‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 130 sur 182 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

en présence de la reine, et offrit tous les moyens possibles de vérification.

Cependant un nouveau ministère était formé. Les christinos^ n'osant encore porter un des leurs à la direction du cabinet, Toffrirent à un progressiste médiocre, H. Gonzalès Bravo, qui, après s'être fait remarquer comme avocat et journaliste par l'exaltation de ses opinions, s'était subitement rapproché de la cour, prêt à livrer ses anciens amis pour se faire pardonner. C'était à Olozaga qu'il devait sa position politique ; il lui prouva sa reconnaissance en se faisant son accusateur le plus acharné.

La majorité de la chambre accepta ou feignit d' accepter avec la même crédulité que le vulgaire le récit officiel des outrages ministériels. Olozaga, s'y étant présenté, fut accueilli avec des cris de fureur. Les uns demandaient son expulsion, les autres son arrestation, d'autres le signalaient aux poignards des assassins. Il résista courageusement aux premiers orages ; mais sachant sa vie menacée, il se retira en Portugal. C'est tout ce que demandaient ses ennemis ; et comme pour mieux démontrer eux-mêmes la ^fabsseté de leurs assertions, ils ne donnèrent aucune suite à un décret d'accusation voté par la chambre.

Cette première victoire fut suivie du rappel de Marie- Christine. Une députation, officiellement envoyée à Paris, vint lui faire réparation et la supplier de bâter son retour en Espagne. Au même moment, M. Gonzalès Bravo, après avoir, par un décret du 27 décembre, suspendu la session des çortès, rétablissait, par ordonnance, la loi des ayuntamientos, qui avait été la cause immédiate de la chute de Marie-Christine. On ne pouvait plus galamment inaugurer son retour*

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