‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848Chapitre 115 sur 119 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

àm M. Istorîtz à la protestation du goaTernement britannique •ODtre le manage de l'infante avec le duo de Montpentier , eommunîqaée au cabinet anglais par M. Bulwer.

Madrid, 99 septembre 484(1.

Monsieur, j'ai reçu, avec votre note du Î9 courant, la remontrance et la protestation que vous m'avez adressée au nom de votre gouvernement

au sujet db mariage de S. A. R. l'infante. Avant de répondre aux divers points contenas dans cette pièce importante, je ne puis m'abstenir de ▼OQS notifier qoe l'alliance en question est an acte politiquement accompli. Alors que S. M. a déjà fait connaître sa détermination aux certes» et que celles-ci, de même que les hauts fonctionnaires et tes divers corps de rÉtat, ont offert A la reine leurs félicitations, vous reeonnattrez que le temps des observations est passé, et qu'il n'est pas même permis an goQvernement de Sa Majesté d'entrer en dtscus^on h ce sojet. Je dois aussi vous assurer que ni les délibérations du gouvernement ni celles des cortès n'ont été le moins du monde influencées par Tidée que les observations renfermées dans vos notes antérieures seraient l'expression de vos opinions personnelles. La décision, dans cette affaire, a été dictée par la libre volonté de la rbine, ma souveraine, et des cortès, et par le sentiment le plus pur du bien publie. Dans ces circonstances, il n'y a pas Heu de vous étonner si la confirmation de vos opinions par l'autorité de votre gouvernement ne change absolument rien à l'état de la question. Ces déclarations prélimioaires une fois faites, j'ai à vous exposer que le gouvernement espagnol regrette que le gouvernement de Sa Majesté Britannique considère le mariage de l'infante dona Maria-Luisa-Feroanda de Bourbon avec le duc de Montpensier comme un acte 'politique d'une haute importance, qui, affectant la balance dès pouvoirs en Europe et les intérêts des gouvernements des autres États, peut donner à la Grande-Bretague le droit d'intervenir par remontrances et protestations.

Le gouvernement britannique, qui se montre si jaloux de l'indépendance de r Espagne, ne trouvera point mauvais que TEspagne agisse dans les limites tracées par les lois internationales, c'est-à-dire sans blesser les intérêts des antres gouvernements, comme c'est le cas dans cette question à propos de laquelle l'Angleterre ne saurait citer aucune violation de traités: le gouvernement britannique ne trouvera pas mauvais, je le répète, que l'Espagne repousse énergiquement une protestation qui tend à restreindre son indépendance, et qu'à son tour elle proteste contre une pareille prétention. Bien que l'Espague, alors qu'elle agit dans les limites de son indépendance, ne soit, à la rigueur, tenue à fournir aucune explication sur cette question, je m'estime néanmoins heureux de vous donner, comme témoignage du désir dont le gouvernement espagnol est animé de maintenir de bonnes et amicales relations avec le gouvernement de la Grande-Bretagne, l'assurance que rien n'est plus éloigné de la vérité ou de la pensée du gouvernement espa*

gsol qse eMto «iMrtioiit qq^l'uidépepdaBce derBspagM Mrait neaaoée |Mr k mmage éê S. A. R. avec ma ftinoè françaig, A fM les mtéfèlt «•pagaob MraMBt faerifiét à la prépoMléraiiee de b FiaBoe*

Oft ae peot, cartes» coMetoir eonomitrAagleteire annâi entmeM ceita appréheiisîoD nUliTameni à la moMidiie aspagaolf, alars que, dans la dwwaaol «èma aoqoal j*ai rhoMiear de lépondre, oa reoottaatt que «e pa|s poHède as territoire anm étendu qoe fertile» usa pepolatieD nambrease ea veie d'accroissement et douée de nobles qnalilés, enfin de paissantes ressources maritiaies et militairas dana les deux hémisphères.

Une nation ainsi constitoée ne peut jamais manquer de peser dsns la bslanee de TSurope» et ne peut être soumise à un autie pays» qœlqae puissant qu'il soit, ni sabir une influence étrangère qui blesserait sa fierté traditionnelle.

Permettes-moi de dire que le dépôt sacré de riodépeodanee espagnole n'est confié à la vigilance d'aucune nation étrangère : ce dép6t est gardé par la loyauté espagnole qui s'est montrée inébranlable, même au mitien des plus grandes calamités.

Je ne prétends point par là que l'Espagne ne soit pas sincèrement reconnaissante envers l'Angleterre du désir que cette puissance témoigne de voir l'Espagne heureuse et propère et en même temps indépendante, afin qu'elle ne soitpas entraînée dans des luttes où des intérêts étrangers seraient seuls en jeu ; sur ce point, je puis vons aasurer que le vœu de l'Angleterre sera complètement rempli; car Thistoire du dernier siècle et du commencement de oebû-ci présente des leçons qu'il n'est pas facile d'oublier.

La perte de ses immenses possessions extérieures, celle de Gibraltar sur son propre territoire, la destruction récente de ses flottes pendant la guerre, enfin la perte de la majeure partie de ses colonies au sein de la paix« ont laissé à l'Espagne des souvenirs qm ne sont ni oubliés ni superflus, et qui lui apprennent à necomptw que sur sa propre loroeet sur sa propre équité.

