CHAPITRE XllU
« Je suppose que vous ne considérez pas le fait d*avoir mis la oom- « ronne dans mon pavillon comme un crime ; votre amiral ne demandait « le changement que d'une petite partie; mais si j'y avais consenti, ma « souveraineté aurait été méprisée par les grands chefs.
« Je ne con Baissais non plus aucune partie du traité qui déterminât « Ja nature de mon pavillon.
« Je proteste formellement contre la dure mesure prise par votre .« amiral; mais j*ai confiance en vous» et j'attends ma délivrance de « votre compassion, de votre justice et de votre honte pour une sonve- € raine sans pouvoir.
« Ma prière, la voici : Puisse le Tout-Puissant adoucir votre cœur ! € Puissiez-vous reconnaître la justice de ma demande, et me rendre la m souveraineté et le gouvernement de mes ancêtres I
« Soyez béni par Dien^ ô Roi, et que votre règne soit long et flo- » rissant!
« Telle est ma prière. »
« POMARË. »
En parcouraDt les événements qui précèdent, on sera bien étonné sans doute que, par le plus étrange renversement de logique, le gouvernement anglais trouve des torts à la France, et que le gouvernement français consente des réparations à TAngleterre.
Résumons les faits.
 l'occasion du protectorat, méfiances de lord Aberdeen, instructions iipprudentes au consul Pritchard.
Tranquillité de la colonie après le protectorat. Agitations à Farrivée du Talbot. Le commandant anglais invite les naturels à la résistance.
L'arrivée de Pritchard apporte de nouveaux aliments aux troubles. Il est secondé par le commodore Toup Nicholas.
Empiétements successifs de ce dernier, arrêtés seulement par la fermeté des autorités françaises.
Manifeste du commodore, invitant les résidents anglais à la désobéissance.
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Un pavillon, signe de Tinfluence anglaise, est élevé par les conseils des missionnaires.
Arrivée de la frégate la Dublin, qui salue le pavillon nouveau.
Résistance de la reine, excitée par le consul anglais.
Enfin protestation du commandant Tucker contre la prise de possession.
Partout les agents anglais sont en tête des intrigues, des agitations, des désobéissances, et, après avoir soufflé la révolte, ils se plaignent du châtiment qui devait justement la suivre.
Ainsi provoqué, Tamiral Dupelit-Thouars ne pouvait faire autrement qu'il fit. Laisser plus longtemps l'autorité à Pomaré eût été laisser l'influence aux Anglais. Toute autre mesure eût été vaine.
Et cependant ce n'est qu'après avoir épuisé tous les moyens de conciliation qu'il se résout à un acte de vigueur, le seul capable de faire impression sur une femme opiniâtre, le seul capable de mettre fin aux intrigues des missionnaires, en leur enlevant les complicités royales, en brisant cette triste couronne dont ils faisaient leur instrument.