‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 99 sur 182 · CHAPITRE \\U · texte numérisé non relu

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agents du miDistëre et remplacés par autant de noms dévoués à la politique ministérielle. Parmi eux se trouvaient environ quatre cents fonctionnaires publics. Pour obtenir cette liste modèle, le bureau des élections delà préfecture de la Seine avait été entièrement remanié et le nouveau bureau surveillé dans ses opérations par les agents ministériels employés dans les élections de la garde nationale. C'est ainsi que M. Martin (du Nord) s'apprêtait aux luttes judiciaires de 1842, par de lâches détours 'qui faisaient du jury un mensonge, de la justice une arme politique , de toutes les garanties de droit un piège. Chaque jour le ministère se déconsidérait par des expédients que n'aurait pu avouer la morale la plus vulgaire. Démolisseur hypocrite des institutions qu*il avait en garde, contempteur effronté de la probité politique, violent et rusé,, poltron et implacable, recourant à l'arbitraire pour combattre les factions, et faisant du gouvernement luimême une faction et de tous ses agents des conspirateurs.

La lettre du procureur-général de Riom est le témoignage officiel des flétrissures de cette époque ; la dénomination des jurés probes et libres devint une locution proverbiale pour signaler la servilité, la corruption et les lâches complaisances.

L'ensemble de l'adresse fut adopté par 240 voix contre 156. Mais que d'échecs avait subis le ministère I Quelles cruelles leçons il avait reçues, depuis les défaites de M. Guizot jusqu'aux mésaventures de M. Martin (du Nord) ! Battu sur les questions extérieures, plus maltraité encore pour sa politique intérieure de violence et d'intimidation, le cabinet du 29 octobre s'épouvantait aux indocilités de II. 13

%Qt HlSTOtHE DE HUIT ANS.

la chambre, et prit dès lors la résolutioil de recourir à une nouvelle lé^slature, en préeipitant les débats d*uné session écourtée.

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