérédité de la pairie doit-elle être maintenue?
N'accorder qu'au chef de l'Élat le privilège de l'hérédité politique, c'était évidemment isoler la monarchie, lui retirer ses appuis naturels, et, en lui créant, au faite de la société, une situation tout exceptionnelle, la condamner à une vie précaire, toujours menaçante ou toujours menacée. Mais, dans ce dernier coup porté k la féodalité, dans cette dernière humiliation infligée à une aristocratie expirante, dans cet abdssemont de la royauté qu'on allait réduire à ne plus exister que par gr&ce, il y avait quelque chose de singulièrement flatteur pour l'orgueil de la classe dominante. L'abolition do l'hérédité de la pairie était donc devenue, dans un grand nombre de collèges électoraux, l'objet d'un mandat impératif, et la
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bourgeoisie mettait un emportement extraordinaire & demander ce que, dans BOn ig^norance, elle regardait comme le complément de sa victoire.
Le 23 juillet, le roi se rendit au Palais- Bourbon. Les membres de la pairie s'y étaient modestement réunis aux communes.
Le temps était donc passé où les séances royales se tenaient au Luxembourg, sinon au Louvre.
Fouo di BorgQ. (176i-ISU.)
L'entrée du roi dans l'enceinte législative fut saluée par des acclamations ; mais lorsque, contrairement aux usages, un hérautt cria : « La reine I » on fit silence dans cette assemblée de bourgeois ombrageux.
Le discours du roi fut remarquable par un certain ton de hauteur qui révélait la présence de Casimir Périer aux afTaires. L'opinion républicaine était insultée dans ce discours. L'étendue de la misëre publique y était constatée, sans autre embarras que celui d'une froide admiration pour la pa-
lieoce du peuple. Quant aux événements extérieurs, la harangue annonçait que le royaume des Pays-Bas, tel qu'il existait en 18] 5, avait cessé d'exister; que les places élevées, non pour proté'ger la Belgique, mais pour menacer la France, seraient démolies ; qu'au Midi, nos vaisseaux avaient forcé l'entrée du Tage, et que le drapeau tricolore flottait sous les murs de Lisbonne. Mais ces nouvelles étaient suivies d'un paragraphe décourageant et lugubre : «Âpres avoir offert « ma médiation en faveur delà Pologne, di- « sait le roi, j'ai provoqué celle des autres <i puisances, » laissant voir par \k que la médiation offerte avait été repoussée. Du reste, pas un mot d'espoir pour la malheureuse Pologne. Le gouvernement se contentait de reconnaître que le courage des Polonais avait réveillé les vieilles afTections de la France, et il rappelait que la nationalité de la Pologne avait résisté au temps et à ses vicissitudes.
On observa que pendant que le roi parlait, Casimir Périer suivait sur un manuscrit la lecture du discours convenu. Vérification publique dont l'inconvenance attestait le déclin du principe monarchique.
Quoi qu'il en soit, le discours royal fut favorablement accueilli dans l'assemblée et au dehors. L'ambassadeur de Russie, M. Pozzo di Borgo, n'avait pas assisté à la séance avec les autres membres du corps diplomatique. Et cette absence, concertée ou non, servait le ministère. Mais, le soir même de la séance, une nouvelle semée dans Paris vint faire diversion aux commentaires politiques. On apprit que, revenant d'Angleterre avec la baronne de Feuchëres, sa lante, M. de Flassans, à Calais, avait été frappé de mort subite. Cet accident, qui n'avait en lui même aucune importance, produisit cependant une sensation profonde, soit, par l'issue qu'il ouvrait aux investigations de la curiosité, soit par l'aliment offert aux interprétations cruelles de l'esprit de parti.
Il fallait nommer le président de la Chambre. L'opposition iixa son choix sur M. Laffitte. Membre de l'ancien Cabinet, son
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triomphe aurait écrasé ses successeurs.
