‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 140 sur 182 · CHAPITRE Xni. 35i · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xni. 35i

est à lé fois contraire ad respect dû au gouvernement français, et en contradiction arec les lois internationales ;

« 2® Noas protestons contre toute démarche hostile, aussi contraire à la bonne harmonie en cette île qu'en opposition avec les liaisons intimes et les sentiments mutuels de bienveillance et de respect qui régnent entre les gouvernements français et britannique.

« 3^ Noos protestons contre votre démarche dernière auprès dn résident de Tahiti, ainsi que contre tout acte ou transaction quelconque avec la reine Pomaré, son gouvernement ou les autorités locales, faits sans notre participation, o

Le Commodore persista néanmoins dans ses oppositions, et la lettre qu'il écrivait en réponse aux protestations précédentes se terminait par ces mots : « J'obéirai à mes in- « structions, vous pouvez en être assurés, messieurs, sans « mHnquiéter des résultats, avec zèle et rigidité, et je sou- « tiendrai énergiqueraent l'honneur de mon pavillon. »

L'irritation croissait de part et d'autre, et menaçait de dégénérer en une lutte ouverte, lorsque l'amiral anglais qui commandait la station des îles Sandwich, instruit de l'état des choses, rappela promptement le trop zélé commodore. Il partit le 15 août et rétracta même la lettre du 20 juin.

Après le départ de la Vindictive, M. Pritchard sembla renoncer à ses menées, et reconnut le gouvernement provisoire. Mais à l'arrivée d'une nouvelle frégate anglaise, le Dublin^ entrée en rade le 1*' octobre, les intrigues reprirent leur cours, le pavillon donné par les missionnaires fut salué par la frégate, la reine Pomaré consentit à peine à communiquer avec le gouvernement provisoire.

Cependant l'amiral Dupetit-Thouars, averti par les rapports de ses officiels, résolut d'en finir avec ces difficultés continuelles, qui semblaient mettre en question l'autorité française. Parti de Valparaiso, il arriva le 1" novem-

bre, se fit rendre compte de la situation, et reconnut sans peine que les conseillers de la reine lui avaient fait arborer le pavillon couronné comme un signe d'hostilité contre le protectorat français. Il écrivit donc à Pomaré pour rengager à amener ce pavillon, qu'il ne pouvait regarder que comme une insulte à notre dignité nationale. Il l'avertissait cependant qu'il ne voulait pas l'empêcher d'arborer un signe de souveraineté. « Que V. M., disait-il, me désigne la forme, les couleurs du pavillon qu'elle veut prendre, et je suis prêt à le reconnaître et à le saluer.

(( Hais que Y. M. sache bien que je ne reconnaîtrai jamais un pavillon qui a été pris depuis la signature du traité avec le roi des Français, et créé sous l'influence de personnes qui étaient animées d'un esprit d'hostilité à ce même traité et à la France. »

Pour la déterminer plus promptement à obéir, il lui écrivit le 3 novembre une autre lettre dans laquelle il lui disait : « Le pavillon du protectorat n'ayant pas suffi pour garantir « nos droits vis-à-vis des étrangers, je me trouve dans la « nécessité de le remplacer, sur tous les points de protec- « tion, par notre pavillon national. »

Conformément à cet avis, le 4 au matin, le drapeau tricolore fut arboré partout oii flottait auparavant celui du protectorat. La Reine-Blanche, que montait l'amiral, et la frégate française VEmbuscade^ entièrement pavoisées, le saluèrent de vingt et un coups de canon, ainsi que le fort de Motoo-Outa. Le commandant du Dublin avait écrit, la veille, la lettre suivante à l'amiral Dupetit-Thouars :

n MoDÀiear, « J'ai Thonnear de vous accuser réception de la lettre que vods « m'Avez adressée à la date de ce jour, n^ 3, et par laquelle vous m'io-

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