‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 168 sur 182 · CHAPITRE XV. 4i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. 4i

violer tous tes droit» qui, même en tômps de guerre, sont rdigieHB^netit respectéis par toutes les natio&s civilisées. L'arrestation du eonsul de S. M. dans les îles de la Société, par un acte de l'autorité militaire, sans accusation précise et sans mandat, est un fait que nous ne pouvons comparer qu'aux procédés des Chinois contre lord Ëlliot. ^

Le même journal ajoutait :

» Cependant une réflexion calme notre indignation. Tout ce déploiement de la loi martiale» ces chefs persécu^ lés, ces femmes tourmentées, les rivières empoisonnées, a éclaté comme une efflorescence de l'autorité usurpée que la France a déjà désavouée. L*usage qu'on a fait de ce pouvoir est digne des moyens que l'on a employés pour l'acquérir : nous ne saurions rien dire de plus mérité et de

plus sévère Si le gouvernement français [avait approuvé

l'acte de l'amiral Dupetit-Thouars, qui a converti le protectorat en un despotisme militaire, nous ne verrions aucune solution possible de la difficulté ; mais heureusement l'amiral a été désavoué. »

On voit que lé Timeni malgré ses odieuses diatribes con^tre les officiers français, comptait beaucoup sur le cabinet du 29 octobre. En effet, il terminait son article par ces mots : « Après un pareil abus de pouvoir, il ne reste plus qu'à désavouer promptement et avec indignation des hommes qui compromettent le nom de la couronne qu'ils prétendent servir, et à donner pleine satisfaction à l'infortunée reine ' de ces îles^ et aui représentants des Etats étrangers qui n'ont jamais cessé de s'intéresser à sa prospérité. »

D'autres journaux dépassaient le Times en insolence. On lisait dans le Sun : a Après l'insulte faite au consul d'Angleterre à Tahiti, il faut qu'amende honorable soit faite :

4tO HISTOIRE DE HUIT ANS.

il ne s*agit pas seulement de désavouer la conduite de l'agent français, il faut encore le dégrader et le punir. Le peuple anglais ne se contentera pas d'une explication. L'Angleterre ne désire pas la guerre avec la France, mais il faut que la France apprenne à vivre à ses agents. La France a occupé un vaste territoire sur la côte africaine, sous le prétexte d'insulte faite au consul de France à Alger ; maintenant elle (s'avance vers Gibraltar. Nous apprendrons sous peu de jours que Tanger et Tétuan sont occupés par des troupes françaises ; tout cela est suspect. Il est évident que l'Angleterre ne peut pas permettre à une grande nation maritime de s'établir et de bâtir des forteresses le long du détroit de Gibraltar. »

Le Sun trahissait les pensées secrètes de ses patrons. Gibraltar les occupait bien plus que Tahiti.

Citons encore le Moming-Advertiser :

« Nous sommes loin d'admirer le gouvernement whig ; mais nous devons dire avec justice que les Français n'auraient pas osé faire de leurs farces à Tahiti, si lord Pal-

merston eût été à la tête des affaires Le simple rappel

des hommes qui ont commis de telles énormités contre les lois conventionnelles des nations civilisées, ne sera pas du tout une punition égale à l'offense. Le gouvernement de Guizot doit les punir de manière à convaincre l'Europe qu'il désapprouve la conduite malheureuse et couarde de ses officiers, et qu'il l'a vue avec indignation. »

Cet appel à M. Guizot n'était-il pas plus insultant pour lui que les injures pour les officiers ?

Mais rien ne saurait peindre les fureurs qui s'emparèrent des sectes méthodistes, quakers, wesleyens, etc., qui pullulent en Angleterre sous le nom de saints et d'évangé-

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