‹ Révolution française. Histoire de huit ans 1840-1848Chapitre 44 sur 119 · CHAPITRE nr · texte numérisé non relu

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tades poar sortir d'un manvais pas où Ton s'était imprademment en-

« Mais tout à coap, à un engoaement sans exemple a snccédé one sorte de tarrenr panique inexplicable. La canse de TÉgypte, si chaudement époasée d*abord, a été abandonnée avecnne promptitude inouïe. Et qui s*est chargé de ce nouveau rôle? Est-ce moi? Non, assurément. Ceux qui se sont chargés de ramener si brusquement la France de cette affaire d'Orient, sont ceux mêmes qui l'y avaient si profondément engagée.

« M. Gnizot, qui avait remplacé à Londres M. Sébastian]^ parce que celui-ci ne soutenait pas le vice-roi d'Egypte, m'a remplacé à Paris parce que je Toulais le soutenir. Je ne m'en plains pas. Le pouvoir appartient i qui le prend, à qui le garde, dans le gouvernement représentatif. Je me plains d'une seule chose, c'est du partage inique qu'on vent taire de la responsabilité de cette déplorable affaire.

« Oui, il y a eu en i840 une haute imprudence au début, une insigne faiblesse à la fin.

« Je n'ai pas commis l'imprudence par laquelle on a commencé.

« Je n'ai pas commis la faiblesse par laquelle on a fini.

« Les mêmes hommes, députés et ministres, qui avaient engagé la France de la manière la plus inconsidérée dans l'affaire d'Egypte, se sont chargés de l'en retirer de la manière la plus humiliante.

« Cependant il fallait faire peser sur quelqu'un les événements de 1840, le rôle fâcheux que le gouvernement français avait joué en recalant sitôt après s'être avancé si vite, le trouble pénible qui en était résulté dans les esprits ; et on a imaginé de faire peser tout cela sur le ministère du 1*' mars, et dans ce ministère, sur moi en particulier. Il a donc été convenu qu'on dirait que mes collègues, et moi surtout, nous avions tout fait, tout brouillé, tout compromis, et que nos adversaires avaient tout réparé. C'est le, certainement, l'une des plus insignes déloyautés dont l'histoire des partis puisse faire mention.

« A l'accusation principale, on a eu le triste courage d'en ajouter quan« tité d'autres, bien étranges en elles-mêmes, bien étranges surtout dans la bouche de ceux qui se les permettent : le rappel de la flotte 1 la ruine des finances I le trouble apporté à l'ordre public !

« Le rappel de la flotte! — Vraiment il faut du courage aux défen*' seurs exclusifs de la paix pour proférer un tel reproche.

« Il n'y avait pas de milieu : il fallait ou que la flotte livrât bataille aux Anglais pour empêcher les attaques de Beyrouth et do Saint-Jeau«

ISt HISTOIRE OR HUIT ANS. «

d'Acre^ on qa>ll« revial pour n'être pas témoia de cet tristes événements. Livrer bataille, c*est-à-dire résoudre sur-le-champ par U gaerre ane situation qu'on pouvait, avec on pen de patience et de fermeté, résoudre pur la diplomatie» était une témérité bien grande, et d'ailleurs une témérité sans lendemain, dans l'état de notre marine, aujourd'hui avoué. Mais que dire quand ce sont les amis de ta paiz qui reprochent au ministère da 1*' mars de «'avoir pas résolu la question par la guerre immédiate?

« La roioe des finances I — Le reproche n'est pas moins étrange dans la bouche de ceux qui me l'adressent.

« De même qu'on avait laissé dépérir la marine, faute d'oser dire la vérité aux chambres, on avait laissé tomber l'armée auMlessous de toutes les proportions commandées par la situation de l'Europe. Le ministère du i" mars a été obligé d'y pourvoir. Pourprocnrer à Tartilierie, à la cavalerie, les chevaux dont elles manquaient, pour créer le matériel qui n'existait pas en fusils, canons, etc., pour faire à nos places certaines réparations indispensables, pour commencer les fortifications de Paris, pour porter TeOeotif h 500,000 hommes, le ministère du 1*' mars a dépensé un peu moins de 150 millions. C'est ce qui résulte des comptes fournis par le ministère du 29 octobre.

« On n'en a pas moins répété alors, on n'en répète pas moins tous les jours que le ministère du f mars avait dépensé un milliard, et ruiné ainsi lesfmances. Le milliard, comme on le voit, c'est 150 millions. Mais cela dit par ceux mêmes qui ont dépensé depuis i,500 millions, par. ceux qui ont paralysé pour dix ans les moyens de la France, en autorisant les communeli, les départements, les compagnies, à emprunter trois milliards, cela est étrange, j'ose dire audacieux. - « Le trouble apporté à l'ordre pjiblicl — Un moment^ il est vrai, toutes les professions ouvrières ont, à Paris, interrompu leurs travaux pour une cause étrangère à la politique, pour une question de salaire. Jamais la situation du gouvernement à l'égard des classes ouvrières n'avait été plus difficile. Cependant par la persuasion, et aussi parie déploiement de la force, car le camp de Fontainebleau avait été soudainement transporté à Paris, les ouvriers ont été en quatre jours ramenés k leurs ateliers, et Tordre a été maintenu sans qu'une goutte de sang fût versée. Voilà comment Tordre public a été troublé sous le ministère du i^' mars! Ce n'est pas tout, il est vrai. Au milieu de Tagitation produite, par le canon de Beyrouth, on a chanté la Marseillaise sur quelques théâtres.

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