‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 133 sur 182 · CHAPITRE XIII. 3S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. 3S

peuplades, toujours promptes à se soumettre aux décisions de la fortune, et à. prendre un échec pour un mauvais présage. Ce fut le 16 mai que s'accomplit ce brillant fait d'armes. L'émir était depuis quelques jours cerné de plusieurs côtés ; les deux colonnes de Hédéah et de Mascara étaient sur ses traces, le général Lamoricière le serrait de près, tandis qu'une autre division, partie de Boghar sous la conduite du duc d'Aumale, cherchait à le rejoindre. Fuyant de l'un à l'autre, Abd-el-Kader espérait leur échapper en gagnant les montagnes appelées Djebel-Âmour, lorsque le duc d'Aumale fut informé que cet insaisissable adversaire était campé non loin de lui à la source de Taguin. Le prince n'était suivi en ce moment que de SOO chevaux ; les ennemis étaient dix fois plus nombreux. Mais-si l'on attendait l'infanterie, l'émir avait le temps de s'échapper. Confiant dans la valeur de ses soldats, le duc d'Aumale s'élança au galop et arriva au milieu des tentes, malgré la résistance désespérée de l'infanterie régulière de l'émir. Tout fut culbuté sous la charge impétueuse des spahis et des chasseurs. Abd-el-Kader eut à peine le temps de monter à cheval, et de s'enfuir au milieu de quelques cavaliers d'élite. Sa mère et sa femme n'échappèrent que par miracle ; un nombre considérable de personnes de sa famille, des femmes et des filles de ses principaux lieutenants, et divers personnages appartenant à son administration, tombèrent entre les mains des Français. Des populations considérables, appartenant surtout à la tribu des Hachems, furent emmenées prisonnières ; les tentes, quatre drapeaux et un butin immense, furent les trophées de cette victoire. La soumission de toutes les tribus environnantes en fut le premier résultat.

Pendant quelque temps on perd les traces de l'émir,

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mais bientôt on l6 retrouve au sud-^ouest de Tlemcen, aptant encore les populations du Tell, et prêt à opérer sa jonction avec Sidi-Embareck, le plus actif de ses lieutenants, et, après lui, notre ennemi le plus acharné, Sidi*Embareck emmenait avec lui les restes des bataillons réguliers de Médéab et de Milianah, au nombre d'environ 750 hommes, réunis à 200 cavaliers la plupart démontés. Le colonel Tempoure se mit à sa poursuite, le rejoignit près de la vallée de rOued-Mala, dispersa ses troupes et enleva ce dernier renfort à Témir* Sidi-Embareck, rejoint au milieu de la mêlée par quelques cavaliers français, lutta contre eux en désespéré et tomba frappé d'un coup de feu. La mort de ce chef renommé produisit une grande impression sur les Arabes. Abd-el-Kader fut contraint de se retirer de nouveau sur les frontières du Maroc, Toutes les tribus renfermées dans la ligne du Tell ou établies sur le territoire appelé le Petit-Désert, firent leur soumission. La sécurité r^nabient^ dans toute la colonie, d'Alger à Boghar, et de Gonstantine à Tlemcen.

Pour prix de cette nouvelle campagne, le général Bugeaud reçut le bâton de maréchal de France* A cette occasion, k journal des Débats eut l'imprudence d'écrire ; « Les coups qu'il a portés à l'émir ne pourraient faire oublier ceui qu'il a portés, en d'autres temps, à l'anarchie. »^ Il sen* blait, de l'aveu même des organes ministériels^ qu'on eit voulu récompenser les exploits malheureux de sanglante» journées. Les radicaux s'indignèrent qu'on allât cbercb^r des titres dans les luttes civiles. M* Bugeaud était mal servi par des amis qui engageaient la polémique sur un pareil terrain.

D'autrea, vmn informés pe«t^4, asattnii«iit ^m \W

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