‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 139 sur 182 · CHAPITRE Xlli · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlli

voie un soldat sans uniforme; le lendemain ce fut un soldat en uniforme et sans armes ; puis un soldat armé ; puis deux, puis trois, puis huit et dix : une sommation énergique du gouvernement provisoire le contraignit à les retirer. Un autre jour, il avertit qu'il va envoyer un matelot voir si Ton pourrait découvrir un navire qu'il attendait. Peu après l'on vit le matelot porter un mât de signaux; enfin, ce fut bientôt un poste complet de signaux qu'il établit sans égards pour les droits de la France ; on fut obligé de les lui rappeler de nouveau, et il ne se soumit qu'en protestant. A quelque temps de là, des matelots malades de la Vindictive sont transportés à terre, et sur le casernement qui sert d'hôpital on arbore le pavillon anglais. Les commandants français déclarent qu'ils ne souffriront pas que le pavillon anglais soit arboré dans l'ile de Tahiti, ailleurs que sur la maison du consul. Le pavillon fut retiré.

Mais l'acte le plus significatif du commodore fut la lettre suivanle qu'il adressa aux résidents anglais dans les îles de Tahiti et de Hotoo.

« A bord de la Vindictive^ en rade de Papaëte, 20 juin 1843.

« Messienrs,

« C'est un devoir pour moi d'informer les sujets de S. M. B. qui rési- « dent maintenant dans les États de la reine de Tahiti, que j'ai reçu « des instructions en conséquence desquelles ils devront, quel que « soit le motif pour lequel ils aient à demander justice, avoir re- « cours aux officiers de leur propre souveraine, dans cette île, ou « aux lois établies par la reine Pomaré, et ne pas s'inquitter de « sommations, pour comparaître comme jurés, ni se soumettre au rè- « glement ou aux juridictions, de quelque sorie qu'ils soient, établis a temporairement ici par les autorités françaises sous le nom de gou-

« vemement provisoire, non plus qu'être sous la dépendiince de tont c( autre officier français, qael que soit son rang dans la station, jos- « qu'à ce que la décision de la reine d'Angleterre, relativement à (K Tahiti, soit connue.

« Bien que je sois déterminé, pour exécuter rigoureusement cet or- < dre, à appuyer par la force ce règlement, si cela devenait malhearea^ « sèment nécessaire, cependant je continuerai à faire de mon mieux « pour rester en bonne intelligence avec les officiers de la marine France çaise en station ici, et j'ai la sincère conviction que rien ne viena dra troubler Tharmonie qui a subsisté jusqu'à présent entre les sajets ff de nos stations respectives.

« Je crois convenable de vous faire observer ici que l'Angleterre ne «. cherche pas, ne désire pas le maintien, sous quelque forme que ce (( soit, d'une influence souveraine dans ces îles ; mais, tout en répooc diant une semblable intention, et en déclarant, ainsi qu'elle l'a fait « maintes fois en répondant aux souverains qui se sont succédé à (( Tahiti, et qui la sollicitaient de devenir la protectrice permanente, « que, bien qu'elle ne veuille pas prendre un pouvoir prépondérant a dans le gouvernement de Tahiti^ la Grande-Bretagne, cependant, K j'en suis également sûr, a pris la détermination qu'aucune antre « nation n'aura une plus grande influence ou autorite sur ces États que « celle qu'elle réclame comme son droit naturel acquis par ses longs « et intimes rapports avec eux.

« Surtout je me considère comme autorisé à constater que la détermi- « nation de la reine d'Angleterre est bien de maintenir indépendante a la souveraineté de Tahiti.

a Je suis, etc.

« Toup NiCHOLAS, Commodore. »

Les autorités françaises relevèrent avec énergie cet insolent manifeste. Une lettre où ils faisaient connaître leur mécontentement au Commodore, se terminait par ces déclarations :

« 1« Nous protestons contre tout droit que vous vous arrogez d'intervenir directement dans les affaires politiques déjà réglées on encore en litige entre la France et la reine Pomaré^ parce que cette démarche

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