L'e^^rit des tempa actuels est, d'aiUeors, contraire aux engegemeots du passé, et ces engagemenU sont rendus impossibles par les institutions politiques dont la nation jouit aiyonrd'hni. L'Espagne inatmite par l'expérience, ne peut dévier de ces principes; le peuple espiiganla appris qu'il est importent pour lui de rester l'ami des antres pet^ea^ et cela dans son propre intérêt ; aussi ne déclarera-t-il jamais la guerre et ne conc)ura-t41 jamais la paix poor des motifs qjui n'afiéeteiaient pas

diclasifeoMat sob iioiiMBr oa 99b inléièU. D'après loales em conaidératloiis, Je «e fliUe éê l'espoir iioe le goeTernemeet 4e S. M* Bdtaa* mffi% tf oe la haute pénétntioa qoi le dkCtiigae» oompreedra lioe les craintes aaxc[aelle8 il est Mi allasion dans voira note> eouuM produites par le awriegedeSoe Akeste Bople avec le duc de Moe^easier» sont anl fondées, et «pe cei évéeement n'eit^va es rien la poUtiiiiie iaté» rieare de ce pays^ ni ses relations arec les puissances eaiet.

RafisageMt le qoestioe à ce poîet de vae» aussi simple que réel» le goetemenent de Se Hijesté a la oottfiaaoe que le gooveraeieent de S« M. Brttaaaiqoe dépeeeiades apprébeasiens paisées swtoat daaa des sMifeairs qoi» ainsi qoe je Tai ftit feBarqoer» a'appartieaaeat pas à ' ee siècle et ae peaveat seooacilier avec lea iastitntioas r^éseatatives qui régisseat actnellement cette aioaarehie : le gOBTeraenieat de Sa Ma • jesté eatretteat doac Tespoir qne le temps et les évéoemeats seuls se duirgeroal de répondre à la protestation formulée à la fia de votre BOte, et que» daas l'ialw? alie» oa verra s'effacer insensiMemeat tous les metift qui eat pu apporter quelque froideur dans les relations amicales des deax geuvemements, relatioas que le gouveraerneal de la reine» ma sonveraine» prouve le désir eerdial de maiatenir.

le marquis de Normanby à hrd PalmersUm. (Reçue le 7 février. — Extrait).

Paris, le 6 février.

le Joins el-iadus le diacouit dell, Gniioi» que je viens de lire dans le Iforaffanr 4e ee matia. Il y a dans ce discours plusieurs parties qui exigeraient un commentaire. Mais en m'adressantàeette occasion à Votre Seigaeurie, il s'agit pour moi d'un sujet qui m'est personnel*

Je vois que M. Guizot» en parlant de mon entrevue avec lui le S5 septembre, se sert de ces mots : Mais j'ose dire qui si M. l'ambassadeur d'Angleterre m'avait fait Tbonnenr de me communiquer sa dépèche du 28 septembre comme il m'avait communiqué celle du f sep-: tembre^ j'eusais parlé autrement et peut-ètra mieux qu'il ne m'a fait parier.»

Si M. Goixot veut dire par U que si j'étais retourné auprès de lui et si je lui avais lu la dépêche» le récit en eût été plus exact, je répète une liaia poor tentait et dent les termes les plos forts dont le laagage soit

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susceptible» qoe le récit donné par moi» dans la dépèche adressée h Votre Mgneorie, est la traduction 6dèle et littérale de chac[ae phrase et de chaque eiplicalion dont M. Gnizot s'est senri dans la oooversalion que nous avons ene ensemble.

Votre Seignenrie remarquera qne M. Gnizot ne donne pas la plus légère indication de qaelle nature aurait été le changement qu'il aurait pu faire à ce récit.

Si M. Guixot veut seulement dire qne si fêtais retourné chez lui le lendemain, la phraséologie de ses réponses aurait pu être corrigée à sa demande, je crois qoe c'était possible; si je lui avais de nouveau donné U rare occasion qoe je lui avais déjà fournie par courtoisie le 1 septembre, je ne doute pas qu'il n'eût alors, comme il l'avait fait précédemment, changé la phrase dont il s'est servi, et rempli l'omission qu'il y a remarquée. Mais après re qui a été dit hier, il est important que Votre Seigneurie se rappelle en quoi consistait l'inexactitude de la dépèche du 1"' septembre. Le S septembre, M. Gnizot lui-même avait trouvé que mon compte-rendu était littéralement exact, quant à chaque expression dont il s'était servi ; seulement je n'avais pas clairement expliqué la nature du mémorandum du S7 février. Désirant offrir à M. Gnizot toutes les facilités propres à faire connaître sa cause à Voire Seigneurie, j'aocueillis sa proposition, et j'insérai les mots qu'il désirait, quoique je sois obligé dans l'intérêt de ma propre défense, de dire qne M. Gnizot ne m'avait pas aussi clairement expliqué la nature de cette communication le premier jour qu'il l'a fait le lendemain.

J'aurais été fort content que l'affaire pût rester comme elle était; mais je crois devoir à mon honneur, qu'aucune considération ne sau* rait me décider A compromettre pour un seul moment, de prier Votre Seigneurie de donner h cette dépèche la même publicité qu'a reçue tout le reste de la correspondance.

Lord PalmersUm au marquis de Nonfnanby.

Foreîgn-Offiee, le II février.

Milord, votre dépêche du 6 de ce mois a été reçue ici, et je dois, en réponse, assurer Votre Seigneurie que le gouvernement de S. M. ajoute la foi la plus parfaite à l'exactitude de vos rapports, et que rien de ce qui s*e8t passé à la Chambre des dépotés le 5 ne saurait en aucune manière ébranler la conviction du gouvernement de Sa Majesté que le récit

eontena dans votre dépèche da 25 septembre de ce qai s*est passé dans TentretieD de ce joar entre vous et M. Gaizot était entiëremeotetstrictemeot exact.

Je suis, etc.

Palmerston.

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