‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 29 sur 182 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Nouvelle lettre de lord Palmerston. — Lettre de Louis- Philippe à ce sujet. — Nouvelles insurrections dans la Syrie. — L'émir Beschir traite avec les Anglais. — Ils le transportent à Malle. — Prise de Beyrouth, de Saide, de Sonr, de Saint-Jean-d'Acre. — Énergie de Méhémel-àli, Attaque d'Alexandrie. — Méhémet-Ali est trahi par ceux qui Tentoarent. — Capitulation. —Traité du 27 novembre. — Luttes A T intérieur. — Circulaire de M. Martin du Nord. -* Saisie du National. — Condamnation de M. de Lamennajs. — Interdiction du banquet annuel des Polonais. — Inondations dans TEst et le Midi. —Désastres de Lyon et de Mâcon. — Nonvelles intrigues minislérielles. -^ M. Mole et Talliance msse. — Discussion de la loi des fortifications.

Au moment où M. Guizot proclamait à la tribune la soumission aux faits accomplis, il s'en accomplissait d'autres qui devaient agrandir le cercle des concessions.

Une nouvelle note de lord Palmerston, en apparence destinée à répondre à M. Thiers, mais datée du 2 novembre, alors que l'on connaissait à Londres le changement de ministère, venait répéter à la France que les coalisés ne consentiraient à aucune transaction. M. Thiers, dans sa note du 8 octobre, prétendait faire de la déchéance du pacha un casvs belli. Voici ce que répondait le ministre anglais :

ff II n'appartient qu'au sultan, en sa qualité de souverain de l'empire ottoman, de décider lequel de ses nijets sera nommé par lui pour gouverner telle ou telle partie de ses possessions, et les puissances étrangères n'ont aucun droit de contrôler le sultan dans l'exercice discrétionnaire d'un des attributs inhérents et essentiels de la souveraineté indépendante. »

Il était difficile de mêler plus d'arrogance à plus de dérision. Aux yeux de tous, l'indépendance du sultan consistait à être soumis humblement à la volonté des quatre puissances, et lorsque lord Palmerston semblait remettre toutes choses à la décision du sultan, il ne reconnaissait en réalité que la volonté de la coalition.

Et cependant cette note de lord Palmerston fut un sujet de joie pour Louis-Philippe! Quelques extraits d'une lettre écrite par lui au roi des Belges contiennent à cet égard de curieuses révélations :

« Paris, 6 novembre 1840.

« Mon très-cher frère et excellent ami.

« II nous est arrivé hier une dépêche de lord Palmerston qui m*a « fait plaisir. Elle est encore adressée à Thiers ; mais comme elle porte « la date du 2 novembre, il est clair que c'est après avoir eu connais- « sance de Tinstallation du nouveau ministère, que la dépêche a été « résolue et faite. Le ton en est bon^ et sauf quelques récriminations, <t plutôt de regret que de reproche, que M. Guizot pense comme moi « qu'il ne faut ni relever ni discuter, nous croyons pouvoir donner « adhésion au principe qui y est posé, savoir : la nécessité que le « pacha soit placé et maintenu dnns un état de soumission au sultan, a d'autant plus volontiers que nous avons constamment proclamé et « maintenu ce principe, et que c'est même la France qui a résisté la « première au pacha, quand il a manifesté, en 1833 et en 1834, le « désir die se déclarer indépendant.,,.

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