‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 132 sur 182 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Affaires d'Afrique. — Prise de U Smalah d'Abd-el-Kader. — Voyage da dac de Nemoars. — Sa réception aa Mans. — Visite de la reioe d'Angleterre an roi de France. — Le duc de Bordeaux à Londres. •^ Le dtt« de Nemours 8*y rend aussi. «^ Pèlerinage k Belgrave- Square. -^ ÉmoiioB an chAteau. •*- Intrigues de la petite cour de Belgrart'-Square, — Les deux camps légitimistes. — MM. Berryer et de Larochejacquelein. — Tahiti et la reine Pomaré. — Intrigaes des Anglàii. — Le eottsûl Pritchard. — Prise de possession des ttes de U SoeiéU ^ l'ataiiral Dapetit-Theuars.

Louis-^Philipp6, si soudainement frappé dans sa famille, s'attachait à la raffermir par de nouvelles alliances, et à prendre toutes ses précautions contre les chances de Tavenip. Le mariage de sa fille, la princesse Clémentine, célébré le 40 avril, avec le prince Auguste de Baxe-Cobourg, était une satisfaction paternelle ; celui du prince de Joinville, avec la sœur de Tempereur du Brésil, accompli le 7 mai, était un acte politique. On pouvait espérer que Tinfluence de la France s'accroîtrait dans le Brésil, et que des relations de commerce plus avantageuses allaient s'établir entre elle et l'Amérique méridionale.

Une autre consolation glorieuse était au même moment

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réservée à. Louis-Philippe. Son fils, le duc d*AumaIe, avait eu la bonne fortune de rencontrer la Smalah d'Abd-el-Kader (familles, tentes, troupeaux), et de Tenlever par une brillante attaque de cavalerie.

Depuis que les Français établis à Mascara et à Tlemcen avaient porté le fer et le feu au sein de la grande tribu des Hachems, la puissance d*Ab-el-Kader n'avait plus de centre, plus d'unité. On peut même ajouter qu'avec la dispersion de cette tribu, la nationalité arabe avait cessé d'exister ; ou du moins elle était tellement réduite, qu'elle n'avait plus de ressource que dans une guerre de partisans.

Âbd-el-Kader cependant entra résolument dans cette nouvelle phase de la lutte. Revenant à petit bruit sur le territoire français, se glissant dans les montagnes, au milieu des tribus mal soumises, relevant leur courage et réveillant leurs haines, il se revit bientôt entouré de compagnons nombreux, reprit ouvertement les hostilités, jeta la terreur dans les provinces de l'ouest, sur toute la ligne de Cherchell à Hilianah, et répandit l'inquiétude jusqu'aux portes d'Alger. Il fallut reprendre la campagne contre un ennemi que l'on croyait abattu, lancer des colonnes mobiles dans toutes les directions, et multiplier les expéditions pour frapper sur tous les points à la fois. Il y avait, il est vrai, plus de fatigues à supporter que de périls à craindre, plus de marches que de combats, souvent au milieu des pluies et des tempêtes. Mais l'armée ne se découragea pas, et après deux mois de courses et d'escarmouches, Abd-el-Kader, battu dans tous les engagements, fut rejeté dans les montagnes de l'Ouarensenis, ne laissant aux tribus qui l'avaient secondé, d'autre alternative qu'une prompte soumission. La prise de la Smalah avait surtout agi profondément sur l'imagination deces

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