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Ce café n'existe plus

HISTOIIIE DE DIX ANS

Planche-Mibray et des Arcis. Or, pour vaincre rinsurrectioD ainsi refoulée dans deux quartiers, le gouvernement s'épuisait en e^iïorts prodigieux. Dès six heures du matin, la place Louis XV était encombrée par l'artillerie ; deux bataillons accouraient de Saint- Cloud pour se joindre à ceux dont la capitale était inondée; enfin, un régiment d'infaQterie et trois régiments de cavalerie entraient à Paris, venant de Versailles et traînant du canon.

Mais tout cela ne suffisait pas encore pour rassurer entièrement la Cour. Les Tuileries avaient à peu près le même aspect que la veille. On y comptait les hommes marquants qui étaient venus ofTrir leurs services , et il régnait sur le visage des personnes présentes je ne sais quel air de contrainte. Quand on fut pour distribuer les commandements des diverses brigades, la plupart des chefs se trouvaient absents. Ud général, connu pour son énergie, le général Ëxcelmans, refusa de servir sous les ordres du général Pajol, son égal, regardant l'invitation qu'on lui adressait à cet égard comme une insulte à ses épaulettes ; et entre lui et le maréchal Soult, il s'éleva, dans la galerie de Diane, une altercation très-vive, dont la famille royale put entendre les éclats. Le roi montrait beaucoup de sérénité. Rompu à l'art de veiller sur lui -même, il apportait une aisance parfaite dans ses manières et dans ses discours, soit qu'il voulût répandre autour de lui la conliance, soit qu'il comprit que la révolte touchait à sa Qn. L'incendie, néanmoins, pouvait à tout instant se rallumer. Dans cette même matinée, M. Uarchais passant sous les fenêtres du maréchal Lobau : « Ëh bien, lui cria ce dernier, d'un ton moi- M lié plaisant, moitié sérieux, de vous ou « de nous, qui s'en va? »

Les députés de l'Opposition s'étaient, dans l'intervalle, réunis chez M. LafQtte, et l'on y délibérait sous l'empire de la colère ou de la peur. La plupart de ces hommes pusillanimes avaient pftli au seul nom de la république, et déjà devant eux s'étaient dressés tous les noirs fantômes, eiïroi de leur sou-

venir. Mais, gi&ce au ciel! ils n'entendaient plus que les derniers cris de la révolte expirante, et furieux de leur frayeur désormais évanouie, ils disaient : « Que tardons-nous 7 le moment est venu pour chacun d'exprimer tout haut sa pensée. Plus de milieu de possible entre adopter l'insurrection et rompre avec elle. Détournons de nous une solidarité fatale, et qu'une solennelle manifestalion témoigne de notre éloignement pour les

Le maricb*! Clauiel. {lTi2-lM2.)

fauteurs de l'insurrection, pour leurs actes, pour leurs doctrines. » Mais cette opinion trouva dans l'assemblée des contradicteurs énergiques. Convenait-il aux auteurs de It loi de s'armer du réquisitoire? Et dans quel moment! Ëtait-ce donc lorsque le sang versé fumait encore, lorsque tous les esprits étaient en fermentation et que la moindre étincelle y pouvait porter l'embrasement; était-ce au bruit de la fusillade, qu'il fallait fulminer l'arrêt des insurgés? Vainqueurs, l'histoire seule les auraient jugés -, vaincus, l'excès de leur malheur était là pour les sauver de l'insulte. Ce fut l'avis des plus généreux, de U. de Bryas entre autres. M. de

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