‹ Révolution française histoire de huit ans, 18401848Chapitre 133 sur 198 · III · texte numérisé non relu

III

d’approbation qu’il avait prononcées, puisque déjà la jeunesse de Turin, de Livourne, de Rome même, exaspérée par les insolentes provocations du parti réactionnaire, s’était rassemblée sur les places et avait fait entendre d’énergi- i ques menaces contre les Autrichiens et leurs complices, les jésuites. M. Guizot disait encore : « Aucun bouleversement territorial et politique ne nous est bon au-delà des Alpes. »

Ce qui n’était pas autre chose qu’une adhésion sans réserve aux transactions de 1815, un désaveu préalable de tout ce que pourraient tenter les populations italiennes de Milan , de Venise et d’autres lieux, contre l’insupportable tyrannie de l’Autriche.

Avant d’entendre M. Guizot, on savait qu’il devait se comporter en Italie comme ailleurs, sans avoir aucun égard au sentiment national. Quand on connut son plan de campagne, on n’hésita pas à le condamner. Cependant sa conduite devait être pire que ses paroles. L’Autriche , malgré les prières de M. Guizot, ne demeura pas neutre, et les gouvernements italiens , avant d’être intimidés par les partis extrêmes, eurent affaire à d’autres ennemis. Ce fut l’écueil 1 de notre diplomatie; et le ministre qui, par avance, avait réglé sa conduite sur des éventualités problématiques, se vit alors en présence de faits imprévus, qui l’engagèrent dans une série de honteuses faiblesses, mal excusées depuis par d’impudents mensonges.

L’article 103 des traités de Vienne donnait à l’Autriche droit de garnison dans la place de Ferrare. A ce titre, une garnison autrichienne occupait la citadelle de Ferrare et . plusieurs casernes dans l’intérieur de la ville. La garde des barrières et de tous les autres postes avait été laissée, par convention expresse, aux troupes pontificales. Ayant reçu

Page 1