‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848 (volume 2)Chapitre 61 sur 182 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

produire par des motifs de convenance. « Mais la véritable raison, dit le Morning-Post, était que, dans ce temps-là, le ministère whig était très-engoué de gallomanie. »

n demeurait donc constant pour tous, et par Taffirmation de H. Sarrans, et par les assertions des journaux anglais , et par les débats parlementaires, que le document, objet de tant de débats , existait réellement dans les archives du Fareign-Offiee, Dès lors se trouvait expliquée toute l'affaire des lettres de Louis-Philippe, publiées en 1841, au moins en ce qui concerne la première.

A Tavénement de Louis-Philippe, son premier souci est d'être assuré de l'alliance anglaise, et la première condition qu'on lui fait est l'accomplissement des promesses de Charles X relativement à l'Algérie. Il s'y engage, et remet k lord Stuart la note verbale ' commençant par ces mots : « En thèse générale, ma résolution la plus sincère, etc. » Peu de jours après, il envoie à son confident et ambassadeur M. de Talleyrand, copie de la note en la faisant précéder de ce paragraphe : « La voilà cette fameuse épitre, etc. » C'est cette dernière missive qui est retrouvée dans les papiers de Talleyrand , et vendue aux rédacteurs de la France, On comprend dès lors pourquoi la note publiée par M. Sarrans ne contient pas le premier paragraphe; car c'est le document envoyé à Londres par lord Stuart; on comprend pourquoi ce paragraphe se retrouve dans la lettre livrée par la Contemporaine; car c'est un morceau détaché de la correspondance de Louis-Philippe avec Talleyrand.

* En langage diplomatique, od appelle note verbale tout écrit sans signature, sans caractère officiel.

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Au surplus, rhistoire, dans son équité, doit justifier Louis-Philippe quant à l'intention réelle d'abandonner .Alger. Les premières lignes qu'il écrit à Talleyrand prouvent clairement qu'il considérait sa promesse plutôt comme un acte de complaisance que comme un engagement sérieux. « Vous, dit-il, qui n'ignorez rien des nécessités qui Font inspirée, vous seul ne vous tromperez pas sur le véritable sens qu'elle doit avoir pour nous; et, quoique Je vous la copie moi-même, je me garderai de vous dire : ff Tenez-vous-en rigoureusement et consciencieusement à « la lettre. »

On voit donc qu'au fond ce n'était pas la France que Louis-Philippe trompait en 1830, mais bien plutôt l'Angleterre. Seulement, eu 1841, la discussion n'était plus sur le même terrain. Il s'agissait alors de savoir si la lettre avait été oui ou non écrite par Louis-Philippe, et tous les efforts du ministère pour en nier l'authenticité ne furent que de compromettantes maladresses. Le dernier argument tiré du livre de H. Sarrans semblait décisif ; on s'en promettait merveille; on triomphait par huissier. Et cet argument ne servit qu'à éclairer ce qu'il y avait d'obscur, et à donner à l'accusation un complément qui la rendait inattaquable.

Aussi la défaite du ministère était-elle tellement complète, et la personne royale tellement compromise, que les dévoués de la monarchie furent remplis d'alarmes, et cherchèrent un remède qui pût cicatriser de si profondes blessures. Ils n'imaginèrent rien de mieux que de faire appel à la chambre, et d'obtenir, par une discussion solennelle, la réhabilitation du roi. Ce n'était pas la première fois qu'un vote de la chambre devenait l'argument suprême

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