PAR LA GRACE DE DIEU ROI DE FRANCE ET DE NAVARRE
MORT A OORiTt LE ft NOVEMBRE 1850,
ÂGÉ DK 7U ANS BT 28 JOUR».
Toutes les maisons régnantes de l'Europe prirent le deuil d'étiquette, une seule exceptée: la maison d'Orléans.
Telle fut la fin de Charles X, de ce prince si diversement éprouvé. En songeant de quelle source étaient venues ses fautes et à quelle expiation Dieu l'avait condamné, les âmes gé* néreuses s'abstinrent de rappeler combien fu* neste avait été son royal passage à travers la France. Dans l'humiliation de ses cheveux blancs, dans les misères de sa vieillesse en peine d*un abri tranquille, dans ce qu'avaient eu de morne et de poignant ses adieux à la terre, quelques-uns ne virent que les suites naturelles de la victoire remportée par la ré* volution sur les rois; et ceux-là mêmes furent touchés d'une si yraûde infortune.
RÉVOLUTION PHANÇAiSb.
Pourtant, qu* est-ce que cela en comparaison de la longue agonie des peuples, perpétuée de siècle en siècle? Et quels autres trésors de compassion Tbistoire ne devrait-elle pas amasser pour ce qu'il faut de pleurs aux querelles où Ton se dispute un trône, et pour tant de nations broyées sous la roue des rois qui viennent ou des rois qui s*en vont, et pour tant de races incessamment sacrifiées à un petit nombre d'hommes , à leurs débats personnels, à leurs caprices, à leurs cruels plaisirs, à leur orgueil qui ne connaît point la pitié? Après tout, rémotion passée, il faut que la leçon reste. Et c'est une puissante, une mélancolique démonstration du déclin des monarchies, que la série des tragiques vicissitudes qui ont
rempli soixante ans : la prison du Temple et Louis XVI sur un écbafaud; la mort de Louis XVII, étrange, inexpliquée; tous ces fils, frères ou neveux de rois, courant eiEirés sur les chemins de l'Europe et allant mendier à la porte des républiques; les Cosaques venant renverser l'empire sur des chevaux marqués aux flancs de l'N impériale; l'Ile d'Elbe^ Sainte-Hélène; le fils de la duchesse de Berri élevé dans l'exil ; le fils de Napoléon ensevdi par des mains autrichiennes; Louis Bonaparte voguant vers l'Amérique sous le poids d'une défaite; et, au fond d'une contrée lointaine, dans je ne sais quelle église sans nom, le Requiem chanté autourdn cercueil de CharlesX par des moines étrangers.