CHAPITRE XTII
« formez que rotre intention est de hisrar demain sar Ttle de Motoo- « Oata le pavillon national de France et de le salner.
c Je dois vous informer à cet égard que n'ayant aacane instraction « de mon commandant en chef pour reoonnattre les droits du roi des « Français à la sonreraineté extérieure des tles de la Société, je me « regarde comme obligé de m'abstenir de Thonnear de saluer en cette « occasion le pavillon de S. M. le roi des Français.
« J'ai rhonneiir, etc.
« Jeryis Tucker, capitaine. »
Cependant ce premier acte de vigueur n'arrêta pas les manœuvres de M. Pritchard. Il encourageait les résistances de la reine en remplissant son esprit de vaines terreurs, lui disant que les Français voulaient l'enlever et l'envoyer dans leur pays; il réussit par ce moyen à lui faire accepter un refuge dans la maison du consulat, de sorte qu'il la tenait complètement sous sa dépendance. Aussi le pavillon de- «leurait-il arboré sur la case royale. L'amiral lui fit néanmoins donner de nouveaux avis par le commandant de Y Embuscade j lesquels étant encore restés sans effet, il notifia le S à la reine que si elle ne lui écrivait pas pour s'excuser et renoncer franchement à sa résistance, il se verrait dans la nécessité de passer outre, de ne plus la reconnaître, et enfin de prendre possession définitive de l'archipel des tles de la Société.
Cette tentative n'ayant pas mieux réussi, l'amiral Dupetit-Thouars voulut essayer un dernier effort de conciliaT tion et se rendit le soir chez la reine ; mais elle se trouvait chez H. Pritchard, qui ne lui permit pas de sortir pour aller recevoir l'amiral. Celui-ci ne put même en obtenir la promesse d'une audience pour le lendemain matin. La seule réponse qu'elle daigna faire à 1 officier envoyé, c'est que
si elle consentait à recevoir Tamiral, elle le lui ferait savoir avant le jour.
Dans la nuit, en effet, il reçut de la reine une lettrei qui lui accordait un rendez-vous le lendemain matin â huit heures. Il suspendit alors l'exécution des ordres qu'il avait donnés pour descendre au jour et occuper. A huit heures du matin, le 6, il se rendit à Taudience. Là il rappela à la reine les engagements qu'elle avait pris avec la France, et lui représenta les dangers auxquels elle s'exposait par son opiniâtreté. N'obtenant cependant aucune réponse satisfaisante, il prit congé d'elle, en lui annonçant que si, avant midi, son pavillon n'était pas amené, il donnerait cours à l'exécution des mesures qu'il avait résolues.
A l'heure signalée, le pavillon flottant toujours au même endroit, l'amiral Dupetit-Thouars le fit enlever, et prit au nom de la France possession définitive de l'archipel des îles de la Société et de leurs dépendances. '
Une demi-heure après, M. Pritchard amena le pavillon anglais qui flottait sur le consulat, comme pour protester contre l'acte qui venait de s'accomplir, et annonça par une lettre à Tamiral français qu'il cessait ses fonctions de consul. Bientôt une lettre fut remise à l'amiral de la part du commandant du Dublift. Elle était ainsi conçue :
« Monsieur,
« En arborant aujoard'hai le pavillon français sur l'ile de Tahiti, en « envoyant hier au consul de S. M. B. la notification officielle de ce fait, « vous n*avez laissé aucun doute sur votre intention de prendre pos- « session de ces iies.
a 11 est donc de mon devoir, comme ofiicier commandant les forces « navales de S. M. B. dans cAte station, pour S. M. B. et en son dod, « de protester solennellement contre cette occupation. Depuis lespre-