CHAPITRE IV. iil
fionnée par 1^ nécessité, en présence d'un grand danger, efi pré&^ee de la <qnestion de la paix et de la guerre ; elle s'était formée pour rappeler au dehors la pratique d'une politique prudente et modéréis ; pour rétablir, au dedans, la pratique d'une politique ferme, conséquente, favorable k l'affermissement, à Texercice du pouvoir. Si le repos du pays s'était rétabli à l'apparition de cette majorité, par l'appui qu'elle av^it donné au cabinet, si les espérances du pays s'attachaient à son affermissement, il était bien naturel que ceux qui lui étaient attachés, députés ou ministres, ne permissent pas qu'elle fût légèrement compromise.
« Quelle ai(^usation jetée et contre cette majorité et contre Tavenir de votre administration! s'écria M. Odilon Barrot ! Quoi ! voi|s avez une majorité qui n'existe i^ue si vous ne vQiîs expliquez pas ! »
Et, en effet, c'était là le véritable caractère de la situation ; la majorité qui s'était groupée autour du 29 octobre, ne pouvait rester unie qu'à la condition de ne pas s'expliquer sfir les questions fondamentales.
Biais la question intérieure, suivant M. Barrot, n'admettait aucune ri^ticence. Puis, revenant au principe de la réforme, sur lequel il n'était certes pgs bien exigeant, puisqu'il se contentait du programme du l^*" mars, définition de )' attentat et élargissement du perple des incompatibilités, il s'écriait : h Ne par}e?5 pas d'inopportunité ; il y a toujours opportunit<§ à rentrer dans la loi et dans le droit. Quelle plus grande opportunité, et qu'est-ce qui peut plus honorer votre administration que ce retour au respect scrupuleux et fidèle de 1^ constitution?,... Mais aux uns vous accordez l'inopportunité, an^ autres vous sacrifiez le principe. Ce n^est p^^ de la politique courageuse et franche ! »
Vaines paroles! inutiles avertissemenls, qui, pendant huit ans, retentiront aux oreilles du pouvoir sans le détourner du chemin de Tabinie !
Le projet de loi fut voté à une grande majorité, 235 voix contre 147. La chambre des pairs ne consacra qu'une séance à la discussion, qui fut terminée par un vote de 106 voix contre 8.
L'opposition néanmoins ne se découragea pas. La proposition Rémilly, prise en considération à la session précédente, et enterrée au sein d'une commission par les soins hypocrites du 1*''' mars, n'avait pas été définitivement jugée. M. Maurat-Ballange, chargé du rapport, en demanda la reprise dans la séance du 20 février. Le ministre de l'intérieur répéta les mêmes objections sur l'inopportunité qui avaient servi de texte à tous ses prédécesseurs, et la chambre, toujours docile, revint sur sa décision et se condamna elle-même.
Cependant la majorité, dans ce vote, avait été si faible, 178 voix contre 160, que la nécessité d'une réforme ressortait de l'incertitude même des esprits. Aussi, à peine la chambre eut-elle repoussé la reprise du projet de M. de Rémilly, que M. Pages ( de l'Ariége), de concert avec M. Mauguin, le reproduisit sous une autre forme. Les bureaux en autorisèrent la lecture, et le 18 mars l'auteur en saisit la chambre. La discussion remise au 5 avril occupa deux séances où l'animosité dés partis témoigna tout l'intérêt qu'y prenait le public. La prise en considération fut encore rejetée.
Ce fut le dernier effort de l'opposition parlementaire durant cette session. Le cabinet du 29 octobre s'affermissait par la lutte, et M. Guizot, un instant incertain et troublé.