‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 100 sur 182 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

NOmittAtion dd général fiageâtid aa goaTernemeiii de rAlgériê. •— ditaation d'Abd-el-Kader. — Première eipédition da général Bugeaod^ Succès dans TEst. — L*Émir repoussé gagne les frontières du Maroc. Grave dissension entre FAngleterre et les États-Unis. — Affaire Mac Léod. — Désastres daas TAfghanistan. — Guerre de la Chkie.; stériles tietoires. ^^ Déficit du budget. — Réformes flliancières de Sir Robert Peel. — Affaires d*Espagne« — Espartero appelé à la régence définitive. — Ses complaisances pour l'Angleterre. -* Soulèvement des provinces du Nord. — Conspiration à Madrid. — O'botltiell et t)iégo-Léoti. *-* llépfession de Tiusurrection.

L'occupation définitive de l'Algérie avait été si longtemps mise en doute par de maladroites oppositions à la chambre, par les réponses équivoques du gouvernement français, chaque fois que l'Angleterre lui avait adressé des sommations directes, et, il faut le dire, par les vices de système d'une guerre entreprise sans plan, sans suite, sans ensemble, que Ton s*inquiétait généralement de savoir quelle était à cet égard la véritable pensée des Tuileries. Là vetiue du 29 octobre avait accru les méfiances, et tout ce, qu*on voyait d'un ministère décidé à regagner les bonnes grâces dé Saint-Jàmes, entretenait les craintes et multi-

pliait les soupçons. Son premier acte, en ce qui concernait la colonie, sembla les justifier. Dans les premiers jours de janvier, le maréchal Valée était remplacé par le général Bugeaud ; et ce choix d'un homme que Ton supposait avoir les secrètes pensées du château, fut accueilli par beaucoup de monde comme un premier pas vers l'abandon du pays. Les radicaux le croyaient sincèrement et le disaient. Les faits, il est vrai, démentirent leurs pressentiments : mais nous devons constater les impressions du moment. L'affaire des lettres vint leur donner une nouvelle force; cet immense scandale, si mal apaisé par les ministres, frappait la royauté de suspicion et avait ébranlé la confiance même chez les monarchistes dévoués. La couronne compromise n'avait ,plus qu'un argument pour se réhabiliter : c'était le développement bien suivi de nos conquêtes en Afrique. La valeur de nos soldats ne lui fit pas défaut.

La prise de Cherchell, Milianah et Médéah formait un commencement d'occupation régulière. Mais ces postes éloignés étaient sans cesse exposés aux attaques des Arabes qui reparaissaient en armes aussitôt que les grands corps expéditionnaires se repliaient sur le centre. Les garnisous se maintenaient avec vigueur; mais les inquiétudes, les embarras, les difficultés des communications, et les périls des convois restaient toujours les mêmes. Le général Bugeaud, bien convaincu que les combats les plus glorieux seraient constamment stériles, si l'on ne prenait sur tous les points du territoire une vigoureuse offensive, avait résolu de poursuivre les Arabes à outrance, de porter la guerre au sein même des tribus, d'attaquer le lion dans son antre, enfin de ne laisser à l'ennemi ni trêve ni relâche

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