CHAPITRE V
« définitive^ avant la discussion des articles , est encore ce qui peut « mieux pallier les entraves que cette triste campagne ne peut mann quer de faire surgir. »
Le méûie jour, il écrivait encore :
Mon cher ministre ,
a Le duc (le Montpensier me rond vos lettres de Brcssoii, que je « vous remets bien à la hâte. 11 concourt très~vivement atout ce que je « vous ai écrit ce malin. Il faut effacer, annuler formellement tout ce « que Bresson a dit ou sus de ce que j'avais autorisé. Il faut que les « miens sachent qu'il était' interdit à Bresson de dire ce qu'il a dit, « et que la simultanéité est inadmissible. Il nous a fait là une rude « campagne; il est nécessaire qu’elle soit bi/f'éef et le plus tôt possible.»
Dans une nouvelle lettre du ^4 juillet, il insiste de nouveau :
« Il faut donc qu'il n'y ait pas seulement un désaveu verbal de la « part de Bresson, qui serait verba volant^ même s’il le faisait complet,
• « ce qu’il ne ferait probablement jamais, mais que ce désaveu suit remis « par écrit à la reine Christine, de manière à ce qu'on ne puisse jamais tt essayer de nier le positif ou d'en contester la notification. »
Mais en ce môme jour, le ^4 juillet, M. Guizot envoyait au roi communication de la dépêche de Palmerston , datée du 19 juillet. 11 ajoutait dans sa lettre : « Ma première impression, en recevant ceci , est que nous devons nous attacher plus que jamais à notre idée actuelle : Cadix et Jfonfpensier. »
Louis-Philippe lui répondit le 25 :
« Mon cher ministre ,
« La lc?cture des pièces que j'ai reçues de vous ce matin, à neuf heures « et demie , et que je vous renvoie immédiatement, me laisse sous « l'empire des plus pénibles impressions, non pas que je m’attendisse f( à mieux de lord Palmerston, mais parce que j'espérais qu'il ne se
(jc ^er^il pas mis si prompteiuont à découvert. Mou impression acliiello « est qu'il faut lui rendre coup pour coup, et le prendre tout de suite
« corps à corps Jarnac a parlé à merveille; mais actuellement
« nous avons à préparer , selon moi , une riposte à cette étonnante «. et détestable dépêche , dont je crois que nous pourrons faire for- « tement repentir lord Palmerston. »
Cependant* le déplaisir de Louis-Philippe ne l’entraîne pas encore à revenir sur sa détermination. Car il ajoute dans la même lettre :
« Tout ceci doit nous presser encore plus de faire parvenir à la reine « Christine le désaveu de la simultanéité. Plus nous avons de mauvaise H foi à craindre, plus il importe que les cartes que nous avons en main « soient nettes, et qu'on ne puisse pas nous accuser d'avoir deux lance gages, et d'être exposés au parti qu'on pourrait en tirer contre « nous. »
Enfin, il écrit dans le post-scriptum :
(( .Te vous conjure de ne pas accoler, dans vos lettres à Bresson e Cadix et Montpemier* cette accolade sent trop la simultanéité, et elle (c est trop désagréable à tous les miens, et ne me convient pas mieux « qu'à eux. »
M . Guizot s’aperçoit qu’il s’est trop avancé. Cependant il cherche avec ménagement à combattre les timidités du roi.
« Je suis tout à fait d’avis, écrit-il dans une lettre dii même' jour, « que le roi ne doit pas s’engager à la simultanéité des deux mariages, « et que, tout en manifestant l’intention de faire celui «le monseigneur « le duc de Montpensier, c'est seulement lorsque celui de la reine sera « conclu, qu'on doit traiter définitivement de l’autre; mais je prie en « même temps le roi de réfléchir combien la situation est en ce moment « délicate, tendue, critique. Il va se faire évidemment un grand effort « pour le Cobourg. Notre parade contre ce coup, c’est Cadix et Mont- « pensier. N'aflaiblissons pas trop cette parade au moment même où nous « avons besoin de nous en servir. »