CHAPITRE XIY
Nottveaox projets de dotation. — Adresse. — Question de Belgrave- Sqaare. — Les flétris. — Discussion orageuse. — Droit de visite. — Entente cordiale.— Démission des légitimistes flétris, ^ Leur réélection. — ' Affaiblissement dn cabinet. — Embarras du ministère à la noayelle des affaires de TOcéanie. — Colère des Anglais. — Désaveu de Famiral Dupetit-Thonars. — Discussion parlementaire à ce sujet.
Depuis que le cabinet du S9 octobre s*était assis aux affaires, sa situation n'avait jamais été assez solide pour raffraQchir de toute inquiétude à l'approche des sessions, et ses rivaux trouvaient toujours quelques motifs d'espoir dans l^s difficultés qui surgissaient pendant le silence par^ lementaire. D'insignifiantes modifications venaient de s'o-* pérerdans son sein. M. l'amiral Roussin avait été remplacé, à la marine, par M. de Mackau. M. Dumon prenait les tra^ vaux publics en place de M. Teste, appelé à la chambre des pairs et à une présidence de chambre à la cour de cassation. C'était simplement une mutation de personnes, qui n'avait rien de commun avec la politique.
Au moment oii les chambres allaient de nouveau se
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réunir, une question qui avait déjà compromis deux cabinets, était reprise avec vivacité par les partisans de la couronne. Us s'indignaient que le duc de Nenaours, resté sans apanage ni dotation, fût déshérité des privilèges de son rang, et Louis-Philippe, qui n'avait jamais pu se résoudre à regarder comme définitive une décision parlementaire qui Favait si profondément blessé, ne cessait de pousser ses ministres à obtenir une réparation. H. Guizot ne se souciait guère, toutefois, d'aborder une controverse dont il voyait tous les dangers, et ses résistances avaient triomphé pendant quelque temps des impatiences royales. Mais les succès mêmes obtenus par le ministre à la tribune réveillaient les désirs de Louis-Philippe ; l'homme qui défendait si vigoureusement un portefeuille lui paraissait propre à conquérir la dotation, et H. Guizot, tant de fois victorieux au scrutin, ne pouvait plus prendre pour excuse les chances d'un échec. Aussi Louis-Philippe redoublait-il d'instances, et malgré les répugnances du ministre, il fallut reprendre sérieusement la question. EUe fut agitée en conseil au mois de mai 1843.
H. Guizot connaissait trop bien l'opinion ou plutôt la passion personnelle du roi pour la combattre de front. Dans le conseil, il plaida chaudement la justice et la nécessité de la dotation. Hais la session était trop avancée ; les conservateurs, encore sous l'empire des préjugés, n'auraient pas le temps d'être convertis ; les conséquences d'un nouvel échec seraient déplorables pour l'autorité royale. Il valait mieux ajourner au commencement de 1844, et durant l'intervalle on prendrait ses mesures. Louis-Philippe, ravi de voir enfin le cabinet décidé à tenter l'entreprise, ne voulut pas chicaner sur quelques mois de délai, et il demeura convenu