‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 171 sur 182 · CHAPITRE XY. 4i · texte numérisé non relu

CHAPITRE XY. 4i

« mée. Ce serait le cas de dire : The world is unkinged ^ » Les entêtements pacifiques du roi étaient trop bien connus de M. Guizotpour qu'il entreprît de les contredire ; ils étaient d'ailleurs en harmonie avec sa propre politique. D'un autre côté, Léopold, confident du cabinet de Saint- James, n'avait garde de les dissimuler; les tories étaient donc bien assurés de pouvoir tout exiger sans danger. Si la diplomatie responsable conservait encore quelque apparence de vergogne, les révélations de Bruxelles apportaient le dernier mot de Louis-Philippe, et annonçaient au cabinet britannique un triomphe certain.

Cependant l'opinion publique, en France, frémissante et indignée, répondait par des cris de colère aux outrages du ministère anglais. Personne encore ne pouvait admettre qu'une satisfaction serait accordée au missionnaire rebelle, et l'on trouvait déjà que c'était beaucoup trop que de supporter en silence les injures officielles adressées à la France du haut des tribunes parlementaires.

L'émotion gagna même les chambres, et l'on s'attendait à une discussion qui fût en rapport avec la gravité du sujet. Mais on était à la fin de la session, et l'occasion était bonne pour éviter un débat public oîi l'Angleterre pouvait entendre de dures vérités. Les principes du gouvernement représentatif auraient exigé que dans un moment solennel, oii la paix de deux grands pays était mise en question, le ministère eût recours à l'appui et à l'autorité du parlement. Le contraire fut fait, on se hâta de réunir les députés pour prononcer la clôture de la session.

> Nous avons déjà rencontré celte expression dans ane Ietl<'6 de 1840. Voyez [>age 40 de ce volume.

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Dàûs rintervulte, cependant, à U cMmbfè des pairs» de vives interpellations furent adressées au ministre des affaires étrangères. Il* n'y répondit qu'aveiô un orgueilleux dédain» qu'il qualifiait de réserve. (( Ck)nvaincu comme je le suis» dit-il, que pour la question dont il s'agit il y aura un in^ eonvénient réel k là débattre en ce moment, je m'y reftase complètement. Quand elle aura suivi son cours naturel^ quand non-seulement l'avis mais la conduite du gouvernement auront été arrêtés, quand les faits et les droits dont il s'agit auront été éclairés et mis d'accord entre les deux gouvernements , alors je serai prêt ; je serai le premier à venir dire et débattre ici ce que le gouvernement a fait et pour quels motifs il l'a fait; jusque-là je garderai lé silence. A

Le prince de la Moskowa rappela le ministre à la véritable question du jour. « Il ne s'agit pas, dit-il, d'une négociation pendante entre les deui gouvernements; des faits nouveaux, des faits graves se sont passés; la chambre a pu en apprécier la portée. Des paroles d'une importance considérable ont été prononcées à la tribune du parlement britannique; le premier ministre, sir Robert Peel, s'est exprimé, en parlant des agents français dans l'Océanie, en des termes tels, que nous avons besoin de savoir, et què nous exigeons même du gouvernement dé nous dire, quelle est la con^ duite qu'il croit devoir suivre en pareille circonstance. Il est un terme à la patience du pays, et je crois que le moment est arrivé de mettre fin aux concessions que l'on fait à l'Angleterre. »

M. de Montalembert parla dans le même sens : « Il s'agit d'un fait immédiat; il ne s'agit pas même de ce qui s'est passé à 2,000 lieues de nous, dans l'océan Pacifique, il

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