Casimir Périer le comprit, et, comptant sur le besoin que la bourgeoisie avait de ses emportements, il déclara que la nomination de M. Laffitte serait le signal de la dissolution du ministère.
L'Opposition redoubla d'efforts, et la guerre déclarée à Casimir Périer par les journaux de la gauche fut poussée avec une étonnante vigueur. Ils firent observer que le discours de la Couronne s'était bien gardé de spécifier les places qui,' en Belgique, devaient être démolies, ce qui réduisait à une équivoque sans dignité une promesse fastueuse; ils insistèrent sur la faiblesse de don Miguel, possesseur provisoire d'un trône contesté, souverain d'un royaume secondaire, prince isolé en Europe ; et rapprochant avec amertume l'entrée de nos vaisseaux dans le Tage, de Fabandon de cette Pologne dont on glorifiait l'héroïsme, mais dont on n'osait pas reconnaître la nationalité, ils accusèrent le ministère du 13 mars de n'avoir montré de la fermeté que là où n'était pas le péril, et d'avoir couvert sa pusillanimité par son arrogance.
En même temps arrivais à Paris le compterendu des séances du Parlement anglais*, séances qui donnaient au discours de la Couronne d'inexorables démentis. Interpellé par lord Aberdeen sur le projet de destruction de forteresses « qui avaient eu pour objet, « dit lord Aberdeen, non-seulement de déc( fendre les Pays-Bas, mais de cofitentr la « France, » lord Grey, chef du ministère anglais, avait répondu que « la chose était « encore en discussion ; que, dans un pro- « tocole dont la France avait été exclue « pour des raisons évidentes, » il avait été convenu, à la vérité, qu'une partie des forteresses serait démantelée, mais que, dans ce môme protocole, les Quatre Puissances s'étaient réservé le droit « de décider lesquelles seraient démantelées. » Et à cette réponse, si injurieuse pour la France, lord Wellington avait ajouté ces mots, plus in-
i. Sôance du 27 juillet 1831.
jurieux encore : « Je vois avec plaisir que « quatre Puissances seulement ont concouru « à l'arrangement, et que la France a été « exclue des délibérations. Je regrette que « le noble comte n'ait point d'explications « à donner au sujet du Portugal. J'avoue que « je me suis senti humilié, quandj'aisu que (( le drapeau tricolore flottait sous les murs « de Lisbonne. » (Applaudissements prolongés dans le Parlement.)
De telles paroles mettaient à nu tout le mensonge de Talliance anglaise. Le sentiment national se souleva contre un pouvoir qui savait si peu faire respecter la France et se faire respecter lui-même. Une circulaire, adressée par les représentants des grandes Puissances aux consuls de leurs nations respectives dans l'Etat de TÉglise, fut publiée à la même époque parla Gazette d'Augsbourg, et mit le comble à la douleur dont toute la partie saine du peuple français était pénétrée. La circulaire portait : « Les représen- « tants desPuis^ances ont jugé convenable de « témoignera sa Sainteté le vif intérêt que « leurs Cours respectives prennent au mainte lieti de la tranquillité publique dans les « Etats de l'Eglise : senJdments qui ont été <( déjà eapriméspar le (jouvemetnent français « dans une note de son envoyé à liome^ le « 19 avril de cette année^,ri Le gouvernement français n'avait donc pas craint, au plus fort des vengeances pontificales, de se joindre aux autres Cours pour condamner ces malheureux patriotes italiens qui ne s'étaient insurgés, pourtant, qu'à l'exemple de la France, sur la foi de ses déclarations, et, pendant quelque temps, avec son concours! Ce fut sur ces entrefaites que M. de Sémonville, grand référendaire, eut Tidée d'étaler dans l'enceinte de la pairie les drapeaux pris à Ulm par l'armée française en 1803, et cachés jusqu'alors dans un secret et inviolable asile. Le jour où se fit cette exhibition inattendue, le fils aîné du roi était à son banc de pair : « Prince, lui dit M. de « Sémonville, à vous désormais le droit de